Il existe un débat pour savoir si le masculin est le neutre ou le genre par défaut.
Pas vraiment. L'existence du genre neutre en français fait débat... mais pas sur l'accord ! Il s'agit d'autres particularités de la langue, qui sont bien plus complexes de part leur origine et leur usage (la neutralité de pronoms tels que ce ou cela, par exemple).
Concernant l'usage de l'accord masculin, il s'agit souvent d'un accord par défaut. Et dans certains cas, d'un accord non marqué. Le cas de l'accord non marqué est particulier : là, des linguistes (ça ne fait tout de même pas l'unanimité, loin de là) considèrent qu'il s'agit d'une forme de neutralité.
Un accord par défaut, c'est l'exemple qui a mené à cette discussion : généraliser en écrivant "les contributeurs". Il y a des contributrices et des contributeurs, et par défaut, dans le cas qui fait débat, on utilise la version masculine.
Un accord non marqué, parfois considéré comme neutre par certains linguistes, c'est très différent. Trouver un exemple est aisé, la preuve, je n'ai pas écrit "trouver un exemple est aisée".
Alors oui, on doit bien pouvoir trouver quelques linguistes isolés qui théorisent un masculin pluriel qui serait neutre. Mais je crois bien qu'ils sont extrêmement minoritaires, et ce depuis longtemps.
Nier l’existence de la pratique ce n’est pas une façon saine de mener cette discussion et ne pousse que les gens à s’arc-bouter là où simplement montrer les divers formes d’écriture inclusives aides les gens à se les approprier.
Je pense que personne ne nie l'existence d'une pratique qui consiste à utiliser la forme masculine par défaut. Cette pratique est souvent critiquée, et cette critique à l'air d'être mal vécue par certains, qui s'efforcent alors de trouver des éléments théoriques (quitte à ce qu'ils soient faux !) afin d'asseoir leur façon de s'exprimer.
Un autre phénomène entre en jeu qui mérite d'être évoqué à mon sens : la simplification utilisée à l'école pour l'apprentissage, et d'une façon générale l'utilisation de termes mal compris dans les discussions du quotidien (ou alors, des termes qui développent une polysémie qui fait diverger l'usage courant et l'usage scientifique). Entre règles pédagogiques, mais qui réutilisent parfois des termes détournés de leur sens, et usage courant d'un mot détourné, cela peut créer des discussions un peu absurdes. En gros, ce que je veux dire, c'est que dire "le masculin fait office de neutre", c'est un peu la même chose que confondre "poids" et "masse" : ça n'est pas grave, mais ça reste faux.
Et je dis tout ça en étant pas le dernier à utiliser cet accord au masculin par défaut (il y en a des exemples dans ce message, d'ailleurs). Pour autant, je comprend bien que contributeurs ne signifie pas exactement la même chose que contributeurs et contributrices. Et je vois absolument pas le problème à vouloir mettre en lumière les contributrices.
[^] # Re: Bon anniversaire
Posté par Yala . En réponse à la dépêche Vingt-sept ans de LinuxFr.org. Évalué à 2.
Pas vraiment. L'existence du genre neutre en français fait débat... mais pas sur l'accord ! Il s'agit d'autres particularités de la langue, qui sont bien plus complexes de part leur origine et leur usage (la neutralité de pronoms tels que ce ou cela, par exemple).
Concernant l'usage de l'accord masculin, il s'agit souvent d'un accord par défaut. Et dans certains cas, d'un accord non marqué. Le cas de l'accord non marqué est particulier : là, des linguistes (ça ne fait tout de même pas l'unanimité, loin de là) considèrent qu'il s'agit d'une forme de neutralité.
Un accord par défaut, c'est l'exemple qui a mené à cette discussion : généraliser en écrivant "les contributeurs". Il y a des contributrices et des contributeurs, et par défaut, dans le cas qui fait débat, on utilise la version masculine.
Un accord non marqué, parfois considéré comme neutre par certains linguistes, c'est très différent. Trouver un exemple est aisé, la preuve, je n'ai pas écrit "trouver un exemple est aisée".
Alors oui, on doit bien pouvoir trouver quelques linguistes isolés qui théorisent un masculin pluriel qui serait neutre. Mais je crois bien qu'ils sont extrêmement minoritaires, et ce depuis longtemps.
Je pense que personne ne nie l'existence d'une pratique qui consiste à utiliser la forme masculine par défaut. Cette pratique est souvent critiquée, et cette critique à l'air d'être mal vécue par certains, qui s'efforcent alors de trouver des éléments théoriques (quitte à ce qu'ils soient faux !) afin d'asseoir leur façon de s'exprimer.
Un autre phénomène entre en jeu qui mérite d'être évoqué à mon sens : la simplification utilisée à l'école pour l'apprentissage, et d'une façon générale l'utilisation de termes mal compris dans les discussions du quotidien (ou alors, des termes qui développent une polysémie qui fait diverger l'usage courant et l'usage scientifique). Entre règles pédagogiques, mais qui réutilisent parfois des termes détournés de leur sens, et usage courant d'un mot détourné, cela peut créer des discussions un peu absurdes. En gros, ce que je veux dire, c'est que dire "le masculin fait office de neutre", c'est un peu la même chose que confondre "poids" et "masse" : ça n'est pas grave, mais ça reste faux.
Et je dis tout ça en étant pas le dernier à utiliser cet accord au masculin par défaut (il y en a des exemples dans ce message, d'ailleurs). Pour autant, je comprend bien que contributeurs ne signifie pas exactement la même chose que contributeurs et contributrices. Et je vois absolument pas le problème à vouloir mettre en lumière les contributrices.