• [^] # Re: Alors en fait

    Posté par . En réponse au journal Le libre et le mouvement du 10 septembre. Évalué à 4.

    Et du coup, les objets techniques, les choix techniques, s'inscrivent dans une société, et la modifie. Donc penser politiquement un objet technique, ou pire, un mouvement tel que le LL, c'est vraiment moins absurde que tu ne le penses.

    Oui. Pour ceux qui trouvent le "tout est politique" exagéré, peut-être que la question de la "place faite à l'objet dans une société" permet de mieux comprendre. Parce qu'on peut (naïvement à mon sens) arguer qu'utiliser sa voiture ou du logiciel libre n'a rien d'un usage politique. Par contre, il est beaucoup plus facile de se rendre compte que la place de la voiture et la place du logiciel libre dans nos sociétés sont des sujets politiques.

    Pour la voiture, il existe par exemple des débats permanents et récurrents dans la société comme au sein du gouvernement, pour en permettre ou en réguler l'utilisation. Qui n'a pas entendu débattre (ou débattu) sur le sujet ? Qui ignore le nombre incalculable de décisions politiques sur le sujet, à toutes les échelles ? Des radars aux limitations de vitesse, en passant par l'autoroute d'à côté qui fait du bruit, la rue du centre-ville qui n'est pas piétonne parce que les commerçants veulent pas, le danger de telle route à côté de telle école, etc.

    Pour le logiciel libre, ça peut paraître plus distant, mais la question même des licences est juridique, par exemple. Ces licences s'intègrent dans la législation, émanent en répondant à système politique existant, donc le modifient. De la même façon, le monde du logiciel en général a trait à la production (à la fois la production d'autres choses, mais aussi à sa propre production), les question de l'appartenance de ces productions et de ces moyens de production ne peuvent-être que politiques.