• [^] # Re: gimp

    Posté par . En réponse au lien Free software scares normal people. Évalué à 4.

    Je note aussi que c'est du macOS seulement (pas de Linux!)

    Le code de l'application est écrit en Swift, donc forcément, ça rend le truc moins portable.

    Effectivement, ce n'est libre, mais je crois qu'on s'en fout un peu. Je pense que ce logiciel est surtout là pour illustrer son propos : certains logiciels sont trop compliqués (libre ou pas libre d'ailleurs, le phénomène est sans doute plus visible sur les logiciels libres mais ne lui est pas exclusif) pour une partie de leur cible potentielle.

    Comme exemple, j'ai bien prendre la calculatrice. Presque toutes les calculatrices fournies par défaut (Windows/Mac/KDE/Gnome/...) supportent systématiquement deux modes : "normal" et "scientifique". Ca découle de la même démarche : l'utilisateur lambda peut faire ce qu'il veut sans être noyé dans les fonctions/menus, et pour aller plus loin, on active les fonctions avancées. Dans la même application, c'est vraiment pratique.

    C'est pas du tout déconnant comme approche - et pour l'utilisateur lambda, c'est même effectivement hyper pertinent. Le problème, c'est que autant c'est facile et pas trop cher sur une application simple, autant sur une application complexe et riche (i.e. tout logiciel avancé/semi-pro de retouche photo ou de montage vidéo, de modélisation 3D, de développement logiciel, ...), c'est beaucoup plus compliqué et coûteux.

    Il est alors beaucoup plus efficace de se faire un gros travail sur l'ergonomie, les assistances automatiques, l'utilisabilité en général. Si on prend le travail réalisé par Microsoft sur sa suite Office au fil des années, on voit bien l'évolution :

    1. je sors un logiciel qui a la plupart des fonctions, mais est vraiment compliqué (Word for Windows 1.0 jusqu'à la version 3.0). Au début, j'essaye de compenser cette complexité par de l'aide accessible facilement, des tutoriels, de la doc papier, ...

    2. je rends certaines fonctionnalités plus naturelles. Par exemple, les barres d'outils qui peuvent être configurées par glisser/lâcher. Je crée des menus contextuels avec le click droit de la souris pour que tout soit accessible plus rapidement, et plus focalisé sur la tâche en cours.

    3. j'automatise certaines actions en m'appuyant sur les habitudes des utilisateurs - ici on pourrait parler d'intellisense qui a dû arriver vers Word 4.0, prérempli pour corriger plein de typos, faciliter des insertions en replaçant (c) par le glyphe qui va bien, etc... A l'époque, Microsoft avait un laboratoire où ils surveillaient des "cobayes" pour chopper des idées d'amélioration.

    4. je modifie radicalement mon interface pour passer aux onglets, qui rendent les fonctions de base/les plus courante plus accessibles plus rapidement.

    5. je rajoute de l'IA avec des fonctions IA qui font de l'IA et IA en IA car IA c'est IA de IA (tout lien avec le sketch sur le spam des Monty Pythons est évidemment fortuit)

    Tout n'est pas rose : les onglets ont rendu l'accès à certaines fonctions avancées plus périlleux ; en réduisant le nombre d'onglet par rapport aux nombres de menus, il a fallu regrouper des choses qui n'avaient pas tant de proximité que ça, et donc il faut se creuser la tête (ou explorer) pour retrouver "où ça peut bien être". Le choix de la langue de correction dans "Révision", je ne m'y suis jamais fait. Et la vague IA fait déjà pleurer.

    Mais c'est la vie de toute designer UX ; une vie passée à choisir des compromis. "choisir c'est renoncer", et c'est très visible quand on parle de UI ou de UX.