ces "vieux" ont plutôt tendance à se poser la question du "pourquoi" avant celle du "comment".
Tu as en fait deux usages majeurs : 1) faire ce qui n'était pas possible avant, 2) remplacer un humain par une machine. Comme la plupart des progrès technologiques, en fait.
Quelle est la différence entre l'IA et un péage automatique ou une calculatrice? C'est juste l'échelle. Les péages automatiques n'ont pas bouleversé la société, des gens ont perdu leur emploi, il s'agissait d'emplois peu qualifiés avec très peu de valeur ajoutée, et la qualité de service n'a pas réellement baissé (ou seulement ponctuellement quand tu as un problème spécifique qui ne peut pas être traité par la machine, peut-être). On fait toute une histoire surtout parce que les catégories socio-professionnelles menacées ne l'ont pas senti venir et se croyaient à l'abri.
Après, le coup de "façonner un avenir commun", il faut croire en l'existence de projets de société, ce qui ne m'a jamais convaincu. L'ordinateur, Internet, les voitures, les avions, tout ça n'est pas issu d'une reflexion collective sur le monde qu'on veut construire (même si les politiques font toujours semblant de se raccrocher aux wagons a posteriori pour faire croire qu'ils ont un quelconque pouvoir). Éventuellement, le projet de société, c'est le progrès technologique : on investit dans la recherche et dans la croissance économique, essentiellement parce que notre mode de vie est shooté aux gains de productivité et à l'augmentation du pouvoir d'achat. Mais la forme que prennent ces gains de productivité et cette croissance économique, c'est essentiellement hors de contrôle, notamment parce qu'on ne peut pas "désinventer" une technologie (on peut la rendre illégale et ne pas l'encourager, mais on en voit vite les limites, par exemple avec la pharmacie "récréative").
C'est sûr qu'avec la singularité technologique (les machines qui créent des machines) qui n'a jamais été aussi proche, on va vers un inconnu total, avec une forte chance qu'on n'en sorte pas débarrassés de la misère, de la guerre, ou de l'autoritarisme. Mais appréhender ce futur qui ne fait pas tellement envie ne va pas l'empêcher d'advenir, bien au contraire.
[^] # Re: gimp
Posté par arnaudus . En réponse au lien Free software scares normal people. Évalué à 3.
Tu as en fait deux usages majeurs : 1) faire ce qui n'était pas possible avant, 2) remplacer un humain par une machine. Comme la plupart des progrès technologiques, en fait.
Quelle est la différence entre l'IA et un péage automatique ou une calculatrice? C'est juste l'échelle. Les péages automatiques n'ont pas bouleversé la société, des gens ont perdu leur emploi, il s'agissait d'emplois peu qualifiés avec très peu de valeur ajoutée, et la qualité de service n'a pas réellement baissé (ou seulement ponctuellement quand tu as un problème spécifique qui ne peut pas être traité par la machine, peut-être). On fait toute une histoire surtout parce que les catégories socio-professionnelles menacées ne l'ont pas senti venir et se croyaient à l'abri.
Après, le coup de "façonner un avenir commun", il faut croire en l'existence de projets de société, ce qui ne m'a jamais convaincu. L'ordinateur, Internet, les voitures, les avions, tout ça n'est pas issu d'une reflexion collective sur le monde qu'on veut construire (même si les politiques font toujours semblant de se raccrocher aux wagons a posteriori pour faire croire qu'ils ont un quelconque pouvoir). Éventuellement, le projet de société, c'est le progrès technologique : on investit dans la recherche et dans la croissance économique, essentiellement parce que notre mode de vie est shooté aux gains de productivité et à l'augmentation du pouvoir d'achat. Mais la forme que prennent ces gains de productivité et cette croissance économique, c'est essentiellement hors de contrôle, notamment parce qu'on ne peut pas "désinventer" une technologie (on peut la rendre illégale et ne pas l'encourager, mais on en voit vite les limites, par exemple avec la pharmacie "récréative").
C'est sûr qu'avec la singularité technologique (les machines qui créent des machines) qui n'a jamais été aussi proche, on va vers un inconnu total, avec une forte chance qu'on n'en sorte pas débarrassés de la misère, de la guerre, ou de l'autoritarisme. Mais appréhender ce futur qui ne fait pas tellement envie ne va pas l'empêcher d'advenir, bien au contraire.