• [^] # Re: Pénurie ?

    Posté par . En réponse au journal Des robots Terminator dans les usines chinoises.... Évalué à 6.

    Les deux augmentent.

    PA en France: https://ses.ens-lyon.fr/images/eco-fr-2023-pouvoir-acgat-graph1.jpg

    Tu compares une situation historique sur le temps long avec une hypothèse que je fais qu'à un moment tout va saturer. Et je pense qu'on vient tout doucement à cette situation, pas qu'on la vit depuis 1 siècle.

    Tu peux penser que moralement, il faudrait que la répartition soit plus égalitaire entre les deux, mais un "vrai" libéral te dira qu'il s'en fout de la répartition (tu veux que ton ton PA augmente, tu te fous du PA des autres). Si tout le monde s'appauvrit, les inégalités reculent, mais ça ne satisfait personne.

    La tendance récente, où la croissance ralentit mais on reste dans un régime libéral, ou plutôt néo-libéral, c'est que la répartition se fait surtout sur des ultra-riches et très peu en bas.

    Un vrai libéral souhaite-t-il arriver à une situation où une poignée de milliardaire possède 99.9% de la fortune d'un pays et distribue les ressources aux différentes banques d'aide suivant son bon vouloir et la loyauté affichée de chaque citoyen? On vient d'en vivre le premier épisode avec le sauvetage des restos du cœur par les Arnault, qui, alors qu'ils alertent sur l'accroissement des inégalités depuis des années, ont dû ravaler leur fierté et remercier chaleureusement leurs généreux bienfaiteurs.

    Ou les vrais libéraux sont-ils assez naïfs pour penser que eux sont assez loin au-dessus de la pauvreté pour ne pas se retrouver chez les demandeurs de cette aide?

    La pub a bon dos quand la réalité contredit tes espérances théoriques. Dans une société de consommation, les besoins sont virtuellement illimités, peut-être pas en quantité, mais en qualité. Le pouvoir d'achat ça va largement au-delà d'acheter des merdouilles sur Amazon.

    Alors non, les besoins illimités ne vont qu'avec une publicité tout aussi illimitée.

    Manger bio, c'est du pouvoir d'achat, faire réparer un appareil, c'est du pouvoir d'achat, consommer des services publics de qualité, c'est du pouvoir d'achat, etc.

    Sauf qu'une fois qu'on mange bien, il n'y a pas vraiment de besoin de faire plus, mieux, plus cher: c'est une envie, pas un besoin. Il faut créer cette envie.

    Une fois que tous les appareils sont réparés, il n'y a pas de besoin de dépenser plus sur le poste. Il restera l'envie d'un meilleur appareil, qu'il faut créer.

    Donc non, sans pub, il n'y a pas de besoin illimité.

    Et les services publics ne relèvent pas du pouvoir d'achat mais de la dépense publique.

    Tu as deux manières de mesurer la pauvreté : soit de manière relative (typiquement, <60% du revenu médian), qui est équivalent à mesurer les inégalités, soit de manière absolue (nombre de baguettes de pain que tu peux acheter, etc). Et évidemment, les conclusions sont opposées (https://www.melchior.fr/sites/melchior/files/actualite/brief%20eco/TAUX%20PAUVRETE.png). La pauvreté relative augmente (car les inégalités se creusent), mais la pauvreté absolue diminue de manière assez régulière. C'est d'ailleurs assez évident, tu compares le niveau de vie en France dans les années 1950 et celui d'aujourd'hui, tu es passé d'une situation de quasi-survie alimentaire à une situation où la possession d'un téléphone mobile est compatible avec l'extrême pauvreté.

    Tu me pardonneras d'être terre-à-terre et de penser que si on a vieux cellulaire et qu'on n'arrive pas à manger, on est plus pauvre qu'un ancêtre qui mangeait bien sans avoir jamais eu de cellulaire. (D'ailleurs je ne pense pas qu'on n'ait jamais réussi à démontrer que les ordiphones aient rendu les gens plus heureux).

    https://fr.statista.com/infographie/30769/restos-du-coeur-nombre-repas/

    Notons que la baisse à la fin, c'est parce que les Restos du Cœur n'arrivent plus à distribuer assez de repas, et refusent des demandes. Je ne pense pas qu'une quantité infinie de merdouilles Amazon puisse remplacer le besoin fondamental de manger.

    Il faut définir "tous" et "opulence", mais par rapport à il y a un siècle, on a "tous" des toilettes, l'eau chaude, l'électricité, des téléphones, un accès à des moyens de transports, un accès à l'éducation, à des livres, à la télévision, à des objets électroniques, à des soins médicaux. Plus de 80% des français ont déja pris l'avion au moins une fois, tout le monde a déja lu un livre, mangé des fruits exotiques, mis du parfum, toutes ces choses qui sont du ressort de l'extrême luxe. Donc oui, raisonnablement, on vit "tous" dans l'"opulence". C'est juste que nos standards ont changé et qu'on n'a pas l'impression de vivre dans l'opulence.

    Comme je l'écrivais plus haut: tout ça semble bien dérisoire quand on est en train de crever de faim.

    Le fait est que le chômage augmente en période de récession et diminue en période de croissance, et que la croissance est (en partie) dûe aux gains de productivité. Comme les récessions sont dues à tout un tas de trucs (causes externes, guerres, spéculation boursière, dette, chocs pétroliers...) mais qu'aucun de ces trucs n'est dû à des gains de productivité, je ne vois pas comment tu peux prétendre que les gains de productivité entrainent du chômage. J'ai bien compris que ton modèle (gains de productivité -> licenciements -> chômage) le prédit, et ton modèle, a priori, ne semble pas absurde. Mais ton modèle fait des prédictions qui sont fausses, donc ce que tu en conclues ne peut pas être vrai.

    Mon hypothèse, ce n'est pas que les gains en productivité ont historiquement créé du chômage, mon hypothèse c'est qu'à un moment on va arriver à une saturation du marché, on a déjà entrevu ce problème chez Apple: "comment vendre plus d'appareils une fois que le monde entier est équipé??".

    On l'a vu sur le journal sur la 5G: les forfaits premiums ne sont pas adoptés comme l'espéraient les opérateurs: il n'y a plus de marge de manœurve sur les budgets pour des forfaits premiums. On a déjà une tétrachiadée de merdouilles dans nos foyers.

    Si les robots sont utilisés pour augmenter les marges et pas pour produire plus à moins cher, que vont produire ces ouvriers qui pourra être vendu? (et pour pousser le bouchon: quel produit indipensable bien qu'on n'en ait jamais eu besoin jusqu'à maintenant, sinon il faut bien marteler de pubs pour convaincre les consommateurs de l'adopter).