• [^] # Re: non.

    Posté par . En réponse au lien Social - Pour ou contre l'individualisme? Le débat sur la retraite par capitalisation relancé . Évalué à 1.

    Par contre la pension versée par l'état (ou ses organismes délégués), n'a pas (de mon point de vue), à répliquer le salaire perçus

    Si tu fais ça, tu sors du système par répartition, qui est un système assurantiel (comme l'assurance chômage ou l'assurance santé). J'ai l'impression que tu suggères plutôt un système de prestation sociale (style revenu universel, ou RSA, ce genre là). Ce que je trouve paradoxal, c'est qu'un tel système ne ferait qu'encourager le remplacement du système par répartition par un système de complémentaires privées, qui constituerait la majorité des retraites pour beaucoup de salariés—en fait, ton programme me semble assez similaire à ce que proposent les partis de droite traditionnels; on aurait d'un côté un État qui redistribue sous forme de prestations sociales un minimum pour limiter le nombre de SDF que tu pourrais croiser dans la rue, mais ceux qui ne sont pas SDF ne bénéficient pas du système Étatique et doivent assurer leur retraite par leurs propres moyens.

    Tu as évidemment également un problème de consentement, puisque tu risques d'avoir du mal à trouver une majorité qui soit d'accord pour cotiser à perte.

    Tout le monde n'a pas le loisir de pouvoir travailler jusqu'à 65,67,69,70,75 ans,

    Tu peux tourner le problème comme tu le veux, c'est à la base une histoire de richesses produites, pas une histoire de progrès social. On vit dans une tribu avec des chasseurs et des non-chasseurs (enfants, vieux); chaque chasseur doit chasser pour ceux qui ne chassent pas; pour chaque chasseur que tu transformes en non-chasseur, il faudra que chaque chasseur travaille plus ou partage plus.

    À te lire, on croirait que c'est juste une histoire de choix de société, genre il faut être vraiment méchant pour forcer les gens à travailler jusqu'à 65 ans alors qu'il serait si facile de juste changer l'âge et de mettre 50 ans. Mais si tu n'as plus assez de chasseurs tu n'as plus assez de viande à partager! Et c'est vrai même si tu retires les revenus du capital (dans les 10% du PIB) de l'équation (sans compter qu'il faudrait au moins réinvestir un partie de ces 10% pour maintenir l'appareil productif). Il faut aussi que tu évites que les chasseurs se rebiffent et commencent à vouloir se débarrasser des vieux ou manger quelques lapins en douce.

    Donc non, la vraie injustice, elle est entre les générations : la génération qui a dans les 80 ans actuellement n'a quasiment pas cotisé, et est partie à la retraite très tôt avec un capital accumulé par les revenus du travail. La génération qui paye leur retraite cotise beaucoup, et partira à la retraite plus tard, avec un capital restreint puisqu'amputé par les cotisations—avec le risque très réel que ces cotisations n'ouvrent pas droit à grand chose si le système par répartition se transforme progressivement vers un système à capitalisation. Je trouve ça extrêmement injuste, et ça constitue un défaut fondamental du système par répartition : ce que tu retires du système n'a rien à voir avec ce que tu as cotisé, et en fonction des fluctuations démographiques tu as des gens qui profitent d'un excédent (ne cotisent rien et partent tôt) et une génération plus tard des gens qui ont une double peine (cotisent beaucoup et partent tard). Et avec ça, on ne parle même pas de la dette écologique qui a permis l'enrichissement des Baby Boomers en tapant dans les stocks naturels et qui devra être payée par les générations qui viennent.