Ok camarade - dans ma bouche, ce terme n'est pas ironique, c'est un joli nom ;) )
Ça fait assez longtemps que je fréquente ce milieu du libre aussi, et cette fréquentation s'est fait en parallèle de ma politisation progressive, d'adolescent confus au début des années 2000 au fier communiste que je suis aujourd'hui.
Alors plutôt que de me vexer, sous prétexte de forme ou même du fond (réflexe intéressant à analyser, par ailleurs), ton journal me fait remonter des réflexions un peu en désordre, mais que j'ai depuis longtemps envie d'organiser. Peut-être que j'en ferai un journal à mon tour, un de ces jours.
Je vais essayer de jeter dans ce commentaire des idées qui me viennent un peu en vrac, que j'organiserai peut-être de façon plus structurée/sourcée plus tard.
Le milieu du libre est vraiment un milieu intéressant, culturellement, politiquement. Historiquement, il est très marqué par le milieu libertarien étatsunien, par exemple. Ça transparait de plein de façons, encore aujourd'hui.
Et autant nous, en France, on a l'anarchisme tirant vers la gauche, libertaire, autant c'est nettement moins le cas dans d'autres parties du monde, en particulier aux États-Unis. Eux partent bien plus facilement, vers le libertarianisme, beaucoup plus sur la droite, tant qu'on peut facilement le classer à mon avis parmi les multiples visages de l'extrême droite, je pense.
Autre chose : J'aime bien essayer de penser, en bon matérialiste, le placement dans la société, dans la production, des gens à qui on a à faire, pour comprendre les positionnements et les comportements. On a les positions de sa position ;)
Les informaticiens, tout en étant prolétaires, sont quand-même souvent dans des positions de collaboration assez proches du pouvoir de l'entreprise. Y'a qu'à voir l'omniprésence du vocabulaire managérial/Linkedin dans notre milieu... Moins dans le Libre, mais un peu quand-même.
Tout ça mène à une fausse conscience assez phénoménale. C'est pas pour rien que la syndicalisation est rare, les grèves encore plus, dans l'info...
Un dernier paragraphe pour une dernière idée :
L'objet du libre en lui-même est intéressant politiquement. Tu l'as identifié à gauche, et je suis assez d'accord avec toi. C'est fondamentalement une reprise en main par les travailleurs (développeurs et utilisateurs en général) de l'outil de production, par des moyens institutionnels (licences). Je ne vois pas comment ça pourrait être apolitique. Apartisan je veux bien, évidement, mais apolitique (est-ce que ça existe d'ailleurs, un objet apolitique?)...
Bref. Débat qui commence peut-être mal pour certains, mais qui a le mérite d'être stimulant ! ^
# Ok camarade
Posté par François Chaix (Mastodon) . En réponse au journal Le libre et le mouvement du 10 septembre. Évalué à 10.
Ok camarade - dans ma bouche, ce terme n'est pas ironique, c'est un joli nom ;) )
Ça fait assez longtemps que je fréquente ce milieu du libre aussi, et cette fréquentation s'est fait en parallèle de ma politisation progressive, d'adolescent confus au début des années 2000 au fier communiste que je suis aujourd'hui.
Alors plutôt que de me vexer, sous prétexte de forme ou même du fond (réflexe intéressant à analyser, par ailleurs), ton journal me fait remonter des réflexions un peu en désordre, mais que j'ai depuis longtemps envie d'organiser. Peut-être que j'en ferai un journal à mon tour, un de ces jours.
Je vais essayer de jeter dans ce commentaire des idées qui me viennent un peu en vrac, que j'organiserai peut-être de façon plus structurée/sourcée plus tard.
Le milieu du libre est vraiment un milieu intéressant, culturellement, politiquement. Historiquement, il est très marqué par le milieu libertarien étatsunien, par exemple. Ça transparait de plein de façons, encore aujourd'hui.
Et autant nous, en France, on a l'anarchisme tirant vers la gauche, libertaire, autant c'est nettement moins le cas dans d'autres parties du monde, en particulier aux États-Unis. Eux partent bien plus facilement, vers le libertarianisme, beaucoup plus sur la droite, tant qu'on peut facilement le classer à mon avis parmi les multiples visages de l'extrême droite, je pense.
Autre chose : J'aime bien essayer de penser, en bon matérialiste, le placement dans la société, dans la production, des gens à qui on a à faire, pour comprendre les positionnements et les comportements. On a les positions de sa position ;)
Les informaticiens, tout en étant prolétaires, sont quand-même souvent dans des positions de collaboration assez proches du pouvoir de l'entreprise. Y'a qu'à voir l'omniprésence du vocabulaire managérial/Linkedin dans notre milieu... Moins dans le Libre, mais un peu quand-même.
Tout ça mène à une fausse conscience assez phénoménale. C'est pas pour rien que la syndicalisation est rare, les grèves encore plus, dans l'info...
Un dernier paragraphe pour une dernière idée :
L'objet du libre en lui-même est intéressant politiquement. Tu l'as identifié à gauche, et je suis assez d'accord avec toi. C'est fondamentalement une reprise en main par les travailleurs (développeurs et utilisateurs en général) de l'outil de production, par des moyens institutionnels (licences). Je ne vois pas comment ça pourrait être apolitique. Apartisan je veux bien, évidement, mais apolitique (est-ce que ça existe d'ailleurs, un objet apolitique?)...
Bref. Débat qui commence peut-être mal pour certains, mais qui a le mérite d'être stimulant ! ^