• [^] # Re: J'avais hésité

    Posté par . En réponse au lien [HS] Non c’est Non, Monsieur Duplomb !. Évalué à 10. Dernière modification le 09 février 2026 à 13:51.

    L'acetamipride dans la version utilisé en enrobage, n'a pas les effets nefastes de sa version pulvérisée.

    C'est vrai qu'il élimine le risque de diffusion aérienne du pesticide. Mais à quel prix environnemental ? Avec l'enrobage, le traitement qui était alors conditionnel devient systématique. Chaque hectare semé reçoit donc la molécule, y compris lorsque le ravageur est absent ou ne se développe pas cette année-là. Exit donc la lutte intégrée, qui repose sur l’observation, la hiérarchisation des moyens et l’usage parcimonieux des insecticides. Même si la dose par graine est faible, la diffusion environnementale peut ainsi être plus large et plus continue qu’un traitement ponctuel déclenché uniquement quand il est nécessaire.

    La betrave n'a pas de fleur, donc n'intoxique pas les abeilles.

    Les pollinisateurs ne se réduisent pas à Apis mellifera. La pollinisation est assurée par plusieurs milliers d’espèces d’insectes : abeilles sauvages (osmies, andrènes, mégachiles), bourdons, syrphes, papillons, coléoptères... Beaucoup de ces espèces nichent dans le sol, ont des rayons de butinage plus courts, des cycles de vie plus fragmentés, et sont souvent plus sensibles aux contaminations diffuses du milieu. Un insecticide peut ainsi affecter directement les larves et les adultes de pollinisateurs, sans aucun lien avec une fleur.

    L'agence européenne, comme les autres pays européens, ne voient pas de toxicité.

    Dans son avis de 2024, l’EFSA souligne des "incertitudes majeures" des risques de toxicité pour le neurodéveloppement et recommande de diviser par cinq la dose journalière admissible et la dose de référence aigüe de l’acétamipride. Elle souligne aussi la nécessité de données supplémentaires pour permettre "une évaluation appropriée des dangers et des risques".

    L'ECHA, quant à elle, conclut que l'acétamipride est toxique et très persistant, en faisant un candidat pour la substitution (source) : c'est une incitation réglementaire forte à remplacer l'acétamipride par autre chose.

    Pourquoi suicider notre agriculture ?

    Fan de Margareth Thatcher ? Le débat réel n’est pas "acétamipride ou agriculture morte", mais "quel modèle agricole à moyen et long terme". Le recours massif aux insecticides peut stabiliser un rendement à court terme, tout en fragilisant les écosystèmes auxiliaires, ce qui accroît la vulnérabilité future des cultures. L'enjeu n'est pas idéologique : c'est une question de soutenabilité et de gestion du risque. Évitons les faux dilemmes qui nuisent au débat.