• [^] # Re: Je ne demande si l'auteur a compris l'enjeu (de la dette technique)

    Posté par . En réponse au lien Most Technical Problems Are Really People Problems. Évalué à 3.

    Les ingénieurs veulent souvent « faire bien » et malheureusement même « faire mieux » . Plus facile à maintenir. Mieux conçu. Plus robuste. Mieux testé. D'ailleurs ça vaut pour les autres métiers : une personne de la comm' voudra « toujours faire un peu plus ». Un peu mieux mis en page. Des goodies un peu plus sympas. Un design un peu plus esthétique. Des vidéos un peu mieux montées.

    De la manière dont tu formule les choses, c'est comme si il y avait un "bien" qui soit absolu, connu et visible de tous, et que certains voudraient faire mieux.

    Est-ce qu'ils veulent faire mieux, ou est-ce que leur vision de ce qui est bien est différente ?

    Plus généralement, comment on sait quand c'est bien ?

    J'ai travaillé dans plusieurs milieux différents, et je n'ai eu que très rarement l'impression de bien travailler, alors que mes employeurs étaient globalement très contents.

    Quand j'ai travaillé en informatique, je voyais comment les choix d'architecture allaient nous limiter plus tard et à quel point il allait être difficile de les faire évoluer.

    Quand j'ai travaillé dans le social, je voyais toute la violence institutionnelle et comment le rapport de force entretenait la conflictualité.

    Quand j'ai travaillé dans le sport de nature, je voyais comment on détruisait le milieu dans lequel on êvoluait.

    Quand j'ai travaillé dans le bâtiment, je voyais pourquoi on allait devoir tout recommencer dans 20 ou 30 ans.

    Les employeurs trouvaient ça bien, parce que l'entreprise gagnait de l'argent.

    Quelque part ce ne sont que des formes de dettes.

    Mais au final, cela se fait au mieux au détriment du client, au pire au détriment des générations futures, parce que toute dette est à différents degrés une dette écologique.

    Mais le besoin (de l'entreprise) n'est pas de faire mieux. Son besoin est de faire bien, juste bien.

    Quelle place pour les besoins des employés ?

    Ta logique me semble inscrite dans une logique capitaliste et libérale. Je le comprends, parce c'est la réalité d'aujourd'hui, mais peut-on le déplorer et chercher à s'en libérer ?