• # Réflexions

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Libre est Queer. Évalué à 10.

    Pas besoin de réfléchir des heures pour se convaincre que la philosophie du libre n'est pas quelque chose qui remet frontalement en cause la société capitaliste.

    L'idée de propriété privée du code ici plutôt. Le capitalisme pouvant utiliser du code comme moyen de production, mais tout code n'est pas moyen de production. Le copyright définit la propriété privée du code, la licence libre encadre la libération de certains usages. Rien que ça c'est tout de même aller contre le capitalisme, très basé dur le contrôle, mais effectivement pas en le niant totalement/absolument.

    Ou aller contre la marchandisation omniprésente, vu que tout code n'est plus nécessairement une transaction commerciale et financière.

    (Bref je n'aime pas la formulation "Pas besoin de réfléchir des heures", tendance "de tout temps les Hommes" ou "il est tellement évident que je n'expliquerai pas ici", je suis plus attiré par "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.", citation d'une époque où la propriété privée fut consolidée dans le droit français)

    Les licences libres ne pourraient pas exister hors du cadre du système capitaliste

    Ici aussi j'aurais dit propriété privée. Je peux concevoir par exemple l'idée d'un système communiste qui partager librement son code entre camarades du pays mais pas avec les autres pays (on aurait ici une "propriété privée" détenue par une entité pays, en dehors du capitalisme).

    Et comme vous le savez aussi bien que moi, le copyleft n'est pas non plus une autorisation à faire tout et n'importe quoi, c'est quelque chose pour se défendre contre les grands prédateurs de la « Big tech ».

    Pas uniquement, ça serait un biais de considérer que seule la Big Tech peut être prédatrice. Les États pourraient l'être, "Big Finance" aussi, "Big Legal" aussi (c'est la base de son pouvoir), etc. Et ça pourrait être mon voisin ou ma famille avec laquelle je suis en conflit : le copyleft vise à éviter un ré-enfermement, d'où qu'il vienne. Les Big Tech ne sont qu'une menace parmi d'autres (ai-je plus peur pour le libre de Elon le membre de gouvernement, Elon le big tech, Elon le milliardaire, Elon le politique ou Elon le libertarien fasciste ou...).

    de nouvelles licences capitalistes, tout particulièrement celles qui sont contaminantes !

    Ni capitalistes, ni contaminantes, à mon humble avis.

    Ce qu'on appelle la « philosophie du Libre » remet en cause l'idéologie dominante en mettant en avant le partage plutôt que la bunkerisation des outils et des connaissances.

    Oui, la propriété privée des outils et des connaissances donc.

    Alors restons subversif·ves. Cultivons nos propres outils. Forgeons ceux dont nous avons vraiment besoin.

    Ok.

    Refusons les gadgets écocides des techbros.

    On sort du libre pour aller vers l'écologie, ok.

    des machines à compléter du texte en fonction des occurrences les plus probables.

    Il y a des personnes conscientes de cela et ça ne change pas leur position : leur choix n'est pas fait sur la nature de la machine, mais sur ses résultats (réels ou espérés). La machine pourrait être entièrement décrite, données d'entraînement comprises, ie. on pourrait théoriquement avoir les libertés du Libre (parfois non implémentables faute d'avoir les ressources pour). Restent les questions écologique, éthique (biais, manipulation, etc.), etc. Juste dire c'est des perroquets stochastisques, c'est très "OpenSourciste" en fait, ça revient à ne parler que de technique, alors que les "vraies" (pour les personnes ici et pour cette discussion) problématiques dont ailleurs.

    La technologie nucléaire, ce n'est pas juste "une fission/fusion libérant de l'énergie et capable de s'auto-entretenir", c'est aussi des questions non techniques sur l'écologie (déchets par exemple), l'éthique (les bombes par exemple), l'autonomie/la souveraineté (indépendance énergétique, approvisionnement), la géopolitique (menace de riposte), etc. Parler juste de technique serait très ingénieur/scientifique-centré. La tech est politique.

    Idem pour l'IA générative généraliste qui tire des questions techniques certes, mais surtout écologiques, éthiques, géopolitiques, sociétales etc.