• [^] # Re: Respecter les autres, ce serait gentil

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le libre et le mouvement du 10 septembre. Évalué à 5.

    Lorsque une personne ne se dit ni de droite ni de gauche, ou des deux, c'est qu'elle est de droite, et vos écrits ne font qu'aller dans ce sens.

    Et qu'en un régime politique devient autoritaires, c'est qu'il est de droite, même s'il a l'air de gauche. C'est facile en fait, ce qui est bien, c'est de gauche, ce qui est mal c'est de droite.

    Sinon, je suis toujours surpris par l'incapacité des pro-choix à comprendre – je n'ai pas dit adhérer, c'est autre chose – les arguments pro-vie : je considère le fœtus humain comme un organisme humain vivant, ce qui en fait un être humain ; que tous les êtres humains méritent le respect de leur vie ; que le droit de disposer de son corps, qui entre ici en conflit avec ce dernier, devrait passer en second. Par ailleurs, j'admets que nous pouvons nous tromper, qu'il est possible qu'un fœtus humain ne soit pas un être humain vivant, mais qu'en l'absence de certitude il serait prudent de recourir à ce qu'on appelle un principe de précaution (pour rappel, le principe de précaution, c'est quand on n'est pas certain qu'un pesticide est dangereux pour la santé, dans le doute on autorise son usage parce qu'il y a un risque économique pour les entreprises qui le fabriquent ;-) ).

    Notez que des conflits de droits, ça arrive tout le temps et que le rôle de la loi est de les organiser. Par exemple, si je veux tenir un discours de propagande terroriste, ma liberté d'expression de trouve limité par le respect de la vie des gens que j'appelle à massacrer, et la loi organise cela en réprimant ce genre de propos.

    De mon côté, je comprends sans difficulté la position pro-choix, qui est juste basée sur une ou plusieurs prémisces différentes concernant l'embryon ou le fœtus humain :

    • On peut penser que c'est quelque chose de non-humain, contrairement à un cheveu par exemple : c'est biologiquement assez absurde mais je peux le concevoir.
    • On peut penser que ce n'est pas un organisme en tant que tel, par exemple s'il s'agit d'un organe de la mère ou de quelque chose qui peut devenir un organisme par la suite.
    • On peut penser qu'il n'est pas vivant, ou plutôt pas encore vivant, d'autant que cela dépend de ce qu'on considère comme début de la vie d'un organisme.
    • On peut également penser que c'est bien un organisme humain vivant, mais que cela ne définit pas un être humain, qu'il manque un ou plusieurs critères pour cela.
    • On peut aussi penser qu'il s'agit bien d'un être humain mais que tous les êtres humains ne méritent pas le respect de leur vie : c'est carrément dangereux, mais ça se conçoit.
    • Enfin, on peut considérer qu'il s'agit d'un être humain digne du respect de sa vie, mais que ce dernier droit est secondaire lorsqu'il entre en conflit avec celui qu'une autre personne a de disposer de son corps.

    Bref, je comprends ces conceptions et je suis prêt à en comprendre d'autres puisque ce sujet n'a rien de simple, et je n'aurais pas idée d'accuser quelqu'un qui revendique une vision pro-choix d'avoir la volonté de permettre de massacrer des êtres humains. Alors pourquoi accuser presque systématiquement les pro-vie d'avoir pour objectif de restreindre sans raison une liberté considérée comme fondamentale ?

    Enfin bref, peu importe, je suis heureux d'être capable de comprendre mes adversaires et de voir en eux que chose que des personnes agissant par méchanceté.