Parfois on a des commentaires qui sont très laconique et ou on sent qu'il y a un récit derrière, mais les commentateurs semblent ne jamais réellement expliciter les sous-entendus (à croire que ça devrait être évident pour tous). Et la conception du progrès sous-jacente.
OK je peux essayer de mon côté.
L'informatique est un truc incroyable. Les ordinateurs dépassent déjà les capacités des humains dans plein de domaines. Ils font des calculs super rapidement et de façon fiable. Ils permettent d'automatiser tout un tas de choses et de remplacer des métiers pénibles et sans intérêt.
L'informatique personnelle, en particulier, est intéressante. Elle met cet outil dans les mains de tout le monde, et à chacun de décider ce qu'il en fait. Cela remonte par exemple au travail de Douglas Engelbart avec une réflexion sur l'humain augmenté par l'informatique. Comment créer un système qui exploite au mieux les capacités de l'humain (analyse de haut niveau, connexion de différents concepts, etc) et de l'ordinateur (manipulation de grande quantité de données, calculs très rapides, ...), pour que les deux travaillent en tandem et soient le plus efficaces possible.
Sur cette base, on a deux façons de voir les choses pour la suite. Soit l'humain a le contrôle et la machine exécute. C'est l'utilisation classique d'un ordinateur. On le programme (de tout un tas de façons) et il fait ce qu'on lui demande. Steve Jobs utilisait l'image de "un vélo pour l'esprit". Un vélo, c'est un truc relativement simple à prendre en main, et qui permet d'aller 10 fois plus vite qu'à pied, à faible coût. Un ordinateur, ça pourrait être l'équivalent de ça.
Mais il y a une autre façon de voir les choses qui apparaît de plus en plus. Maintenant, c'est l'ordinateur qui a le contrôle. ça a commencé par des contraintes dans les administration comme refuser la lettre Ñ dans les prénoms parce qu'on ne savait pas l'encoder. Ce sont les chauffeurs Uber (et livreurs de repas, etc) qui reçoivent des courses à faire directement sur leur terminal sans pouvoir intervenir. Ce sont les algorithmes des réseaux sociaux qui décident ce que les gens voient ou pas.
De quel côté se place l'intelligence artificielle? Si la vision est celle d'une AGI qui va prendre le contrôle du monde, régler le problème du changement climatique, soigner le cancer, etc, on est clairement du deuxième côté. Quand on voit les ressources allouées (en consommation électrique, consommation d'eau, émissions de CO2) qui nous font encore perdre du temps dans la tentative de limiter les effets du changement climatique, on arrive carrément dans un "rien à faire des humains, c'est pas grave". Et on a aussi les travailleurs du clic sous-payés qui participent à l'entraînement de ces IA en catégorisant les données ou en vérifiant ce qui est généré, dont on parle très peu. Eux aussi ils sont clairement du mauvais côté: devant un ordinateur qui leur propose toute la journée des textes à vérifier, avec une pression pour donner des réponses toujours plus rapidement et donc de moins en moins fiables.
D'un autre côté, l'IA pourrait permettre de rendre plus facile l'utilisation d'un ordinateur sans apprentissage. Comme les roulettes sur un vélo. Mais là ça ressemble plutôt à un gros SUV avec un pilote automatique qui marche seulement 90% du temps. Et ce n'est pas du tout la même chose en termes d'infrastructures, au point peut-être de rendre les choses invivables, ou même dangereuses, pour les cyclistes. Et pour les autres aussi, en fait, ils ne sont pas invincibles lors d'un accident, et ils vont avoir moins d'activité (physique dans le cas de la voiture, mentale dans le cas de l'IA) ce qui n'est pas bon pour la santé.
Il y a sûrement d'autres façons de développer les choses, par exemple, quel serait l'équivalent IA d'un réseau de transports en commun dense et avec une bonne desserte, qui transporterait autant de monde pour moins cher? Est-ce qu'il existe des vélos à assistance électrique?
# Ceci est-il un journal sur le cyclisme?
Posté par pulkomandy (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal [HS] Récits du progrès. Agriculture bio, conventionnelle, récit du progrès et politique. Évalué à 8.
OK je peux essayer de mon côté.
L'informatique est un truc incroyable. Les ordinateurs dépassent déjà les capacités des humains dans plein de domaines. Ils font des calculs super rapidement et de façon fiable. Ils permettent d'automatiser tout un tas de choses et de remplacer des métiers pénibles et sans intérêt.
L'informatique personnelle, en particulier, est intéressante. Elle met cet outil dans les mains de tout le monde, et à chacun de décider ce qu'il en fait. Cela remonte par exemple au travail de Douglas Engelbart avec une réflexion sur l'humain augmenté par l'informatique. Comment créer un système qui exploite au mieux les capacités de l'humain (analyse de haut niveau, connexion de différents concepts, etc) et de l'ordinateur (manipulation de grande quantité de données, calculs très rapides, ...), pour que les deux travaillent en tandem et soient le plus efficaces possible.
Sur cette base, on a deux façons de voir les choses pour la suite. Soit l'humain a le contrôle et la machine exécute. C'est l'utilisation classique d'un ordinateur. On le programme (de tout un tas de façons) et il fait ce qu'on lui demande. Steve Jobs utilisait l'image de "un vélo pour l'esprit". Un vélo, c'est un truc relativement simple à prendre en main, et qui permet d'aller 10 fois plus vite qu'à pied, à faible coût. Un ordinateur, ça pourrait être l'équivalent de ça.
Mais il y a une autre façon de voir les choses qui apparaît de plus en plus. Maintenant, c'est l'ordinateur qui a le contrôle. ça a commencé par des contraintes dans les administration comme refuser la lettre Ñ dans les prénoms parce qu'on ne savait pas l'encoder. Ce sont les chauffeurs Uber (et livreurs de repas, etc) qui reçoivent des courses à faire directement sur leur terminal sans pouvoir intervenir. Ce sont les algorithmes des réseaux sociaux qui décident ce que les gens voient ou pas.
De quel côté se place l'intelligence artificielle? Si la vision est celle d'une AGI qui va prendre le contrôle du monde, régler le problème du changement climatique, soigner le cancer, etc, on est clairement du deuxième côté. Quand on voit les ressources allouées (en consommation électrique, consommation d'eau, émissions de CO2) qui nous font encore perdre du temps dans la tentative de limiter les effets du changement climatique, on arrive carrément dans un "rien à faire des humains, c'est pas grave". Et on a aussi les travailleurs du clic sous-payés qui participent à l'entraînement de ces IA en catégorisant les données ou en vérifiant ce qui est généré, dont on parle très peu. Eux aussi ils sont clairement du mauvais côté: devant un ordinateur qui leur propose toute la journée des textes à vérifier, avec une pression pour donner des réponses toujours plus rapidement et donc de moins en moins fiables.
D'un autre côté, l'IA pourrait permettre de rendre plus facile l'utilisation d'un ordinateur sans apprentissage. Comme les roulettes sur un vélo. Mais là ça ressemble plutôt à un gros SUV avec un pilote automatique qui marche seulement 90% du temps. Et ce n'est pas du tout la même chose en termes d'infrastructures, au point peut-être de rendre les choses invivables, ou même dangereuses, pour les cyclistes. Et pour les autres aussi, en fait, ils ne sont pas invincibles lors d'un accident, et ils vont avoir moins d'activité (physique dans le cas de la voiture, mentale dans le cas de l'IA) ce qui n'est pas bon pour la santé.
Il y a sûrement d'autres façons de développer les choses, par exemple, quel serait l'équivalent IA d'un réseau de transports en commun dense et avec une bonne desserte, qui transporterait autant de monde pour moins cher? Est-ce qu'il existe des vélos à assistance électrique?