• [^] # Re: Contresens historique

    Posté par . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 3.

    seule la musique existait au XIXe et les bouquins

    Et la peinture et la sculpture et le théatre... De toutes manières, les droits d'auteurs protègent toutes les formes de création artistique, et une partie des créations industrielles (logiciels, visuels...).

    et tu oublies que les hordes d'avocats sont à la solde de ceux en mesure de les payer

    Je ne sais pas où tu veux en venir avec tes hordes d'avocats. Les grosses entreprises ont les moyens de faire valoir leurs droits.

    Le reste, je n'ai pas compris, j'ai l'impression que beaucoup de choses sont mélangées. Par exemple à propos du domaine public, qui donne droit à emprunter et à créer des trucs nouveaux : les grosses entreprises de l'industrie culturelles sont connues pour militer contre le DP, puisqu'elles touchent encore des rentes sur des oeuvres qui devraient bientôt expirées. On peut trouver ça paradoxal qu'elles souhaitent empêcher ce qui a construit une partie de leur richesse, mais ça devrait rien nous dire si le DP est quelque chose de capitaliste ou d'anticapitaliste. D'une manière générale, le capitalisme sait profiter de toutes les situations : les affaires sont juteuses en temps de paix et en temps de guerre, la bourse monte quel que soit le parti au pouvoir (y compris l'extrême droite), les pétroliers vendront des panneaux solaires quand on sera à +4°C... bref, quand une situation est favorable au capitalisme, on ne peut absolument pas conclure qu'elle a été mise en place par des suppots du grand capital, puisque par définition le capitalisme apprend à profiter de toutes les situations.

    Et pour revenir sur l'argument de départ, l'industrie du cinéma a fait au moins autant d'argent à partir du Seigneur des Anneaux, de SpiderMan ou de Harry Potter qu'à partir de Blanche-Neige et les Sept Nains. D'ailleurs, vraiment peu de Disneys sont issus de la culture populaire, et je pense que ton argument est fait pour paraitre vrai et pointer un scandale imaginaire. Et j'imagine que les auteurs qui ont vendu les droits de ces franchises ont touché un mégamax de $$$—ont-ils été spoliés par l'industrie du cinéma? Franchement, je ne crois pas, et ça montre à quel point les droits d'auteurs protègent encore les auteurs.

    Et du coup, les droits d'auteurs ne protègent pas du tout les consommateurs, qui payent pour lire ou regarder des oeuvres qu'ils ne possèdent pas (ils en possèdent parfois le support, et c'est de moins en moins le cas). Les auteurs et les éditeurs cherchent même à récupérer une partie des ventes d'occasion, ce qui ne fait que démontrer que l'objet n'appartient pas réellement à celui qui l'achète. Mais c'est fait pour : les droits d'auteurs n'ont absolument pas été conçus pour protéger les consommateurs (ce qui protège les consommateurs, ce sont les exceptions au droit d'auteur listées dans la loi). Du coup, l'argument devrait être de réequilibrer les droits d'auteurs et les droits des consommateurs par exemple, ça me semble plus constructif que d'inventer un narratif fallacieux (sur l'idée que les droits d'auteur sont une invention du capitalisme).