• [^] # Re: Merci

    Posté par . En réponse à la dépêche Nouvelles sur l’IA de février 2026. Évalué à 1.

    Merci pour la discussion ! Je me dis qu'il y a peut-être un angle un peu différent dans cette discussion.

    La diversité humaine est telle que, pour des tâches très spécifiques, on peut toujours trouver des humains qui auront un comportement presque aussi prévisible que celui d’une machine. Le problème n'est donc peut-être pas tant la « nature » de l’IA que la question de la responsabilité.

    Une IA, je suis d'accord, n’est responsable de rien. C’est là que tout change.

    Plutôt que de chercher à lui attribuer un statut particulier, on pourrait considérer que l’utilisateur d’une IA agit comme un chef de projet : l’IA produit des propositions, mais l’humain reste celui qui valide et qui rend des comptes.

    Concrètement (je prends des exemples un peu bateau mais le principe est là) :

    un mail rédigé par une IA → je le relis et je l’envoie ;

    un code généré par une IA → je le review et je l’approuve.

    Le danger n'est peut-être pas l’IA en soi mais la roue libre sans quality gates. Et ces gates peuvent rester humains pendant (très) longtemps, avec des traces permettant un audit a posteriori.

    Vu sous cet angle, j'ai l'impression que l'IA ressemble surtout à une généralisation de l’accès à certaines capacités cognitives. Par exemple je sais coder en C mais pas en Go ; avec un LLM je peux faire émerger un programme en Go, le comprendre progressivement et apprendre en même temps que je l’explore et l'améliore.

    Et même si l’IA se limitait « seulement » à démocratiser l’accès à certaines capacités cognitives, ce serait déjà un bouleversement massif. L’histoire montre que ce type d’élargissement d’accès change profondément les équilibres : l’imprimerie a généralisé l’accès au savoir écrit, Internet a généralisé l’accès à l’information. Les LLM pourraient, eux, généraliser l’accès à certaines compétences cognitives.

    Dans ce cas, l’effet principal ne serait plus vraiment de remplacer les humains, mais de déplacer le plancher de compétences de toute la société : beaucoup plus de gens capables de faire « un peu de tout », et des experts qui peuvent se concentrer sur des problèmes plus pointus au lieu de passer du temps sur des tâches intermédiaires.

    On essaie peut-être encore d’analyser ces outils dans l’ancien paradigme, alors qu’ils pourraient surtout déplacer « l’étage » auquel se situe ce paradigme.

    Le risque principal me semble plutôt ici : que ces capacités restent concentrées dans quelques énormes infrastructures privées. Si ces modèles deviennent une forme d’accès généralisé au savoir et aux compétences, la question de leur accessibilité et de leur contrôle devient cruciale. Autrement dit, éviter que les LLM deviennent simplement la privatisation des bibliothèques du futur.

    Et si les capacités des modèles commencent à progresser moins vite que leur efficacité ou leur coût d’exécution, cela pourrait aussi ouvrir la voie à une diffusion plus large et donc à la possibilité de sortir progressivement ces outils du cloud pour les rapprocher des utilisateurs.