> 1) Il est possible que dans quelques années la gestion des droits (DRM)
> ou l'informatique de confiance (Trusted Computing) soit gérées
> directement "dans le silicium" sans permettre la liberté de l'utilisateur.
Ca ne changera pas grand chose avec du Hardware libre. D'ailleurs, les systèmes auxquels tu fais allusion (TCPA/NGSCB) auront vraissemblablement des spécifications publiques.
Le design de la puce peut être public, ce qui importe, c'est la clé privée qui est stoquée dedans ...
> 2) La sécurité dont se targue avec raison le monde du logiciel libre
> (code source auditable par tous) peut être compromise par une
> "backdoor" hardware directement implémenté dans le CPU....
Ca ne changera strictement rien non plus avec du Hardware libre.
L'intérêt avec un logiciel libre, c'est que tu as les sources, tu peux les recompiler, et vérifier que le binaire distribué à tout le monde est bien celui qu'il dit être. (aux backdoors dans le compilo près ...)
Avec du hardware, tu n'as *aucun* moyen de vérifier que la puce physique correspond bien à son code source.
> 3) Il serait sans doute sain de répartir sur de nouvelles bases et de
> suivre la démarche originelle du logiciel libre : Faire ses choix
> techniques et fonction uniquement de leur pertinence et non de leur
> adéquation commerciale avec les objectifs d'une entreprise
> particulière, favoriser les standards ouverts et interopérables.
Là, c'est clair, et les entreprises qui font du hard le disent bien. Aujourd'hui, le gros du boulot pour faire une nouvelle puce, c'est de récupérer un maximum de blocs (IP) existants, et de les assembler.
Ensuite, on envoie ça a la fab, et il y a des frais fixes *énorme*. Rien que le masque, c'est à dire ce qui doit être fait avant le premier exemplaire de la puce, coute un million de dollar, (et ça double environ tous les 18 mois, comme la loi de moore). Une usine de microelectronique coute également de plus en plus cher. On sait pertinemment qu'il n'y aura pas de la place pour tout le monde sur ce segment. Donc les industriels s'allient (cf. L'alliance Crolles2 ST + Philips + Motorolla en construction - plus gros investissement industriel français depuis 10 ans !) ou crèvent.
Bref, à part peut être Intel qui est loin devant, les géants du semiconducteurs savent qu'ils ne pourront pas réussir en jouant cavalier seul, et ils ont besoin de standardisation.
De là à dire qu'ils ont besoin de libre, je ne sais pas.
Reste un autre problème : Les outils logiciels libres pour faire du hardware. Et là, c'est quasiement le néant. Les gars de F-Cpu reconnaissent bosser majoritairement avec des logiciels propriétaires ne trouvant pas d'alternatives valables en libre.
# Re: La longue marche vers le hardware libre
Posté par Matthieu Moy (site web personnel) . En réponse à la dépêche La longue marche vers le hardware libre. Évalué à 6.
> 1) Il est possible que dans quelques années la gestion des droits (DRM)
> ou l'informatique de confiance (Trusted Computing) soit gérées
> directement "dans le silicium" sans permettre la liberté de l'utilisateur.
Ca ne changera pas grand chose avec du Hardware libre. D'ailleurs, les systèmes auxquels tu fais allusion (TCPA/NGSCB) auront vraissemblablement des spécifications publiques.
Le design de la puce peut être public, ce qui importe, c'est la clé privée qui est stoquée dedans ...
> 2) La sécurité dont se targue avec raison le monde du logiciel libre
> (code source auditable par tous) peut être compromise par une
> "backdoor" hardware directement implémenté dans le CPU....
Ca ne changera strictement rien non plus avec du Hardware libre.
L'intérêt avec un logiciel libre, c'est que tu as les sources, tu peux les recompiler, et vérifier que le binaire distribué à tout le monde est bien celui qu'il dit être. (aux backdoors dans le compilo près ...)
Avec du hardware, tu n'as *aucun* moyen de vérifier que la puce physique correspond bien à son code source.
> 3) Il serait sans doute sain de répartir sur de nouvelles bases et de
> suivre la démarche originelle du logiciel libre : Faire ses choix
> techniques et fonction uniquement de leur pertinence et non de leur
> adéquation commerciale avec les objectifs d'une entreprise
> particulière, favoriser les standards ouverts et interopérables.
Là, c'est clair, et les entreprises qui font du hard le disent bien. Aujourd'hui, le gros du boulot pour faire une nouvelle puce, c'est de récupérer un maximum de blocs (IP) existants, et de les assembler.
Ensuite, on envoie ça a la fab, et il y a des frais fixes *énorme*. Rien que le masque, c'est à dire ce qui doit être fait avant le premier exemplaire de la puce, coute un million de dollar, (et ça double environ tous les 18 mois, comme la loi de moore). Une usine de microelectronique coute également de plus en plus cher. On sait pertinemment qu'il n'y aura pas de la place pour tout le monde sur ce segment. Donc les industriels s'allient (cf. L'alliance Crolles2 ST + Philips + Motorolla en construction - plus gros investissement industriel français depuis 10 ans !) ou crèvent.
Bref, à part peut être Intel qui est loin devant, les géants du semiconducteurs savent qu'ils ne pourront pas réussir en jouant cavalier seul, et ils ont besoin de standardisation.
De là à dire qu'ils ont besoin de libre, je ne sais pas.
Reste un autre problème : Les outils logiciels libres pour faire du hardware. Et là, c'est quasiement le néant. Les gars de F-Cpu reconnaissent bosser majoritairement avec des logiciels propriétaires ne trouvant pas d'alternatives valables en libre.