• [^] # Re: Eaux stagnantes

    Posté par . En réponse au journal Ce que j'ai fait pendant vos vacances. Évalué à 10.

    Le sud a plusieurs éléments en sa défaveur, ou en faveur du moustique-tigre.

    Déjà, la première importation d'Aedes albopictus en métropole, c'était à Marseille. Donc il y est implanté depuis plus longtemps.

    Ensuite, dans le sud, il fait chaud. Ça semble une évidence, mais ça a plusieurs conséquences :

    • Le cycle de vie est accéléré, donc on atteint plus vite une densité vectorielle importante ;
    • Le sud attire tout un paquet de résidences secondaires, or une résidence secondaire, c'est par définition des gîtes larvaires non contrôlés.
    • Les habitants sortent plus, se découvrent plus et se font donc plus piquer.

    Après, je ne pense pas qu'il faille voir les gens comme coupables de se faire piquer. Les conceptions erronées sont fréquentes, personne ne peut prétendre savoir exactement comment lutter contre le moustique-tigre à part les spécialistes, beaucoup de gens voient les moustiques comme une fatalité non pas par flemme de les gérer, mais parce qu'ils sont authentiquement incompétents sur le sujet. Les messages des pouvoirs publics, qui comprennent généralement uniquement des consignes sans les bases théoriques sous-jacentes, sont oubliés aussi vite qu'ils sont entendus, non pas par négligence, mais parce qu'une consigne non justifiée est une consigne non comprise, donc vite oubliée et mal appliquée.

    Au-delà de l'opposition nord-sud, ce qui est vraiment déterminant, c'est la présence de zones pavillonnaires de type péri-urbain. Les gros clusters sont à Antibes, Bergerac, Vitrolles, Fréjus, Eybens. Pas à Nice, Marseille, Grenoble, Montpellier, Bordeaux. Ces grosses villes sont aussi plus bétonnées, avec moins de lieux de repos pour les moustiques. À l'inverse, les zones très rurales sont de même peu colonisées par le MT, tout simplement parce qu'elles manquent d'humains.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.