Pour avoir suivi la scène JdS moderne française depuis cette glorieuse époque, le JdS en France ne s'est pas développé grâce à Tric Trac et Monsieur Phal, mais sous l'œeil de Tric Trac, malgré Monsieur Phal.
Monsieur Phal, personnellement, je ne pouvais plus le voir en peinture, et je sais que je n'étais pas le seul : le vendeur de jeux d'à côté de chez moi, un type hyper gentil et toujours de bon conseil, m'a un jour dit qu'il "lui sort[ait] par les yeux".
Entre ses jugements à l'emporte-pièces, ses interventions avec un ton toujours péremptoires sur les forums de Tric Trac, ses remarques déplacées sur "l'anonymat qui permet tout"1 dès qu'un forumeur avait le malheur de critiquer un jeu qu'il avait apprécié... Non, si Tric Trac s'est cassé la gueule, c'est aussi pour de bonnes raisons. La comparaison avec DLFP ne tient pas la route : quand la modération de DLFP modère, elle le fait sur des arguments solides et veille à ne jamais t'insulter, elle.
Alors, bien sûr, on a le droit d'être insupportable, quand on est un technicien hors pair. Linus Torvalds n'a jamais été réputé pour sa gentillesse. Mais Monsieur Phal n'était pas technicien, il était critique de jeux. Son boulot, c'était de communiquer ses émotions.
Quant à Fred Henry, fallait-il faire un documentaire sur lui ? Bon, le nom ne me disait rien, j'ai été voir sur Board Game Geek. 21 itérations différentes de Timeline/Cardline, un petit jeu de fin de soirée potable sans casser trois pattes à un canard<, dont on a vite fait le tour, Les bâtisseurs, qui dort au fond de ma ludothèque depuis 10 ans pour une bonne raison (il est passable sans plus) et... Conan.
Ah, Conan. Un jeu qui a eu le malheur de sortir quasiment en même temps, et selon les mêmes modalités (Kickstarter) que Scythe. Sauf que bon. Le kickstarter de Scythe a été géré de main de maître par un type qui était à l'époque un amateur (Jamey Stegmaier). 10 ans après, Scythe reste un classique et Jamey Stegmaier est devenu un pilier de l'édition. Le Kickstarter de Conan s'est enlisé, et une extension, qui était prévue, a même été annulée au vu des critiques catastrophiques une fois le jeu arrivé en boutiques. L'archétype du jeu joli, très visuel, mais en termes de gameplay, il n'y avait rien. Le jeu était déséquilibré, ça se voyait en deux parties, il n'aurait jamais dû sortir en l'état. C'est par la suite devenu un piège classique des jeux financés via Kickstarter, et ça a appris à beaucoup de joueurs à aller voir au-delà des seuls visuels. Un jeu n'est pas qu'une œuvre d'art, c'est avant tout des mécaniques.
Pourtant, des Français qui ont eu un impact déterminant sur le jeu de société français voire mondial, il y en a à la pelle. On aurait pu parler d'Antoine Bauza, de Philippe des Pallières, de Bruno Cathala, Bruno Faidutti, Régis Bonnessée, Monsieur Croc, et tant d'autres encore.
Donc bon. Un critique qui s'est flingué tout seul par son attitude fait un reportage sur un auteur dont la ludographie ferait rougir la moitié des auteurs français, mais de honte. J'irai peut-être jeter un coup d'œil, pour le principe. Pas sûr que ça vaille plus.
Alors qu'il était propriétaire du site, et avait donc à ce titre accès à toutes les infos personnelles du profil du type ainsi qu'à son IP, juste pour le contexte. ↩
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.
# Mouais
Posté par Liorel . En réponse au journal Charge mentale et réseaux sociaux: un docu sur le jeu ou sur la sale ambiance des forums. Évalué à 10.
Pour avoir suivi la scène JdS moderne française depuis cette glorieuse époque, le JdS en France ne s'est pas développé grâce à Tric Trac et Monsieur Phal, mais sous l'œeil de Tric Trac, malgré Monsieur Phal.
Monsieur Phal, personnellement, je ne pouvais plus le voir en peinture, et je sais que je n'étais pas le seul : le vendeur de jeux d'à côté de chez moi, un type hyper gentil et toujours de bon conseil, m'a un jour dit qu'il "lui sort[ait] par les yeux".
Entre ses jugements à l'emporte-pièces, ses interventions avec un ton toujours péremptoires sur les forums de Tric Trac, ses remarques déplacées sur "l'anonymat qui permet tout"1 dès qu'un forumeur avait le malheur de critiquer un jeu qu'il avait apprécié... Non, si Tric Trac s'est cassé la gueule, c'est aussi pour de bonnes raisons. La comparaison avec DLFP ne tient pas la route : quand la modération de DLFP modère, elle le fait sur des arguments solides et veille à ne jamais t'insulter, elle.
Alors, bien sûr, on a le droit d'être insupportable, quand on est un technicien hors pair. Linus Torvalds n'a jamais été réputé pour sa gentillesse. Mais Monsieur Phal n'était pas technicien, il était critique de jeux. Son boulot, c'était de communiquer ses émotions.
Quant à Fred Henry, fallait-il faire un documentaire sur lui ? Bon, le nom ne me disait rien, j'ai été voir sur Board Game Geek. 21 itérations différentes de Timeline/Cardline, un petit jeu de fin de soirée potable sans casser trois pattes à un canard<, dont on a vite fait le tour, Les bâtisseurs, qui dort au fond de ma ludothèque depuis 10 ans pour une bonne raison (il est passable sans plus) et... Conan.
Ah, Conan. Un jeu qui a eu le malheur de sortir quasiment en même temps, et selon les mêmes modalités (Kickstarter) que Scythe. Sauf que bon. Le kickstarter de Scythe a été géré de main de maître par un type qui était à l'époque un amateur (Jamey Stegmaier). 10 ans après, Scythe reste un classique et Jamey Stegmaier est devenu un pilier de l'édition. Le Kickstarter de Conan s'est enlisé, et une extension, qui était prévue, a même été annulée au vu des critiques catastrophiques une fois le jeu arrivé en boutiques. L'archétype du jeu joli, très visuel, mais en termes de gameplay, il n'y avait rien. Le jeu était déséquilibré, ça se voyait en deux parties, il n'aurait jamais dû sortir en l'état. C'est par la suite devenu un piège classique des jeux financés via Kickstarter, et ça a appris à beaucoup de joueurs à aller voir au-delà des seuls visuels. Un jeu n'est pas qu'une œuvre d'art, c'est avant tout des mécaniques.
Pourtant, des Français qui ont eu un impact déterminant sur le jeu de société français voire mondial, il y en a à la pelle. On aurait pu parler d'Antoine Bauza, de Philippe des Pallières, de Bruno Cathala, Bruno Faidutti, Régis Bonnessée, Monsieur Croc, et tant d'autres encore.
Donc bon. Un critique qui s'est flingué tout seul par son attitude fait un reportage sur un auteur dont la ludographie ferait rougir la moitié des auteurs français, mais de honte. J'irai peut-être jeter un coup d'œil, pour le principe. Pas sûr que ça vaille plus.
Alors qu'il était propriétaire du site, et avait donc à ce titre accès à toutes les infos personnelles du profil du type ainsi qu'à son IP, juste pour le contexte. ↩
Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.