• [^] # Re: Mais aller au pénal pour des messages politiques ?

    Posté par . En réponse au journal Mais qui a éteint les Lumières ?. Évalué à 10.

    Tu as tout à fait raison de souligner que le principal outil du dirigeant, c'est le consentement du dirigé. C'est pas tout à fait nouveau, c'est dans le Discours de la servitude volontaire d'Étienne de la Boétie, pas tout à fait un extrémiste de droite.

    La question est : comment obtenir ce consentement ? Déjà, en partant du principe qu'on n'est pas en Afrique : la majorité des policiers cherrche à bien faire son travail et est attachée à la souveraineté populaire, incarnée par l'élu, et en cascade par le Ministre. L'autorité, c'est comme la liberté de la presse : ça s'use lorsqu'on ne s'en sert pas (et ça vaut à tous les échelons : le parent qui a laissé des années la bride sur le cou de son enfant va sérieusement galérer à l'adolescence).

    Donc on peut mettre en place une stratégie double : des petits pas, et du diviser pour régner. Avec des messages du type "je constate une perte de confiance de la population dans l'action de la police, liée à certains abus, indiscutables, mais qui rejaillissent sur les 90% de policiers consciencieux et respectueux des droits".

    • Ça se base sur le peuple, source reconnue de l'autorité
    • À part une petite minorité de très pourris qui se sentiront ciblés, la grosse majorité se dira que le problème, c'est les autres... Mais fera plus attention
    • Tu pourrais très bien avoir un bon nombre de semi-pourris qui rentreront dans le rang
    • Tu en profites pour nommer des préfets capables de faire passer des consignes de respect des droits de base, et renouveler progressivement la hiérarchie.
    • Et surtout, tu évites des phrases comme "soutien inconditionnel aux forces de l'ordre". Les mots ont un sens, et rien, en politique, n'est jamais dépourvu de conditions.

    Et dans un second temps, après avoir laissé les choses s'améliorer et les esprits se préparer, tu passes des instructions précises de fermeté auprès de l'IGPN/IGGN, instructions dont tu contrôles personnellement l'exécution (l'IGPN, c'est pas bien gros).

    C'est une stratégie dans la durée. Elle nécessite un ministre volontaire et qui reste suffisamment longtemps en poste. Pour le moment, la volonté a manqué, Darmanin comme Retailleau étant persuadés que les violences policières sont une feature et non un bug. Il n'est cependant pas interdit de garder espoir.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.