« à mes dernières lectures il ne voyait toujours pas l'intérêt du Libre dans le monde du Hardware, »
Ce serait un autre débat, mais là on est dans un cas plus restreint, celui des oeuvres copiables à coût quasiment nul, ou nul, comme les logiciels. Et dans cette catégorie on trouve donc les logiciels, mais aussi des textes, de la musique, des dessins, photos, etc. Tout ce qui est numérisable. Debian applique les 4 libertés (ou plutot ses DFSG) à tout ça, indifféremment, pour savoir si ça peut rentrer dans Debian. La FSF applique les libertés au logiciel, pas au reste. Ce qui manque de cohérence, ou pose une sérieuse difficulté car ces frontières sont subjectives (tout peut être considéré comme logiciel, donnant des ordres à l'interpréteur associé, que ce soit un compilo, un afficheur d'images ou un lecteur de musique)
« et surtout il s'appuie (dans l'un de ses argumentaires pour le logiciel libre) sur le fait que les textes traduisent des idées et ne doivent par conséquent pas être modifiables (je ne sais plus où c'est, mais ça traine des les textes de la philosophie GNU). »
Oui, mais je n'ai jamais vu d'arguments expliquant l'interdiction des travaux dérivés. Car il ne faut pas oublier que « modifier » ne veut pas dire « modifier l'original », mais « être autorisé à faire une oeuvre dérivée ». Je n'ai jamais vu d'arguments justifiant une différence de traitement entre logiciel et textes mêmes politiques : les deux sont des oeuvres, chacun ayant un « source » (le code source dans un cas, le texte brut de l'autre). Travailler, reprendre la source n'atteint pas l'oeuvre original. Et si cela l'atteignait je ne vois pas comment ça le ferait dans un cas et pas dans l'autre. Interdire ou restreindre la « modification » relève d'une logique propriétaire. Et tout le monde, y compris la FSF, a bien sur le droit d'appliquer des contraintes propriétaires à ses oeuvres. En celà je comprends la FSF, je regrette ce choix de leur part, mais ils n'ont pas à se justifier. Ce que je ne comprends pas, c'est leur obstination à vouloir qualifier de « libre » ce genre de licence.
« Je n'ai jamais compris pourquoi ni comment Stallman pouvait penser que la philosophie du logiciel libre, qu'il défend si bien (au moins dans ses discours), ne se limitait qu'au monde du logiciel. »
Idem. C'est d'autant plus décevant qu'ils ont fait beaucoup pour le libre dans le domaine logiciel, et que dès qu'ils sortent de ce domaine, « libre » prend pour eux une signification totalement différente.
[^] # Re: Un mainteneur HURD poussé dehors par Stallman pour avoir critiqué une licence GNU
Posté par #3588 . En réponse à la dépêche Un mainteneur HURD poussé dehors par Stallman pour avoir critiqué une licence GNU. Évalué à 6.
Ce serait un autre débat, mais là on est dans un cas plus restreint, celui des oeuvres copiables à coût quasiment nul, ou nul, comme les logiciels. Et dans cette catégorie on trouve donc les logiciels, mais aussi des textes, de la musique, des dessins, photos, etc. Tout ce qui est numérisable. Debian applique les 4 libertés (ou plutot ses DFSG) à tout ça, indifféremment, pour savoir si ça peut rentrer dans Debian. La FSF applique les libertés au logiciel, pas au reste. Ce qui manque de cohérence, ou pose une sérieuse difficulté car ces frontières sont subjectives (tout peut être considéré comme logiciel, donnant des ordres à l'interpréteur associé, que ce soit un compilo, un afficheur d'images ou un lecteur de musique)
« et surtout il s'appuie (dans l'un de ses argumentaires pour le logiciel libre) sur le fait que les textes traduisent des idées et ne doivent par conséquent pas être modifiables (je ne sais plus où c'est, mais ça traine des les textes de la philosophie GNU). »
Oui, mais je n'ai jamais vu d'arguments expliquant l'interdiction des travaux dérivés. Car il ne faut pas oublier que « modifier » ne veut pas dire « modifier l'original », mais « être autorisé à faire une oeuvre dérivée ». Je n'ai jamais vu d'arguments justifiant une différence de traitement entre logiciel et textes mêmes politiques : les deux sont des oeuvres, chacun ayant un « source » (le code source dans un cas, le texte brut de l'autre). Travailler, reprendre la source n'atteint pas l'oeuvre original. Et si cela l'atteignait je ne vois pas comment ça le ferait dans un cas et pas dans l'autre. Interdire ou restreindre la « modification » relève d'une logique propriétaire. Et tout le monde, y compris la FSF, a bien sur le droit d'appliquer des contraintes propriétaires à ses oeuvres. En celà je comprends la FSF, je regrette ce choix de leur part, mais ils n'ont pas à se justifier. Ce que je ne comprends pas, c'est leur obstination à vouloir qualifier de « libre » ce genre de licence.
« Je n'ai jamais compris pourquoi ni comment Stallman pouvait penser que la philosophie du logiciel libre, qu'il défend si bien (au moins dans ses discours), ne se limitait qu'au monde du logiciel. »
Idem. C'est d'autant plus décevant qu'ils ont fait beaucoup pour le libre dans le domaine logiciel, et que dès qu'ils sortent de ce domaine, « libre » prend pour eux une signification totalement différente.