Les consignes ministérielles c'est un taux de réussite d'au moins 70% chaque année, ce qui doit aboutir à ~35% sur 3 ans, ça semble coller avec les chiffres que vous avez trouvé.
Pour les lettres avant de vous répondre, j'avais rapidement trouvé des chiffres similaires aux vôtres. Mon expérience en fac de science, ce sont de nos jours des taux de réussite en première année qui vont plutôt de 1⁄3, là où les collègues baissent un peu les bras sur les fondamentaux1, à 1⁄4. Et encore les programmes ont-ils été consciencieusement sabrés pour tenir en 500 heures par an. Je conclus de vos chiffres que soit je travail dans une zone sinistrée, soit la situation est bien pire que je ne le pensais au niveau national2. Dans tous les cas je m'explique assez bien le désamour pour l'enseignement des sciences de quiconque aurait quelque saines préoccupations d'avenir, même si ça ne se joue pas uniquement au niveau du taux de réussite : difficulté terribles comme je le proposais précédemment, ou diplôme en papier mouchoir pour pleurer sur la qualité de la formation et se retrouver en porte-à-faux face à des adolescents pas forcément intéressés...
Pour le tutoiement, pas de problème. Moi j'utilise le vouvoiement pour marquer cette distance qui transparaît régulièrement dans les échanges ; et souligner l'importance d'une rédaction soutenue, ne nous connaissant pas, nos implicites n'étant pas ceux des autres. D'ailleurs n'hésitez pas à me faire remarquer si ce qui est écrit ci-avant n'est pas limpide.
Exemple : ça vous paraît raisonnable une licence de chimie qui fasse l'impasse sur non seulement la mécanique quantique, mais aussi les mathématiques et la mécanique de base qui permettront éventuellement de l'acquérir ? Ça fera sûrement de bons techniciens en chimie, mais probablement un peu bancals sur la théorie des liaisons chimiques. ↩
Vous rappelez-vous de ces articles qui faisaient état voici bien dix ans d'une admissibilité à l'écrit du CAPES de mathématiques descendant aux alentours de 2/20 ? On peut décider collectivement d'abandonner les fondamentaux disciplinaires. Mais à un moment ça se paye. Rien que parce que ça finit par se savoir et que de moins en moins de gens entreprennent ce genre de pseudo-carrière. Dans les lettres persanes Montesquieu dénonçait ces enseignants parisiens au talent considérable « [d']enseigner ce qu’[ils] ignore[nt]. » Visiblement l'épidémie est en marche. ↩
[^] # Re: Contre information
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au lien Plus de filles en filières scientifiques: "Non, les maths, ce n'est pas que pour les garçons" . Évalué à 3.
Les consignes ministérielles c'est un taux de réussite d'au moins 70% chaque année, ce qui doit aboutir à ~35% sur 3 ans, ça semble coller avec les chiffres que vous avez trouvé.
Pour les lettres avant de vous répondre, j'avais rapidement trouvé des chiffres similaires aux vôtres. Mon expérience en fac de science, ce sont de nos jours des taux de réussite en première année qui vont plutôt de 1⁄3, là où les collègues baissent un peu les bras sur les fondamentaux1 , à 1⁄4. Et encore les programmes ont-ils été consciencieusement sabrés pour tenir en 500 heures par an. Je conclus de vos chiffres que soit je travail dans une zone sinistrée, soit la situation est bien pire que je ne le pensais au niveau national2 . Dans tous les cas je m'explique assez bien le désamour pour l'enseignement des sciences de quiconque aurait quelque saines préoccupations d'avenir, même si ça ne se joue pas uniquement au niveau du taux de réussite : difficulté terribles comme je le proposais précédemment, ou diplôme en papier mouchoir pour pleurer sur la qualité de la formation et se retrouver en porte-à-faux face à des adolescents pas forcément intéressés...
Pour le tutoiement, pas de problème. Moi j'utilise le vouvoiement pour marquer cette distance qui transparaît régulièrement dans les échanges ; et souligner l'importance d'une rédaction soutenue, ne nous connaissant pas, nos implicites n'étant pas ceux des autres. D'ailleurs n'hésitez pas à me faire remarquer si ce qui est écrit ci-avant n'est pas limpide.
Exemple : ça vous paraît raisonnable une licence de chimie qui fasse l'impasse sur non seulement la mécanique quantique, mais aussi les mathématiques et la mécanique de base qui permettront éventuellement de l'acquérir ? Ça fera sûrement de bons techniciens en chimie, mais probablement un peu bancals sur la théorie des liaisons chimiques. ↩
Vous rappelez-vous de ces articles qui faisaient état voici bien dix ans d'une admissibilité à l'écrit du CAPES de mathématiques descendant aux alentours de 2/20 ? On peut décider collectivement d'abandonner les fondamentaux disciplinaires. Mais à un moment ça se paye. Rien que parce que ça finit par se savoir et que de moins en moins de gens entreprennent ce genre de pseudo-carrière. Dans les lettres persanes Montesquieu dénonçait ces enseignants parisiens au talent considérable « [d']enseigner ce qu’[ils] ignore[nt]. » Visiblement l'épidémie est en marche. ↩
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace