1) Ces modèles ne sont plus depuis des années des prédicteurs de texte et des chatbots sophistiqués qui débiteraient des textes au kilomètre. Les algorithmes modernes s'entrainent par renforcement (comme les algo alpha* de Google) et mènent des raisonnements (ils génèrent de très longues chaines de raisonnements en arrière-plan et choisissent les éléments qui seront donnés en réponse aux requêtes)
Cela reste fondamentalement des générateurs de texte, cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien tirer de cette approche, les progrès récents le montrent, mais on ignore si cela ne va pas poser des limites structurelles pour les progressions futures.
Car typiquement il arrive qu'il y ait des raisonnements erronés (mauvais raisonnement -> bon résultat quand même, ou raisonnement correct -> mauvais résultat) ce qui peut être lié à la méthodologie derrière.
2) Les performances sur tous les benchmarks existants progressent jusqu'à les saturer rapidement, et contrairement à une croyance un peu facile, ça n'est pas à cause de la diffusion des résultats des benchmarks. Les benchmarks sont diversifiés, certains sont maths/science, d'autres sont sur la production de code fonctionnel, d'autres sur des activités comptables/administratives, etc.
Je pense que tu ignores que c'est un sujet très discuté et loin d'être clos, comme la recherche publique et indépendante a toujours un train de retard ce n'est pas évident. Un peu de prudence épistémique ne ferait pas de mal.
Les progrès en usage du quotidien sont mesurables, mais la pertinence, l'efficacité et la signification des résultats des benchmarks ne sont pas des sujets triviaux dont on peut accepter les résultats les yeux fermés. La question de l'évaluation des modèle n'est pas clos et reste fondamentale car cela permet aussi d'éclairer comment mesurer leur sûreté et de leurs capacités actuelles et ce qu'on peut éventuellement espérer en tirer, ou découvrir des limitations intrinsèques, dans le futur en continuant ainsi.
La réponse est un peu dans la manière dont tu te poses la question. Si tu es fonctionnaliste, la question est "est-ce que ce programme se comporte comme si il avait une conscience?". Le fait de détecter un environnement de test et de le cacher à l'expérimentateur va clairement dans cette direction: le modèle comprend d'une manière ou d'une autre qu'il est dans un environnement de test, et décide d'une manière ou d'une autre de mentir. Tu le déduis du comportement du modèle, de la même manière que tu déduis que ton voisin a une conscience parce qu'il se comporte comme s'il en avait une.
[...]
Il faut choisir son camp et en déduire la réponse à la question, mais ça ne sert à rien de faire croire que la question est ouverte si on n'est pas fonctionnaliste.
Comme s'il n'y avait que ces deux options alors que là encore d'un point de vue épistémique c'est discutable d'être binaire.
Par exemple je suis fondamentalement convaincu qu'il n'y a rien d'impossible à avoir une conscience artificielle sur silicium. Mais comment s'assurer que devant nous on a affaire à une conscience émergente et authentique, le sujet me semble plus compliqué.
Le fonctionnalisme fonctionne bien en tout cas avec les êtres vivants car il y a des similarités de structure qui font qu'il n'y a pas de raison de ne pas accorder une conscience si un autre être vivant répond d'une certaine façon à des stimuli. En particulier entre nous êtres humains, car nous n'avons pas moyen d'accéder réellement à l'expérience subjective des autres donc on se base sur le principe de similarité pour appliquer le fonctionnalisme ce qui me semble raisonnable.
Cependant, on pourrait imaginer en effet des stimuli et leurs réponses totalement similaires mais d'une autre structure sans faire intervenir la notion de conscience. Et comment s'assurer qu'une conscience est là ou non ? C'est compliqué.
Le fonctionnalisme semble surtout être "faute de mieux, on accorde cette propriété si on a certaines réponses durant un protocole précis", mais ça ne me semble pas tout à fait satisfaisant pour apporter une réponse sûre et définitive sur la question. En particulier quand on a affaire à une entité qui est structurellement différent.
C'est un sujet plus compliqué que ce que tu présentes. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait d'ailleurs un vrai consensus scientifique sur ce genre de questions (tout comme sur l'intelligence par ailleurs).
[^] # Re: Inutile
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 7.
Cela reste fondamentalement des générateurs de texte, cela ne veut pas dire qu'on ne peut rien tirer de cette approche, les progrès récents le montrent, mais on ignore si cela ne va pas poser des limites structurelles pour les progressions futures.
Car typiquement il arrive qu'il y ait des raisonnements erronés (mauvais raisonnement -> bon résultat quand même, ou raisonnement correct -> mauvais résultat) ce qui peut être lié à la méthodologie derrière.
Je pense que tu ignores que c'est un sujet très discuté et loin d'être clos, comme la recherche publique et indépendante a toujours un train de retard ce n'est pas évident. Un peu de prudence épistémique ne ferait pas de mal.
Les progrès en usage du quotidien sont mesurables, mais la pertinence, l'efficacité et la signification des résultats des benchmarks ne sont pas des sujets triviaux dont on peut accepter les résultats les yeux fermés. La question de l'évaluation des modèle n'est pas clos et reste fondamentale car cela permet aussi d'éclairer comment mesurer leur sûreté et de leurs capacités actuelles et ce qu'on peut éventuellement espérer en tirer, ou découvrir des limitations intrinsèques, dans le futur en continuant ainsi.
[...]
Comme s'il n'y avait que ces deux options alors que là encore d'un point de vue épistémique c'est discutable d'être binaire.
Par exemple je suis fondamentalement convaincu qu'il n'y a rien d'impossible à avoir une conscience artificielle sur silicium. Mais comment s'assurer que devant nous on a affaire à une conscience émergente et authentique, le sujet me semble plus compliqué.
Le fonctionnalisme fonctionne bien en tout cas avec les êtres vivants car il y a des similarités de structure qui font qu'il n'y a pas de raison de ne pas accorder une conscience si un autre être vivant répond d'une certaine façon à des stimuli. En particulier entre nous êtres humains, car nous n'avons pas moyen d'accéder réellement à l'expérience subjective des autres donc on se base sur le principe de similarité pour appliquer le fonctionnalisme ce qui me semble raisonnable.
Cependant, on pourrait imaginer en effet des stimuli et leurs réponses totalement similaires mais d'une autre structure sans faire intervenir la notion de conscience. Et comment s'assurer qu'une conscience est là ou non ? C'est compliqué.
Le fonctionnalisme semble surtout être "faute de mieux, on accorde cette propriété si on a certaines réponses durant un protocole précis", mais ça ne me semble pas tout à fait satisfaisant pour apporter une réponse sûre et définitive sur la question. En particulier quand on a affaire à une entité qui est structurellement différent.
C'est un sujet plus compliqué que ce que tu présentes. Je ne suis pas convaincu qu'il y ait d'ailleurs un vrai consensus scientifique sur ce genre de questions (tout comme sur l'intelligence par ailleurs).