qu'est-ce qui empêche AUJOURD'HUI le paysan de garder 5 % de sa récolte pour replanter l'année suivante ?
Tu penses bien que si les paysans pouvaient le faire ils le feraient depuis longtemps.
Deux obstacles principaux:
1. Les semences mises sur le marché sont brevetées
Et pour citer [1] : Impossible pour le paysan qui achète une variété brevetée de replanter les semences issues de la récolte, sans avoir à payer de redevance.
2. Les variétés sur le marché sont des hybrides... donc stériles !
Extrait de [2]: ON peut facilement démonter cette mystification avec les « hybrides ». Dun côté, lagriculteur demande des variétés de meilleure qualité, plus productives par unité de coût. Mais il nest pas capable de spécifier sous quelle forme. Il ne faut malheureusement pas compter sur les scientifiques pour lui expliquer quil existe diverses voies damélioration, et que le choix entre une variété libre et une variété « hybride » est politique, et non pas scientifique. Les scientifiques ne font pas de politique, cest bien connu... De lautre côté, linvestisseur, cherchant à maximiser son retour sur investissement, choisit donc le type variétal le plus profitable : en loccurrence, la voie des « hybrides », cest-à-dire des variétés stériles. Spontanément ou sur ordre, la recherche se met au travail et consacre exclusivement ses efforts à la réussite de ces « hybrides ». Et, à plus ou moins long terme, la technique finit par marcher, ce qui vient conforter la justesse du choix initial. Un choix technique est semblable à une prophétie : il sautoréalise. Ainsi, la demande de lagriculteur de meilleures variétés se métamorphose-t-elle en demande d« hybrides » !
[^] # Re: Après le logiciel libre, les graines "libres" ?
Posté par bobert . En réponse à la dépêche Après le logiciel libre, les graines "libres" ?. Évalué à 2.
Tu penses bien que si les paysans pouvaient le faire ils le feraient depuis longtemps.
Deux obstacles principaux:
1. Les semences mises sur le marché sont brevetées
Et pour citer [1] : Impossible pour le paysan qui achète une variété brevetée de replanter les semences issues de la récolte, sans avoir à payer de redevance.
2. Les variétés sur le marché sont des hybrides... donc stériles !
Extrait de [2]:
ON peut facilement démonter cette mystification avec les « hybrides ». Dun côté, lagriculteur demande des variétés de meilleure qualité, plus productives par unité de coût. Mais il nest pas capable de spécifier sous quelle forme. Il ne faut malheureusement pas compter sur les scientifiques pour lui expliquer quil existe diverses voies damélioration, et que le choix entre une variété libre et une variété « hybride » est politique, et non pas scientifique. Les scientifiques ne font pas de politique, cest bien connu... De lautre côté, linvestisseur, cherchant à maximiser son retour sur investissement, choisit donc le type variétal le plus profitable : en loccurrence, la voie des « hybrides », cest-à-dire des variétés stériles. Spontanément ou sur ordre, la recherche se met au travail et consacre exclusivement ses efforts à la réussite de ces « hybrides ». Et, à plus ou moins long terme, la technique finit par marcher, ce qui vient conforter la justesse du choix initial. Un choix technique est semblable à une prophétie : il sautoréalise. Ainsi, la demande de lagriculteur de meilleures variétés se métamorphose-t-elle en demande d« hybrides » !
Références:
[1] Protection... ou exclusion - Le Monde Diplomatique, Juillet 2000 - http://www.monde-diplomatique.fr/2000/07/A/14037(...)
[2] La menace du complexe génético-industriel - Le Monde Diplomatique, Décembre 1998 - http://www.monde-diplomatique.fr/1998/12/BERLAN/11408(...)