"Ce n'est pas politique" n'est pas une formule magique qui efface les relations humaines ! C'est une question de raison sociale et de cadre commun, question qui est éminemment politique.
J'ai l'impression que tu parles plutôt de quelque chose comme l'objet ou la raison sociale d'un groupe thématique.
On est globalement d’accord, oui, modulo le fait que c’est un aspect (important) du sujet, mais pas le seul.
Au delà d’un groupe thématique explicite, il y a des normes culturelles plus floues. Quand le groupe est informel, ou que le sujet n’est pas explicitement dans les règles. « X n’est pas politique » est essentiellement dans un tel contexte une norme culturelle disant « on est là pour parler de X, pas pour parler de sujets politiques vaguement liées à X ». Je considère cette norme comme extrêmement importante. Parce que, encore une fois, la coopération entre être humains, c’est compliqué, et cette norme est un outil précieux pour mettre sous le tapis des conflits qui n’ont aucune raison d’être dans un contexte donné (ce qui ne signifie pas que ces conflits n’ont aucune raison d’être tout court et ne sont pas importants !). Même principe que le groupe thématique, mais le fait qu’un groupe ne soit pas formellement, explicitement un groupe thématique n’autorise pas pour autant à mettre sur le tapis des conflits idéologiques profonds qui ne seront de toute façon pas résolus en une conversation. La norme que j’essaie de pointer, c’est que si Alice dit « je suis pas là pour parler politique » et Bob insiste pour « parler politique », dans la plupart des contextes, par défaut, la bienséance donne raison à Alice. Parce que, encore une fois, si des siècles de gue-guerre gauche/droite n’ont pas résolu le conflit, ce n’est pas en l’introduisant là où il n’était pas que les choses vont avancer, au contraire.
Un autre aspect, même en dehors de « groupe thématique/règles de bonne conduite », c’est que « tout est politique donc la recette tarte aux poires est politique » est une inférence pour le moins douteuse (pitié, dites moi que je n’ai pas à justifier ça), donc que la réalité est de fait plus compliquée que le slogan simple « tout est politique ». Qu’il y a des gradations, et que s’il y a des gradations, on peut faire des catégories. Il y a une énorme différence entre « l’État français est laïque » que je n’ai aucun souci à résumer (grossièrement) à « la religion n’est pas un sujet politique » (qui est globalement l’objectif de la laïcité, même si effectivement les détails d’implémentation sont inévitablement dans la sphère politique) et « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».
Mais honnêtement, j’ai l’impression qu’on entre dans trop de détails et de subtilités quand on considère que ce qui a lancé la conversation est le slogan pas du tout détaillé et subtil de « tout est politique ».
Si tu veux vraiment continuer la conversation, je préférerai te demander plutôt ça :
Pourquoi ploum peut-il dire « tout est politique », sans nécessité d’écrire des pavés pour se justifier, alors que moi qui dit « non, la recette de la tarte aux poires n’est évidemment pas politique, pas dans le sens commun du terme », je dois me justifier sur des pages et des pages ? (une partie de l’explication est que je ne dis pas que ça, mais je ne pense pas que ce soit la totalité de l’explication)
[^] # Re: Je ne te le fais pas dire...
Posté par Moonz . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 6.
On est globalement d’accord, oui, modulo le fait que c’est un aspect (important) du sujet, mais pas le seul.
Au delà d’un groupe thématique explicite, il y a des normes culturelles plus floues. Quand le groupe est informel, ou que le sujet n’est pas explicitement dans les règles. « X n’est pas politique » est essentiellement dans un tel contexte une norme culturelle disant « on est là pour parler de X, pas pour parler de sujets politiques vaguement liées à X ». Je considère cette norme comme extrêmement importante. Parce que, encore une fois, la coopération entre être humains, c’est compliqué, et cette norme est un outil précieux pour mettre sous le tapis des conflits qui n’ont aucune raison d’être dans un contexte donné (ce qui ne signifie pas que ces conflits n’ont aucune raison d’être tout court et ne sont pas importants !). Même principe que le groupe thématique, mais le fait qu’un groupe ne soit pas formellement, explicitement un groupe thématique n’autorise pas pour autant à mettre sur le tapis des conflits idéologiques profonds qui ne seront de toute façon pas résolus en une conversation. La norme que j’essaie de pointer, c’est que si Alice dit « je suis pas là pour parler politique » et Bob insiste pour « parler politique », dans la plupart des contextes, par défaut, la bienséance donne raison à Alice. Parce que, encore une fois, si des siècles de gue-guerre gauche/droite n’ont pas résolu le conflit, ce n’est pas en l’introduisant là où il n’était pas que les choses vont avancer, au contraire.
Un autre aspect, même en dehors de « groupe thématique/règles de bonne conduite », c’est que « tout est politique donc la recette tarte aux poires est politique » est une inférence pour le moins douteuse (pitié, dites moi que je n’ai pas à justifier ça), donc que la réalité est de fait plus compliquée que le slogan simple « tout est politique ». Qu’il y a des gradations, et que s’il y a des gradations, on peut faire des catégories. Il y a une énorme différence entre « l’État français est laïque » que je n’ai aucun souci à résumer (grossièrement) à « la religion n’est pas un sujet politique » (qui est globalement l’objectif de la laïcité, même si effectivement les détails d’implémentation sont inévitablement dans la sphère politique) et « tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ».
Mais honnêtement, j’ai l’impression qu’on entre dans trop de détails et de subtilités quand on considère que ce qui a lancé la conversation est le slogan pas du tout détaillé et subtil de « tout est politique ».
Si tu veux vraiment continuer la conversation, je préférerai te demander plutôt ça :
Pourquoi ploum peut-il dire « tout est politique », sans nécessité d’écrire des pavés pour se justifier, alors que moi qui dit « non, la recette de la tarte aux poires n’est évidemment pas politique, pas dans le sens commun du terme », je dois me justifier sur des pages et des pages ? (une partie de l’explication est que je ne dis pas que ça, mais je ne pense pas que ce soit la totalité de l’explication)