Je veux dire par là qu'en effet, ni les étudiants, ni les professeurs, ni même personne d'ailleurs, ne connait vraiment les règles régissant la propriété intellectuelle et les droits de réutilisation, parce que c'est complexe, variable dans le temps, et dans l'espace. C'est un travail de juriste de comprendre ça, donc c'est normal que les étudiants des autres filières ne sont pas formés.
Par contre, je ne suis pas sûr de te suivre quand tu parles de frein au savoir. L'impossibilité de réutiliser du matériel publié ne limite pas réellement la diffusion du savoir, puisque la loi autorise les réutilisations dans le contexte d'un cours par exemple, à partir du moment où les auteurs sont crédités. Tu peux donc tout à fait reprendre une figure ou un paragraphe dans le cadre d'un cours, le fait que cette figure soit liée à des droits d'auteurs ne change rien.
J'imagine donc que tu fais référence à l'accessibilité des publications, qui sont parfois derrière un paywall, et qui demandent donc que tu payes un abonnement pour les lire. Ce modèle ne diffère pas réellement de n'importe quel autre document, puisque la norme reste quand même de payer pour accéder à un livre, un rapport, un document technique, ou n'importe quoi. Est-ce que les gens du XXe siècle considéraient comme un frein au savoir de devoir aller à la librairie pour acheter des livres? Le concept même d'accès gratuit n'avait pas de sens, puisque le contenu du livre était indisociable du contenant. Depuis quelques décennies, on a la possibilité de déconnecter le contenu du contenant, et que parfois l'accès au contenu sans contenant est gratuit, parfois payant. Une manière équivalente de voir le verre à moitié plein serait donc de s'extasier sur la possibilité d'accéder gratuitement à une partie très substantielle de la littérature scientifique, ce qui n'a jamais été possible auparavant dans l'histoire de l'humanité. Ça, c'est sur le plan "théorique". Sur le plan pratique, l'accès à la littérature scientifique est de-facto pseudo-gratuit: Si c'est Open Access, c'est gratuit, si ça n'est pas Open Access, il est probable que l'université soit abonnée au journal ou à la revue; si ça n'est pas le cas, il est courant que le pdf de l'article soit disponible sur la page web de l'auteur ou sur un dépot de pré-publications, si ça n'est pas le cas il est probable que l'article soit dans sci-hub (il faut juste savoir configurer un VPN si tu passes pas un ISP grand public), et si ça n'est pas le cas, il suffit d'envoyer un email à l'auteur. Bref, en pratique, la littérature scientifique (en tout cas les articles de journaux) sont quand même assez facilement disponible, et d'expérience, elle n'a jamais été aussi disponible. Il faut quand même réaliser qu'il arrivait avant les années 2000 de ne pas avoir accès du tout à un article sans devoir faire des centaines de km pour trouver une bibliothèque qui y était abonnée, donc la situation n'a jamais été meilleure.
Le régime des livres scientifiques est différent, puisqu'il s'agit de livres "traditionnels" qu'il faut acheter. C'est souvent cher (à cause des petits tirages), et l'accès électronique est rare. Mais du coup, ça n'est pas pire qu'avant, c'est juste pareil.
[^] # Re: Idéologie
Posté par arnaudus . En réponse au lien 1 étudiant sur 2 en fin de Licence ne maîtrise pas encore les compétences numériques nécessaires. Évalué à 2.
Mhhh, non, pas vraiment.
Je veux dire par là qu'en effet, ni les étudiants, ni les professeurs, ni même personne d'ailleurs, ne connait vraiment les règles régissant la propriété intellectuelle et les droits de réutilisation, parce que c'est complexe, variable dans le temps, et dans l'espace. C'est un travail de juriste de comprendre ça, donc c'est normal que les étudiants des autres filières ne sont pas formés.
Par contre, je ne suis pas sûr de te suivre quand tu parles de frein au savoir. L'impossibilité de réutiliser du matériel publié ne limite pas réellement la diffusion du savoir, puisque la loi autorise les réutilisations dans le contexte d'un cours par exemple, à partir du moment où les auteurs sont crédités. Tu peux donc tout à fait reprendre une figure ou un paragraphe dans le cadre d'un cours, le fait que cette figure soit liée à des droits d'auteurs ne change rien.
J'imagine donc que tu fais référence à l'accessibilité des publications, qui sont parfois derrière un paywall, et qui demandent donc que tu payes un abonnement pour les lire. Ce modèle ne diffère pas réellement de n'importe quel autre document, puisque la norme reste quand même de payer pour accéder à un livre, un rapport, un document technique, ou n'importe quoi. Est-ce que les gens du XXe siècle considéraient comme un frein au savoir de devoir aller à la librairie pour acheter des livres? Le concept même d'accès gratuit n'avait pas de sens, puisque le contenu du livre était indisociable du contenant. Depuis quelques décennies, on a la possibilité de déconnecter le contenu du contenant, et que parfois l'accès au contenu sans contenant est gratuit, parfois payant. Une manière équivalente de voir le verre à moitié plein serait donc de s'extasier sur la possibilité d'accéder gratuitement à une partie très substantielle de la littérature scientifique, ce qui n'a jamais été possible auparavant dans l'histoire de l'humanité. Ça, c'est sur le plan "théorique". Sur le plan pratique, l'accès à la littérature scientifique est de-facto pseudo-gratuit: Si c'est Open Access, c'est gratuit, si ça n'est pas Open Access, il est probable que l'université soit abonnée au journal ou à la revue; si ça n'est pas le cas, il est courant que le pdf de l'article soit disponible sur la page web de l'auteur ou sur un dépot de pré-publications, si ça n'est pas le cas il est probable que l'article soit dans sci-hub (il faut juste savoir configurer un VPN si tu passes pas un ISP grand public), et si ça n'est pas le cas, il suffit d'envoyer un email à l'auteur. Bref, en pratique, la littérature scientifique (en tout cas les articles de journaux) sont quand même assez facilement disponible, et d'expérience, elle n'a jamais été aussi disponible. Il faut quand même réaliser qu'il arrivait avant les années 2000 de ne pas avoir accès du tout à un article sans devoir faire des centaines de km pour trouver une bibliothèque qui y était abonnée, donc la situation n'a jamais été meilleure.
Le régime des livres scientifiques est différent, puisqu'il s'agit de livres "traditionnels" qu'il faut acheter. C'est souvent cher (à cause des petits tirages), et l'accès électronique est rare. Mais du coup, ça n'est pas pire qu'avant, c'est juste pareil.