« mais par où nous vient donc cette partie de notre savoir ? »
La réponse a évolué avec le temps, mais si je devais en donner une, par analogie avec un ordinateur, je dirais que c'est codé en dur dans notre faculté de savoir. Puis par une activité de réflexion sur nous même, nous en prenons conscience.
Par exemple, Platon-Socrate, le père du rationalisme, dans le dialogue du Ménon que j'ai cité plus haut, attribue cela à la rémininscence, c'est-à-dire au resouvenir. Je ne le suis pas sur son explication qui repose sur la réincarnation des âmes, ce qui pour moi va au delà de ce que l'on peut prétendre savoir. Néanmoins, ce qui l'a poussé à développer cette théorie, c'est le constat que les mathématiques ne sont pas un savoir issu de l'expérience : d'où son choix de faire démontrer le théorème de Pythagore pour justifier sa doctrine à Ménon, et la règle pour entrée dans son académie : « nul ne peut entrer ici, s'il n'est géomètre ».
Après qu'il existe un tel sorte de savoir (non empirique), les mathématiques le prouve par le fait : si, lorsqu'on cherche à initier des collégiens à la preuve mathématique, on leur explique en boucle que l'argument "cela se voit sur le dessin" n'a aucune valeur argumentative, ce n'est pas sans raison. L'objet dont ils doivent prouver les propriétés n'est pas celui qu'il voit sur leur bout de papier, mais n'existe que dans leur tête. Le dessin est un analogue des roulettes pour enfant quand on leur apprend à faire du vélo, c'est un support pour l'imagination.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: bof
Posté par kantien . En réponse au journal [HS] La comédie Grok versus Musk/MAGA. Évalué à 2.
La réponse a évolué avec le temps, mais si je devais en donner une, par analogie avec un ordinateur, je dirais que c'est codé en dur dans notre faculté de savoir. Puis par une activité de réflexion sur nous même, nous en prenons conscience.
Par exemple, Platon-Socrate, le père du rationalisme, dans le dialogue du Ménon que j'ai cité plus haut, attribue cela à la rémininscence, c'est-à-dire au resouvenir. Je ne le suis pas sur son explication qui repose sur la réincarnation des âmes, ce qui pour moi va au delà de ce que l'on peut prétendre savoir. Néanmoins, ce qui l'a poussé à développer cette théorie, c'est le constat que les mathématiques ne sont pas un savoir issu de l'expérience : d'où son choix de faire démontrer le théorème de Pythagore pour justifier sa doctrine à Ménon, et la règle pour entrée dans son académie : « nul ne peut entrer ici, s'il n'est géomètre ».
Après qu'il existe un tel sorte de savoir (non empirique), les mathématiques le prouve par le fait : si, lorsqu'on cherche à initier des collégiens à la preuve mathématique, on leur explique en boucle que l'argument "cela se voit sur le dessin" n'a aucune valeur argumentative, ce n'est pas sans raison. L'objet dont ils doivent prouver les propriétés n'est pas celui qu'il voit sur leur bout de papier, mais n'existe que dans leur tête. Le dessin est un analogue des roulettes pour enfant quand on leur apprend à faire du vélo, c'est un support pour l'imagination.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.