• # La rigueur et la finance

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal De la rigueur dans la programmation. Évalué à 4.

    Pour les actionnaires, la rigueur dans la programmation n'est pas financièrement intéressante. Pour ces derniers, il y a un taux acceptable de bugs et de dette technique, en deçà duquel on peut continuer à vendre des services et le produit.

    Lorsque l'on dépasse ce taux et que les clients commencent à se plaindre, on intègre des nouveaux concepts, des nouvelles technologies, ou des nouveaux langages. Arrivent donc, l'intégration continue, le « code coverage / code quality analysis », les « blue-green deployment », les « xxx-driven-development », le « pair programming », la programmation orientée objet, etc. La liste est longue.

    Avec toutes ces merveilles, on pourrait croire que l'industrie informatique ne puisse maintenant souffrir d'aucun bug ni faille de sécurité.

    Et pourtant, en 2025, on a battu des records en termes de failles de sécurité, de bugs mondiaux (c.f. CloudFlare / AWS / etc).

    Le seul maillon de la chaine que l'on n'avait pas changé était l'humain. C'était difficile, mais avec l'IA, on y vient. On va donc avoir des technologies qui permettent de produire du code en quantité, et aussi d'analyser la qualité de code, tout cela en très peu de temps, avec des développeurs débutants et un impact écologique désastreux.

    L'analyse de qualité et l'écologie ne rapportant pas de retour sur investissement à court terme, on comprendra que les actionnaires pousseront pour l'utilisation de production de code. C'est-à-dire la production de nouveaux produits et services, dont les commerciaux assureront la vente, la publicité, et la « création du besoin ». En gros, l'IA va accélérer la « merdification » des services et les commerciaux vont gaver les clients comme des oies de Noël.

    Prenons par exemple Spotify. L'entreprise ne cesse de pousser des services qu'une grosse partie des clients ne veulent pas, et refusent de les supprimer. Ou les sites de la SNCF, où réserver un train requiert un doctorat en informatique (dixit Aurélien Barrau).

    Pourtant, un autre mode de consommation est possible, ou la qualité primerait sur la quantité, la tempérance sur la frénésie, la simplicité sur la complexité, l'austérité sur l'opulence, etc.

    En attendant, que le spectacle commence 🍿