L'auteur nous sort un très long article pour attribuer la traversée du désert de Linux à Mac OSX, et sa "renaissance" de à Docker et consorts. C'est oublier que :
Le monopole écrasant, ça n'a jamais été OSX. C'était Windows. Et que si MacOS avait été aussi bon qu'il le prétend, il aurait dépassé Windows, ce qu'il n'a jamais fait, et de loin.
La renaissance, j'attends encore de la voir se concrétiser en chiffres.
De plus, l'auteur oublie un point : pour la plupart des utilisateurs, Flatpak, c'est justement un truc à apprendre ! Il le promeut comme ce qui marche out-of-the-box sans rien avoir à apprendre : je n'ai jamais vu un PC faire ça. Windows fait cette promesse, ça fait des machines cassées au bout de 6 mois. Un PC, c'est comme une voiture, une machine à laver ou un couteau de cuisine : ça s'entretient. Et un PC est un système complexe, où le vendeur ne sait pas ce que va vouloir l'utilisateur, donc il ne peut pas prévoir l'entretien à l'avance. L'utilisateur est obligé d'apprendre. Tout comme il a intérêt à apprendre à aiguiser un couteau et à curer l'évacuation de sa machine à laver.
Mais l'essentiel est ailleurs. L'auteur situe la renaissance de Linux au début des années 2020. Ça correspond à un moment bien précis : la fin de la présidence Trump, l'arrivée du Covid, la guerre en Ukraine. La présidence Trump a aiguisé l'appétit financier d'à peu près toutes les grosses boîtes de la Terre, les gros éditeurs logiciels ne faisant pas exception. C'est le développement d'une pratique jusqu'ici honnie : le rachat d'actions, qui permet de redistribuer beaucoup d'argent aux actionnaires, en payant assez peu d'impôts dessus. Corollaire : il faut réaliser de gros bénéfices. Coup de bol : le Covid et la guerre en Ukraine sont à l'origine d'un début d'inflation. De nombreuses boîtes vont alors communiquer comme quoi elles sont obligées d'augmenter leurs prix, elles en sont désolées... Et dans le même temps, leurs marges vont s'envoler. On a appelé cette inflation la "greedflation", et ce n'est pas pour rien.
Début des années 2020, c'est un moment où les prix ont pris un sacré coup, et les logiciels ne font pas exception. On passe du modèle One-time-payment à des paiements récurrents, à des logiciels chers, à des anti-features généralisées qu'on peut désactiver en payant. Et ça, les utilisateurs ne sont pas dupes : ils comprennent bien qu'un logiciel fait par et pour les utilisateurs les servira mieux. Et ce, pour les particuliers comme les pros : ma femme est autoentrepreneuse, elle en a pour 2000€ par an de logiciels, et même pas des logiciels très spécifiques : on parle de la suite Adobe ou d'Office 365 ! Juste pour continuer à utiliser les logiciels, alors que 5 ans auparavant, on payait une fois, et basta. Évidemment que dans ces conditions, l'open source / le libre devient tentant, même si pour le moment elle a peur de devoir tout réapprendre.
Donc si renaissance il y a, elle est autant sinon plus liée à la merdification des alternatives. Linux reste complexe, mais entre le logiciel qui te somme de payer sinon il déconne volontairement et le logiciel qui nécessite un apprentissage mais qui t'obéit sans réfléchir, les utilisateurs ont choisi.
Noter d'ailleurs que le paragraphe sur Steam est assez juste, mais que l'arrivée de Proton s'inscrit aussi dans une logique de guerre entre deux boîtes, Valve et Microsoft, dont aucune n'est toute blanche, même pas Valve.
Bref, qui vivra verra. Si le logiciel proprio continue de se merdifier à vitesse grand V, le Libre deviendra une alternative de plus en plus en plus séduisante et finira par le supplanter. Si les éditeurs proprios prennent conscience qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, on peut espérer un assainissement de la situation. Dans les deux cas, les utilisateurs sont gagnants.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
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Posté par Liorel . En réponse au lien Après "l'âge d'or" et les "âges sombres", la "renaissance" du bureau Linux. Évalué à 7.
Mouais, je suis pas convaincu.
L'auteur nous sort un très long article pour attribuer la traversée du désert de Linux à Mac OSX, et sa "renaissance" de à Docker et consorts. C'est oublier que :
De plus, l'auteur oublie un point : pour la plupart des utilisateurs, Flatpak, c'est justement un truc à apprendre ! Il le promeut comme ce qui marche out-of-the-box sans rien avoir à apprendre : je n'ai jamais vu un PC faire ça. Windows fait cette promesse, ça fait des machines cassées au bout de 6 mois. Un PC, c'est comme une voiture, une machine à laver ou un couteau de cuisine : ça s'entretient. Et un PC est un système complexe, où le vendeur ne sait pas ce que va vouloir l'utilisateur, donc il ne peut pas prévoir l'entretien à l'avance. L'utilisateur est obligé d'apprendre. Tout comme il a intérêt à apprendre à aiguiser un couteau et à curer l'évacuation de sa machine à laver.
Mais l'essentiel est ailleurs. L'auteur situe la renaissance de Linux au début des années 2020. Ça correspond à un moment bien précis : la fin de la présidence Trump, l'arrivée du Covid, la guerre en Ukraine. La présidence Trump a aiguisé l'appétit financier d'à peu près toutes les grosses boîtes de la Terre, les gros éditeurs logiciels ne faisant pas exception. C'est le développement d'une pratique jusqu'ici honnie : le rachat d'actions, qui permet de redistribuer beaucoup d'argent aux actionnaires, en payant assez peu d'impôts dessus. Corollaire : il faut réaliser de gros bénéfices. Coup de bol : le Covid et la guerre en Ukraine sont à l'origine d'un début d'inflation. De nombreuses boîtes vont alors communiquer comme quoi elles sont obligées d'augmenter leurs prix, elles en sont désolées... Et dans le même temps, leurs marges vont s'envoler. On a appelé cette inflation la "greedflation", et ce n'est pas pour rien.
Début des années 2020, c'est un moment où les prix ont pris un sacré coup, et les logiciels ne font pas exception. On passe du modèle One-time-payment à des paiements récurrents, à des logiciels chers, à des anti-features généralisées qu'on peut désactiver en payant. Et ça, les utilisateurs ne sont pas dupes : ils comprennent bien qu'un logiciel fait par et pour les utilisateurs les servira mieux. Et ce, pour les particuliers comme les pros : ma femme est autoentrepreneuse, elle en a pour 2000€ par an de logiciels, et même pas des logiciels très spécifiques : on parle de la suite Adobe ou d'Office 365 ! Juste pour continuer à utiliser les logiciels, alors que 5 ans auparavant, on payait une fois, et basta. Évidemment que dans ces conditions, l'open source / le libre devient tentant, même si pour le moment elle a peur de devoir tout réapprendre.
Donc si renaissance il y a, elle est autant sinon plus liée à la merdification des alternatives. Linux reste complexe, mais entre le logiciel qui te somme de payer sinon il déconne volontairement et le logiciel qui nécessite un apprentissage mais qui t'obéit sans réfléchir, les utilisateurs ont choisi.
Noter d'ailleurs que le paragraphe sur Steam est assez juste, mais que l'arrivée de Proton s'inscrit aussi dans une logique de guerre entre deux boîtes, Valve et Microsoft, dont aucune n'est toute blanche, même pas Valve.
Bref, qui vivra verra. Si le logiciel proprio continue de se merdifier à vitesse grand V, le Libre deviendra une alternative de plus en plus en plus séduisante et finira par le supplanter. Si les éditeurs proprios prennent conscience qu'ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis, on peut espérer un assainissement de la situation. Dans les deux cas, les utilisateurs sont gagnants.
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.