Mais par exemple le projet GNU parle bien des utilisateurs
Mais il faut bien voir que adns le contexte de la création du projet, c'est des utilisateurs dans les années 80, cad principalement des étudiants, des scientifiques voir même des utilisateurs capable de coder leur propre OS cf l'origin story avec l'imprimante de RMS.
Après cette dichotomie que tu fais n'est pas très pertinente tu veux être pédant.
Je pense qu'on peut se passer des ad-hominem pour commencer. Et non, je fait la distinction parce qu'elle importe.
Les codeurs, dans l'éthique du logiciel libre, sont mis sur un piedestal.
Quand on pense aux scandales autour du libre, on parle des devs, pas des utilisateurs, car on s'en fout des devs. Un utilisateur de Linux qui est au cœur d'affaire de viols ou de meurtre, il n'y a rien qui me vient à l'esprit. Par contre, pour les devs, ç'est pas dur d'en trouver, comme Hans Reiser ou Jacob Appelbaum.
Et pourtant, il y a sans doute bien plus de personnes qui utilisent du libre que de personnes qui codent du libre par plusieurs ordres de magnitude. Mais on ne se préoccupe pas des premières, on ne daigne même pas leur donner des noms, donc forcément, ç'est dur de parler des scandales ensuite.
Autre exemple plus précis, la tendance d'une partie de la presse spécialisée (et donc d'une partie de la population libriste) a glorifié les actions de Daniel Stenberg qui va se plaindre des interactions avec les gens. En mai 2025, il y a eu un article entier sur la gestion des bugs et sa charge de travail. La question n'est pas de savoir si c'est une bonne chose ou pas (un autre débat, et je pense qu'en effet, la majorité des devs ne veulent pas gérer les rapports de bug à juste titre), mais de savoir à qui on donne la parole et pour dire quoi.
Et en l’occurrence, on donne la parole à un dev qui va dire que traiter les demandes d'utilisateurs, ça lui prends trop de temps.
Encore une fois, la question n'est pas de savoir si c'est vrai ou pas, mais de voir qui a un souci qu'on écoute.
De même, il a posté ce matin sur les réseaux sociaux suite à une demande en rapport avec le CRA, qu'il a ensuite mis sur son blog. La conclusion du post de blog, c'est quand même de ne pas foutre trop la honte à la boite, parce qu'il veut leur demander de l'argent.
En soit, rien de choquant, mais ça montre aussi ce qu'on pense des gens qui utilisent le libre, à savoir qu'on peut leur demander de l'argent pour la partie du travail qui n'est pas stricto sensu le code.
Et pour finir, un autre endroit ou la dichotomie apparaît selon moi, c'est dans les nouvelles licences non libres que des groupes tentent de mettre en avant depuis années (genre Ethical Source, etc). Même si une bonne part ne font pas directement des distinctions comme moi entre 2 classes de personnes, je note qu'elles utilisent toutes le même mécanisme "punitif" vis à vis d'une partie des groupes d'utilisateurs, càd de retirer des droits. Je dit droit, mais le terme n'est pas exactement le bon, car en pratique, c'est plus des actions qui sont rendus interdites. C'est le même principe pour plein de lois. Il n'y a pas de "droit à tuer quelqu'un" bien sur, mais c'est une action interdite. Il y a le droit à la liberté de parole, mais les discours de haines sont interdits, etc, etc. Encore une fois, la question n'est pas de savoir si c'est bien ou pas, mais de voir le mécanisme.
Et je parle du mécanisme, car ce qu'on ne voit quasiment pas, c'est des licences qui garantissent plus de droits aux utilisateurs. Que je sache, à part la famille de la GPL, il n'y a pas de licences dans l'esprit d'une loi comme le RGPD, quelque chose qui donne des droits en plus, à commencer par des droits des utilisateurs face aux développeurs. On ne voit pas de licences qui disent que les développeurs ne peuvent pas faire de version qui brise la compatibilité. On ne voit rien qui va donner plus de droits aux personnes qui utilisent face aux personnes qui ont l’accès git.
Et ça, c'est en partie parce que ça ne marcherais pas, mais aussi parce que contraindre les devs, c'est un impensé.
Tout ça pour dire que si le mouvement queer (au sens large et académique, pas au sens de la sexualité) comme visant à interroger et brouiller les séparations binaires dans une approche post structuraliste, alors venir dire que le libre est queer est une analyse de surface qui s'écroule assez vite devant la critique.
Comme je l'ai dit, il y a une hiérarchie structurelle au cœur du mouvement du libre due à ses mécanismes de productions, mais aussi du à l'absence de mécanismes visant à contrecarrer cette hiérarchie (et sans parler des soucis purement lié au numérique, qui a un pc, etc, etc).
Tu parles des gens qui font de l'éducation populaire sur le codage, et c'est vrai que ça existe. Mais c'est pour moi un argument qui renforce mon point, à savoir que pour avoir du pouvoir dans le logiciel libre, il faut savoir coder, et personne ne semble vouloir revenir sur l'idée.
On a tendance à confondre communs, publique et libre. C'est 3 choses différentes qui vont clasher quand elles sont mises ensemble.
Donc je ne suis pas sur que rajouter "queer" dans le mix, qui est au pire un signifiant vide (ce qui explique pourquoi on arrive à l'utiliser pour désigner aussi bien des questions de genre et de sexualité qu'un individualisme extrême ou un refus d'un système économique), au mieux un truc vaguement post structuraliste donne quelque chose de pertinent.
Mais mon meilleur argument sur le sujet, c'est que si le libre est queer, alors j'attends que quelqu'un fasse une keynote d'une conf avec comme sujet de "Richard Stallman et Eric S Raymond sont des théoriciens du mouvement queer car le libre est queer" en essayant de survive à l'émeute qui va suivre.
[^] # Re: Libre
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 6.
Mais il faut bien voir que adns le contexte de la création du projet, c'est des utilisateurs dans les années 80, cad principalement des étudiants, des scientifiques voir même des utilisateurs capable de coder leur propre OS cf l'origin story avec l'imprimante de RMS.
Je pense qu'on peut se passer des ad-hominem pour commencer. Et non, je fait la distinction parce qu'elle importe.
Les codeurs, dans l'éthique du logiciel libre, sont mis sur un piedestal.
Quand on pense aux scandales autour du libre, on parle des devs, pas des utilisateurs, car on s'en fout des devs. Un utilisateur de Linux qui est au cœur d'affaire de viols ou de meurtre, il n'y a rien qui me vient à l'esprit. Par contre, pour les devs, ç'est pas dur d'en trouver, comme Hans Reiser ou Jacob Appelbaum.
Et pourtant, il y a sans doute bien plus de personnes qui utilisent du libre que de personnes qui codent du libre par plusieurs ordres de magnitude. Mais on ne se préoccupe pas des premières, on ne daigne même pas leur donner des noms, donc forcément, ç'est dur de parler des scandales ensuite.
Autre exemple plus précis, la tendance d'une partie de la presse spécialisée (et donc d'une partie de la population libriste) a glorifié les actions de Daniel Stenberg qui va se plaindre des interactions avec les gens. En mai 2025, il y a eu un article entier sur la gestion des bugs et sa charge de travail. La question n'est pas de savoir si c'est une bonne chose ou pas (un autre débat, et je pense qu'en effet, la majorité des devs ne veulent pas gérer les rapports de bug à juste titre), mais de savoir à qui on donne la parole et pour dire quoi.
Et en l’occurrence, on donne la parole à un dev qui va dire que traiter les demandes d'utilisateurs, ça lui prends trop de temps.
Encore une fois, la question n'est pas de savoir si c'est vrai ou pas, mais de voir qui a un souci qu'on écoute.
De même, il a posté ce matin sur les réseaux sociaux suite à une demande en rapport avec le CRA, qu'il a ensuite mis sur son blog. La conclusion du post de blog, c'est quand même de ne pas foutre trop la honte à la boite, parce qu'il veut leur demander de l'argent.
En soit, rien de choquant, mais ça montre aussi ce qu'on pense des gens qui utilisent le libre, à savoir qu'on peut leur demander de l'argent pour la partie du travail qui n'est pas stricto sensu le code.
Et pour finir, un autre endroit ou la dichotomie apparaît selon moi, c'est dans les nouvelles licences non libres que des groupes tentent de mettre en avant depuis années (genre Ethical Source, etc). Même si une bonne part ne font pas directement des distinctions comme moi entre 2 classes de personnes, je note qu'elles utilisent toutes le même mécanisme "punitif" vis à vis d'une partie des groupes d'utilisateurs, càd de retirer des droits. Je dit droit, mais le terme n'est pas exactement le bon, car en pratique, c'est plus des actions qui sont rendus interdites. C'est le même principe pour plein de lois. Il n'y a pas de "droit à tuer quelqu'un" bien sur, mais c'est une action interdite. Il y a le droit à la liberté de parole, mais les discours de haines sont interdits, etc, etc. Encore une fois, la question n'est pas de savoir si c'est bien ou pas, mais de voir le mécanisme.
Et je parle du mécanisme, car ce qu'on ne voit quasiment pas, c'est des licences qui garantissent plus de droits aux utilisateurs. Que je sache, à part la famille de la GPL, il n'y a pas de licences dans l'esprit d'une loi comme le RGPD, quelque chose qui donne des droits en plus, à commencer par des droits des utilisateurs face aux développeurs. On ne voit pas de licences qui disent que les développeurs ne peuvent pas faire de version qui brise la compatibilité. On ne voit rien qui va donner plus de droits aux personnes qui utilisent face aux personnes qui ont l’accès git.
Et ça, c'est en partie parce que ça ne marcherais pas, mais aussi parce que contraindre les devs, c'est un impensé.
Tout ça pour dire que si le mouvement queer (au sens large et académique, pas au sens de la sexualité) comme visant à interroger et brouiller les séparations binaires dans une approche post structuraliste, alors venir dire que le libre est queer est une analyse de surface qui s'écroule assez vite devant la critique.
Comme je l'ai dit, il y a une hiérarchie structurelle au cœur du mouvement du libre due à ses mécanismes de productions, mais aussi du à l'absence de mécanismes visant à contrecarrer cette hiérarchie (et sans parler des soucis purement lié au numérique, qui a un pc, etc, etc).
Tu parles des gens qui font de l'éducation populaire sur le codage, et c'est vrai que ça existe. Mais c'est pour moi un argument qui renforce mon point, à savoir que pour avoir du pouvoir dans le logiciel libre, il faut savoir coder, et personne ne semble vouloir revenir sur l'idée.
On a tendance à confondre communs, publique et libre. C'est 3 choses différentes qui vont clasher quand elles sont mises ensemble.
Donc je ne suis pas sur que rajouter "queer" dans le mix, qui est au pire un signifiant vide (ce qui explique pourquoi on arrive à l'utiliser pour désigner aussi bien des questions de genre et de sexualité qu'un individualisme extrême ou un refus d'un système économique), au mieux un truc vaguement post structuraliste donne quelque chose de pertinent.
Mais mon meilleur argument sur le sujet, c'est que si le libre est queer, alors j'attends que quelqu'un fasse une keynote d'une conf avec comme sujet de "Richard Stallman et Eric S Raymond sont des théoriciens du mouvement queer car le libre est queer" en essayant de survive à l'émeute qui va suivre.