Si tu le sais, tu dois être plus avancé que la quasi-totalité des scientifiques qui se penchent sur le sujet.
Je ne connais pas tes références en la matière, mais cela fait un moment que ceux qui se penchent sur le sujet partent du principe qu'une partie de notre savoir n'est pas issu de l'expérience et de l'observation du monde.
Il n’est pas douteux que toutes nos connaissances ne commencent avec l’expérience ; car par quoi la faculté de connaître serait-elle appelée à s’exercer, si elle ne l’était point par des objets qui frappent nos sens et qui, d’un côté, produisent d’eux-mêmes des représentations, et, de l’autre, excitent notre activité intellectuelle à les comparer, à les unir ou à les séparer, et à mettre ainsi en œuvre la matière brute des impressions sensibles pour en former cette connaissance des objets qui s’appelle l’expérience ? Aucune connaissance ne précède donc en nous, dans le temps, l’expérience, et toutes commencent avec elle.
Mais, si toutes nos connaissances commencent avec l’expérience, il n’en résulte pas qu’elles dérivent toutes de l’expérience. En effet, il se pourrait bien que notre connaissance expérimentale elle-même fût un assemblage composé de ce que nous recevons par des impressions, et de ce que notre propre faculté de connaître tirerait d’elle-même (à l’occasion de ces impressions sensibles), quoique nous ne fussions capables de distinguer cette addition d’avec la matière première que quand un long exercice nous aurait appris à y appliquer notre attention et à les séparer l’une de l’autre. C’est donc, pour le moins, une question qui exige un examen plus approfondi et qu’on ne peut expédier du premier coup, que celle de savoir s’il y a une connaissance indépendante de l’expérience et même de toutes les impressions des sens. Cette espèce de connaissance est dite à priori, et on la distingue de la connaissance empirique, dont les sources sont à posteriori, c’est-à-dire dans l’expérience.
Là c'est du Kant en 1781, mais on peut aussi, sur le même sujet, remonter à Platon dans le dialogue du Ménon :
Je t’ai déjà dit, Ménon, que tu étais plein de malice. Voici maintenant que tu me demandes une leçon, à moi qui soutient qu’il n’y a pas d’enseignement, qu’il n’y a que des réminiscences : tu tiens à me mettre tout de suite en contradiction manifeste avec moi-même.
et là suite du dialogue va consister à Socrate faisant démontrer le théorème de Pythagore à l'esclave de Ménon. Et celà sans rien lui apprendre de nouveau, parce qu'au fond, il le savait déjà.
Mais dans le fond, si tu arrives à me trouver un mathématicien ou un mathématicienne qui admet que sa science est fondé sur l'observation du monde, je te tire mon chapaeau. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: bof
Posté par kantien . En réponse au journal [HS] La comédie Grok versus Musk/MAGA. Évalué à 5.
Je ne connais pas tes références en la matière, mais cela fait un moment que ceux qui se penchent sur le sujet partent du principe qu'une partie de notre savoir n'est pas issu de l'expérience et de l'observation du monde.
Là c'est du Kant en 1781, mais on peut aussi, sur le même sujet, remonter à Platon dans le dialogue du Ménon :
et là suite du dialogue va consister à Socrate faisant démontrer le théorème de Pythagore à l'esclave de Ménon. Et celà sans rien lui apprendre de nouveau, parce qu'au fond, il le savait déjà.
Mais dans le fond, si tu arrives à me trouver un mathématicien ou un mathématicienne qui admet que sa science est fondé sur l'observation du monde, je te tire mon chapaeau. ;-)
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.