Sur le sujet spécifique religion et politique, j'ai l'impression qu'il faut nuancer pas mal pour déméler l'échevaux.
Mais c’est exactement ce que je dis, au fond.
« Tout est politique » cherche à effacer subtilité et distinction entre « La religion c’est politique » (qui elle même efface la distinction très importante entre « Quelle est la religion officielle de l’état » et « Quelles sont les règles exactes de notre état laïque »), « La recette de la tarte aux poires c’est politique », « Le budget de l’état c’est politique ».
Tu noteras l’absence de subtilité derrière ce terme, « tout ». Autrement dit, pour faire l’enfant : "c'est pas moi qu’a commencé"
Tu insistes sur la liberté de conscience dans nos pays. La liberté de conscience est un choix fort et politique.
J’en ai parlé ! C’est exactement ce que j’ai dit !
Nous avons fait le choix politique de dire non la religion n’est pas un sujet politique, c’est un sujet de conscience personnelle.
C’est un choix, fondamental, structurant, qui a été fait à l’époque des Lumières, en réaction aux guerres de religion, et qui (entre autres choses) a donné naissance à « Liberté » dans « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Qui me permet, moi, athée, de dîner en paix avec mes amis musulmans, sans que ça devienne un conflit politique. « La religion n’est pas un sujet politique ».
Et il faut généraliser cette observation. Ce qui aborde l’aspect culturel que je ne voulais pas aborder, mais puisque le plat a été allègrement piétiné...
« La religion n’est pas politique » (la tolérance des lumières), ce qui me permet, athée, de dîner paisiblement avec mes amis musulmans, peut être généralisé. Par exemple en :
« L’ornithologie n’est pas politique » permet à Robert, militant LFI, d’être dans la même association ornithologique que Pauline, votante RN, sans que ça en finisse aux mains à l’apéro d’après AG.
Ce qui ne signifie pas, évidemment, que certaines espèces d’oiseaux ne sont pas menacées par le réchauffement climatique, ou que le réchauffement climatique n’est pas un sujet politique.
Ça signifie que, si à l’apéro d’après l’AG, Pauline se lance dans une diatribe comme quoi « on » ferait mieux de dépenser l’argent dans la lutte contre le réchauffement climatique plutôt qu’en aides sociales pour les immigrés, et que c'est pour ça que les immigrés doivent être dégagés, l’association devrait soutenir le RN aux prochaines élections, le président (ou n’importe quel membre) peut répondre « je t’arrête ici, on est pas là pour parler politique, tu veux pas plutôt prendre un deuxième verre de ce délicieux riesling ». C’est une norme culturelle, liée mais non identique à la norme politique, extrêmement précieuse.
Et les croyances des uns, heureusement qu'on peut en discuter, c'est pas en causant à un rationaliste qu'il faut rappeler que certaines croyances ont des implications largement au delà de la sphère privée, on peut parler de santé publique par exemple ?
C’est pour ça que je n’aime pas les étiquettes. « En tant que libertarien », « en tant que rationaliste ».
Je ne suis pas esclave de mes étiquettes, je ne veux pas être guidé par mes étiquettes. Si l’image d’épinal associée à mon étiquette m’ordonne de me jeter par la fenêtre, tant pis par l’étiquette.
Les relations humaines sont plus complexes que ça. Ne serait-ce que parce que maintenir des conventions permettant la paix voire même (soyons optimistes !) la coopération est quelque chose d’extrêmement plus complexe que « on peut parler de tout ».
On peut parler de tout, oui, mais pas tout le temps et avec tout le monde.
Si tu veux que ton association ornithologique n’explose pas en vol, il faut accepter une certaine norme de discours qui permet à Robert et Pauline de coexister au sein (et pour l’objectif) de l’association. Ça nécessite, dans ce contexte précis, de maintenir « tabous » un certains nombre de sujets.
D’où la formule magique « l’ornithologie n’est pas politique ».
Il ne s’agit, encore une fois, pas de nier l’impact du réchauffement climatique sur les oiseaux, ou de nier l’aspect politique du réchauffement climatique.
Mais de pouvoir, entre adultes, continuer à s’entendre sur les sujets commun (comme l’ornithologie), et réserver, restreindre les conflits dans le contexte dédié aux dits conflits : la politique.
[^] # Re: Je ne te le fais pas dire...
Posté par Moonz . En réponse au journal Politique, vélo (et logiciels libre même combat ?).. Évalué à 7.
Mais c’est exactement ce que je dis, au fond.
« Tout est politique » cherche à effacer subtilité et distinction entre « La religion c’est politique » (qui elle même efface la distinction très importante entre « Quelle est la religion officielle de l’état » et « Quelles sont les règles exactes de notre état laïque »), « La recette de la tarte aux poires c’est politique », « Le budget de l’état c’est politique ».
Tu noteras l’absence de subtilité derrière ce terme, « tout ». Autrement dit, pour faire l’enfant : "c'est pas moi qu’a commencé"
J’en ai parlé ! C’est exactement ce que j’ai dit !
Nous avons fait le choix politique de dire non la religion n’est pas un sujet politique, c’est un sujet de conscience personnelle.
C’est un choix, fondamental, structurant, qui a été fait à l’époque des Lumières, en réaction aux guerres de religion, et qui (entre autres choses) a donné naissance à « Liberté » dans « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Qui me permet, moi, athée, de dîner en paix avec mes amis musulmans, sans que ça devienne un conflit politique. « La religion n’est pas un sujet politique ».
Et il faut généraliser cette observation. Ce qui aborde l’aspect culturel que je ne voulais pas aborder, mais puisque le plat a été allègrement piétiné...
« La religion n’est pas politique » (la tolérance des lumières), ce qui me permet, athée, de dîner paisiblement avec mes amis musulmans, peut être généralisé. Par exemple en :
« L’ornithologie n’est pas politique » permet à Robert, militant LFI, d’être dans la même association ornithologique que Pauline, votante RN, sans que ça en finisse aux mains à l’apéro d’après AG.
Ce qui ne signifie pas, évidemment, que certaines espèces d’oiseaux ne sont pas menacées par le réchauffement climatique, ou que le réchauffement climatique n’est pas un sujet politique.
Ça signifie que, si à l’apéro d’après l’AG, Pauline se lance dans une diatribe comme quoi « on » ferait mieux de dépenser l’argent dans la lutte contre le réchauffement climatique plutôt qu’en aides sociales pour les immigrés, et que c'est pour ça que les immigrés doivent être dégagés, l’association devrait soutenir le RN aux prochaines élections, le président (ou n’importe quel membre) peut répondre « je t’arrête ici, on est pas là pour parler politique, tu veux pas plutôt prendre un deuxième verre de ce délicieux riesling ». C’est une norme culturelle, liée mais non identique à la norme politique, extrêmement précieuse.
C’est pour ça que je n’aime pas les étiquettes. « En tant que libertarien », « en tant que rationaliste ».
Je ne suis pas esclave de mes étiquettes, je ne veux pas être guidé par mes étiquettes. Si l’image d’épinal associée à mon étiquette m’ordonne de me jeter par la fenêtre, tant pis par l’étiquette.
Les relations humaines sont plus complexes que ça. Ne serait-ce que parce que maintenir des conventions permettant la paix voire même (soyons optimistes !) la coopération est quelque chose d’extrêmement plus complexe que « on peut parler de tout ».
On peut parler de tout, oui, mais pas tout le temps et avec tout le monde.
Si tu veux que ton association ornithologique n’explose pas en vol, il faut accepter une certaine norme de discours qui permet à Robert et Pauline de coexister au sein (et pour l’objectif) de l’association. Ça nécessite, dans ce contexte précis, de maintenir « tabous » un certains nombre de sujets.
D’où la formule magique « l’ornithologie n’est pas politique ».
Il ne s’agit, encore une fois, pas de nier l’impact du réchauffement climatique sur les oiseaux, ou de nier l’aspect politique du réchauffement climatique.
Mais de pouvoir, entre adultes, continuer à s’entendre sur les sujets commun (comme l’ornithologie), et réserver, restreindre les conflits dans le contexte dédié aux dits conflits : la politique.