— La phrase « je crois pas on va aller au ciné » est intéressante. Elle est tout aussi compréhensible et claire que « je crois pas qu’on va aller au ciné » (ou : « je ne crois pas qu’on ira au cinéma »), tout en étant plus courte. Selon la principe d’économie de la langue, c’est la version la plus courte qui devrait s’imposer. Elle s’imposera peut-être un jour, mais elle ne fait pas pour le moment, sans doute pour des raisons moins linguistiques que sociales (de quelle partie de la société a émergé ce changement ? Comment est considérée cette partie de la société ? A-t-elle accès aux institutions qui légifèrent sur la langue, et qui tiennent à faire respecter le bon usage ?). Il serait peut-être instructif de comparer cette situation avec celle de l’anglais où la suppression du that semble beaucoup mieux acceptée socialement, et beaucoup plus ancienne (I think that we should go / I think we should go.).
— L’exemple de « sah » donne aussi à penser. Il ne s’agit que d’un emprunt à une autre langue, comme il en arrive souvent. D’autres emprunts sont sans doute beaucoup plus valorisés : imbroglio, pianissimo, da capo, ont le raffinement de l’italien ; brunch et coworking ont pour eux un côté branché américain ; a posteriori et sine qua non ont l’air sérieux de vieux savants parlant latin. Sah semble gêner beaucoup plus. Certes le mot est un emprunt plus récent, et avec le temps il perdra peut-être son aspect bizarre. Mais, en toute sincérité, je crois que c’est surtout parce que c’est un mot arabe que ce mot gène autant. J’invite ceux qui ressentent cette gêne à se demander sincèrement ce que représente pour eux cette langue et ceux qui la parlent ou l’ont parlée. D’ailleurs, à quoi sert-il d’ajouter « les frères » dans l’exemple, si ce n’est pour signaler que les locuteurs sont musulmans ?
[^] # Re: Intérêt du débat ?
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au lien Fil Mastodon : comment la réforme de l’orthographe de 1990 a été massacrée . Évalué à 8.
— La phrase « je crois pas on va aller au ciné » est intéressante. Elle est tout aussi compréhensible et claire que « je crois pas qu’on va aller au ciné » (ou : « je ne crois pas qu’on ira au cinéma »), tout en étant plus courte. Selon la principe d’économie de la langue, c’est la version la plus courte qui devrait s’imposer. Elle s’imposera peut-être un jour, mais elle ne fait pas pour le moment, sans doute pour des raisons moins linguistiques que sociales (de quelle partie de la société a émergé ce changement ? Comment est considérée cette partie de la société ? A-t-elle accès aux institutions qui légifèrent sur la langue, et qui tiennent à faire respecter le bon usage ?). Il serait peut-être instructif de comparer cette situation avec celle de l’anglais où la suppression du that semble beaucoup mieux acceptée socialement, et beaucoup plus ancienne (I think that we should go / I think we should go.).
— L’exemple de « sah » donne aussi à penser. Il ne s’agit que d’un emprunt à une autre langue, comme il en arrive souvent. D’autres emprunts sont sans doute beaucoup plus valorisés : imbroglio, pianissimo, da capo, ont le raffinement de l’italien ; brunch et coworking ont pour eux un côté branché américain ; a posteriori et sine qua non ont l’air sérieux de vieux savants parlant latin. Sah semble gêner beaucoup plus. Certes le mot est un emprunt plus récent, et avec le temps il perdra peut-être son aspect bizarre. Mais, en toute sincérité, je crois que c’est surtout parce que c’est un mot arabe que ce mot gène autant. J’invite ceux qui ressentent cette gêne à se demander sincèrement ce que représente pour eux cette langue et ceux qui la parlent ou l’ont parlée. D’ailleurs, à quoi sert-il d’ajouter « les frères » dans l’exemple, si ce n’est pour signaler que les locuteurs sont musulmans ?