Je trouve les exemples de lejocelyn intéressants parce qu’ils permettent de réfléchir de façon plus générale aux règles que se donnent les sociétés pour encadrer et limiter la circulation des « œuvres de l’esprit » (j’emploie cette expression juridique faute d’en trouver une meilleure, il faut inclure là-dedans les mélodies, les récits, les poèmes, les savoirs médicaux ou magiques, les généalogies, les logiciels, etc.).
Qu’est-ce que nous appelons « copyright », « copyleft », « licences » ? Ce sont des règles, soutenues et appliquées par des institutions, qui définissent les conditions selon lesquelles la circulation des « œuvres » est permise ou interdite : accès à l’œuvre en échange d’une compensation monétaire déterminée, nécessité d’associer cette œuvre à des noms (« citer les auteurs »), droit de modifier, de diffuser l’œuvre à son tour, etc.
D’autres sociétés ont inventé d’autres types de règles de circulation des œuvres : œuvres réservées à une famille, à un lignage, à un village, à un genre, à un métier, à une caste ; œuvres accessibles seulement après certaines étapes (initiations, apprentissage...) ou à partir d’un certain âge ; incitation à modifier (infinités des versions du Bagre chez les Lo Dagaa) ou interdiction de modifier (textes sacrés desquels il ne faut pas supprimer la moindre virgule), etc.
Je ne suis pas sûr d’interpréter correctement ce que Khrys voulait dire quand elle (il) disait que les licences n’auraient pas lieu d’être en dehors de la société capitaliste. En tout cas, l’idée selon laquelle en dehors des sociétés capitalistes les œuvres circuleraient absolument sans entrave me semble empiriquement très fragile.
[^] # Re: Quelques commentaires
Posté par serol (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 3.
Je trouve les exemples de lejocelyn intéressants parce qu’ils permettent de réfléchir de façon plus générale aux règles que se donnent les sociétés pour encadrer et limiter la circulation des « œuvres de l’esprit » (j’emploie cette expression juridique faute d’en trouver une meilleure, il faut inclure là-dedans les mélodies, les récits, les poèmes, les savoirs médicaux ou magiques, les généalogies, les logiciels, etc.).
Qu’est-ce que nous appelons « copyright », « copyleft », « licences » ? Ce sont des règles, soutenues et appliquées par des institutions, qui définissent les conditions selon lesquelles la circulation des « œuvres » est permise ou interdite : accès à l’œuvre en échange d’une compensation monétaire déterminée, nécessité d’associer cette œuvre à des noms (« citer les auteurs »), droit de modifier, de diffuser l’œuvre à son tour, etc.
D’autres sociétés ont inventé d’autres types de règles de circulation des œuvres : œuvres réservées à une famille, à un lignage, à un village, à un genre, à un métier, à une caste ; œuvres accessibles seulement après certaines étapes (initiations, apprentissage...) ou à partir d’un certain âge ; incitation à modifier (infinités des versions du Bagre chez les Lo Dagaa) ou interdiction de modifier (textes sacrés desquels il ne faut pas supprimer la moindre virgule), etc.
Je ne suis pas sûr d’interpréter correctement ce que Khrys voulait dire quand elle (il) disait que les licences n’auraient pas lieu d’être en dehors de la société capitaliste. En tout cas, l’idée selon laquelle en dehors des sociétés capitalistes les œuvres circuleraient absolument sans entrave me semble empiriquement très fragile.