• [^] # Re: Contresens historique

    Posté par . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 0.

    le droit d’auteur est facilement cédé

    Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu appelles "facilement". Tu ne parles que des droits patrimoniaux puisque les droits moraux ne peuvent pas être cédés. Et l'auteur est libre de faire ce qu'il veut de ses droits patrimoniaux. Y compris les céder contre de l'argent.

    c’est eux qui font la pluie et le beau temps

    Il y a de la concurrence entre les auteurs, et de la concurrence entre les éditeurs. C'est l'offre et la demande. Si tu mettais un seuil aux reversement des droits d'auteur, est-ce que tu n'excluerais pas d'office les auteurs les moins rentables du marché? Est-ce que la part reversée aux auteurs est trop petite? Peut-être, mais dis-toi quand même que les "gros" auteurs (ceux qui font réellement gagner de l'argent aux éditeurs) sont en mesure de négocier des taux plus élevés que les petits auteurs.

    Comme la plupart des développeur je cède la propriété de mon code à mon entreprise

    Ouhlala, alors déja le code c'est spécial (ça a un statut à part, parce que c'est pas si évident que ça que c'est une oeuvre de l'esprit et que si ça n'avait pas un statut à part ça remettrait pas mal de choses en question, y compris la légalité des licences libres), et en plus, tu es salarié (tu es payé en avance pour ton travail contre une clause de cession des droits dans ton contrat de travail).

    C’est elle qui possède les moyens de production mon code n’a pas de valeur autrement.

    Bah je crois que tu as tout dit. C'est une situation classique où le salarié crée les choses et l'entreprise crée la valeur des choses. La loi protège ton travail, et de donne la liberté d'en faire ce que tu veux; distribuer ton oeuvre sous licence libre gratuitement, la distribuer toi-même contre de l'argent auprès du public, ou l'échanger contre de l'argent auprès d'un éditeur qui la distribue pour toi. Si les artistes gagnaient plus à diffuser leurs oeuvres eux-mêmes, ils le feraient, non? S'ils ne le font pas, c'est que 4% des droits sur les oeuvres diffusées dans un circuit industriel rapporte plus que 100% des droits dans une diffusion amateur.

    Si l'argument est sur le partage équitable de la valeur, alors c'est un argument qui me semble profondément fallacieux—je ne l'avais pas réalisé avant de réfléchir sur la question. Est-ce que la valeur d'un échange se juge sur ce qui se passe après l'échange? Je pense que non, il n'y a aucune raison de penser que c'est le cas, c'est la cupidité associée à la propriété intellectuelle qui nous fait penser le contraire. Disons que je vends une pelle à la brocante 5,ドル si le mois d'après j'apprends que le gusse qui me l'a achetée a déterré un trésor avec, est-ce qu'il est légitime pour moi d'aller lui réclamer de l'argent parce qu'il a valorisé la pelle qu'il m'a achetée? Bah non, parce que la valeur de l'échange doit être jugée au moment de l'échange, et à ce moment, c'était un échange équitable. Bah ça devrait être pareil pour les idées ou les oeuvres. Je ne comprends pas pourquoi on imagine tous avoir une sorte de droit de préemption sur la valeur que les autres créent à partir de ce qu'on leur a vendu. Si une entreprise gagne des millions à partir d'un truc que je lui ai vendu, peut-être que j'aurais dû lui vendre plus cher, mais je ne suis pas "volé".