Oui, mais n'oublions pas que c'est...une théorie :)
La théorie des graphes aussi, ainsi que la théorie de l'évolution ou la relativité. Il ne faut pas confondre avec les séries policières!
Je veux dire, sortir dans la rue aussi est tirer une boule à chaque fois hein
C'était juste une discussion épistémologique. L'argument était "À chaque fois qu'on dit ça il ne se passe rien", et la réponse est "Il existe un cadre théorique en philosophie des sciences où cette observation n'a aucune raison de te rassurer".
Plus fondamentalement, il y a une différence énorme entre les exemples de la vie de tous les jours (sortir dans la rue, prendre l'avion, subir une attaque informatique, etc) et la théorie de la boule noire : quand tu prends l'avion, tu tires toujours dans la même loi de probabilité; les tirages précédents te renseignent donc sur les probabilités de risques. Imaginons que tu n'as aucune idée du risque de prendre l'avion, tu pars donc sur un prior non-informatif; tu prends l'avion une fois et tu survis; tu peux donc conclure que la probabilité de mourir n'est pas 1 (avec un modèle simple, ton intervalle de confiance à 95% est réduit de (0,1) à (0,0.95). Tu prends l'avion 10 fois: ça se réduit à (0, 0.34). Tu prends l'avion 1000 fois? (0, 0.005). Bref, les réussites passées diminuent ton estimation du risque.
Il n'a pas dû t'échapper qu'à Motus, tirer une boule jaune ne fait qu'augmenter la probabilité de tirer une boule noire au prochain coup. La théorie du monde vulnérable suppose juste qu'il existe au moins une boule noire. Chaque nouveauté technologique qui ne détruit pas l'humanité est une boule jaune, et ta civilisation disparait à la première boule noire. Tu ne peux donc absolument rien déduire de la probabilité de tirer une boule noire. Il n'est pas du tout impossible que 90% des boules soient noires, et que l'humanité a juste eu un bol gigantesque de ne tirer que des boules jaunes jusqu'ici; de toutes manières il ne peut pas en être autrement.
De toutes manières, l'argument est solide, sinon il n'aurait jamais été publié et validé; il n'a rien à voir avec prendre l'avion ou traverser la rue. Il existe des objections possibles, mais elles ne sont pas très puissantes. Tu peux affirmer qu'il n'existe pas de boules noires, mais c'est dur à argumenter (pourquoi les lois de la physique interdiraient par essence de fabriquer une bombe H avec un mixer de cuisine?). Plus convainquant: on commence à découvrir les technologies les plus simples, donc s'il existe des boules noires, elles vont être difficiles à tirer, et donc probablement moins facile à déployer à une échelle suffisante pour détruire une civilisation.
Ou alors, plus triste: on a déja tiré une boule noire, c'est les moteurs thermiques qui fonctionnent aux énergies fossiles, et c'est juste que les effets ne sont pas instantanés.
[^] # Re: Toujours pas convaincu
Posté par arnaudus . En réponse au journal Retour d'expérience sur le développement d'une application par l'utilisation d'IA. Évalué à 5.
La théorie des graphes aussi, ainsi que la théorie de l'évolution ou la relativité. Il ne faut pas confondre avec les séries policières!
C'était juste une discussion épistémologique. L'argument était "À chaque fois qu'on dit ça il ne se passe rien", et la réponse est "Il existe un cadre théorique en philosophie des sciences où cette observation n'a aucune raison de te rassurer".
Plus fondamentalement, il y a une différence énorme entre les exemples de la vie de tous les jours (sortir dans la rue, prendre l'avion, subir une attaque informatique, etc) et la théorie de la boule noire : quand tu prends l'avion, tu tires toujours dans la même loi de probabilité; les tirages précédents te renseignent donc sur les probabilités de risques. Imaginons que tu n'as aucune idée du risque de prendre l'avion, tu pars donc sur un prior non-informatif; tu prends l'avion une fois et tu survis; tu peux donc conclure que la probabilité de mourir n'est pas 1 (avec un modèle simple, ton intervalle de confiance à 95% est réduit de (0,1) à (0,0.95). Tu prends l'avion 10 fois: ça se réduit à (0, 0.34). Tu prends l'avion 1000 fois? (0, 0.005). Bref, les réussites passées diminuent ton estimation du risque.
Il n'a pas dû t'échapper qu'à Motus, tirer une boule jaune ne fait qu'augmenter la probabilité de tirer une boule noire au prochain coup. La théorie du monde vulnérable suppose juste qu'il existe au moins une boule noire. Chaque nouveauté technologique qui ne détruit pas l'humanité est une boule jaune, et ta civilisation disparait à la première boule noire. Tu ne peux donc absolument rien déduire de la probabilité de tirer une boule noire. Il n'est pas du tout impossible que 90% des boules soient noires, et que l'humanité a juste eu un bol gigantesque de ne tirer que des boules jaunes jusqu'ici; de toutes manières il ne peut pas en être autrement.
De toutes manières, l'argument est solide, sinon il n'aurait jamais été publié et validé; il n'a rien à voir avec prendre l'avion ou traverser la rue. Il existe des objections possibles, mais elles ne sont pas très puissantes. Tu peux affirmer qu'il n'existe pas de boules noires, mais c'est dur à argumenter (pourquoi les lois de la physique interdiraient par essence de fabriquer une bombe H avec un mixer de cuisine?). Plus convainquant: on commence à découvrir les technologies les plus simples, donc s'il existe des boules noires, elles vont être difficiles à tirer, et donc probablement moins facile à déployer à une échelle suffisante pour détruire une civilisation.
Ou alors, plus triste: on a déja tiré une boule noire, c'est les moteurs thermiques qui fonctionnent aux énergies fossiles, et c'est juste que les effets ne sont pas instantanés.