Je doute qu'il s'agisse uniquement de ratages imputables aux prestataires.
Ça m'étonnerait qu'il y ait une cause unique, mais il semble impossible de sortir de tels logiciels si le cahier des charges était bien fait. Un des problèmes est que les règles à implémenter dans ce genre de logiciels sont souvent absurdes et incohérentes (parce que fonction publique). Par exemple, une validation par un n+1 alors que tout le monde n'a pas de n+1. Quand c'était géré à la main, un agent prenait l'habitude de forcer la validation quand la situation l'exigeait, sans que les grands pontes sachent que cette situation existait. Donc évidemment, quand la règle est implémentée sans cette connaissance, bah le système devient complètement grippé.
En fait, plus concrètement, les règles de gestion dans la fonction publique sont fixées par la loi et par ses décrets d'application. Dans n'importe quelle structure privée, quand on s'aperçoit que le logiciel n'arrive pas à gérer une situation, on va modifier légèrement les règles pour que ça passe. Mais c'est totalement impossible dans la fonction publique car une telle décision mettrait celui qui la prend sous la menace d'une sanction; si la règle dit que les facturettes papier doivent être collectées et stockées après avoir été scannées, les reçus électroniques vont devoir être imprimés, stockés, et les versions papier de ces reçus imprimés vont devoir être re-scannés pour rentrer dans le système. Tout le monde est conscient que c'est débile, mais personne n'a le pouvoir de changer.
Les prestataires ne sont pas payés pour vérifier la cohérence des règles. On leur file un cahier des charges absurdes, avec des gros trucs bloquants à chaque étape (genre validation du changement du jour de télétravail par le président de la République dont le cahier des charges fournit l'adresse email en dur), ils les implémentent, et après ça ne fonctionne pas, évidemment. Ils doivent bien se marrer (ou pleurer quand ils comprennent que c'est leurs impôts qui partent en fumée).
[^] # Re: souci systémique ?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Op@le, le logiciel comptable qui rend fou. Évalué à 9. Dernière modification le 15 septembre 2025 à 16:22.
Ça m'étonnerait qu'il y ait une cause unique, mais il semble impossible de sortir de tels logiciels si le cahier des charges était bien fait. Un des problèmes est que les règles à implémenter dans ce genre de logiciels sont souvent absurdes et incohérentes (parce que fonction publique). Par exemple, une validation par un n+1 alors que tout le monde n'a pas de n+1. Quand c'était géré à la main, un agent prenait l'habitude de forcer la validation quand la situation l'exigeait, sans que les grands pontes sachent que cette situation existait. Donc évidemment, quand la règle est implémentée sans cette connaissance, bah le système devient complètement grippé.
En fait, plus concrètement, les règles de gestion dans la fonction publique sont fixées par la loi et par ses décrets d'application. Dans n'importe quelle structure privée, quand on s'aperçoit que le logiciel n'arrive pas à gérer une situation, on va modifier légèrement les règles pour que ça passe. Mais c'est totalement impossible dans la fonction publique car une telle décision mettrait celui qui la prend sous la menace d'une sanction; si la règle dit que les facturettes papier doivent être collectées et stockées après avoir été scannées, les reçus électroniques vont devoir être imprimés, stockés, et les versions papier de ces reçus imprimés vont devoir être re-scannés pour rentrer dans le système. Tout le monde est conscient que c'est débile, mais personne n'a le pouvoir de changer.
Les prestataires ne sont pas payés pour vérifier la cohérence des règles. On leur file un cahier des charges absurdes, avec des gros trucs bloquants à chaque étape (genre validation du changement du jour de télétravail par le président de la République dont le cahier des charges fournit l'adresse email en dur), ils les implémentent, et après ça ne fonctionne pas, évidemment. Ils doivent bien se marrer (ou pleurer quand ils comprennent que c'est leurs impôts qui partent en fumée).