• [^] # Re: non.

    Posté par . En réponse au lien Social - Pour ou contre l'individualisme? Le débat sur la retraite par capitalisation relancé . Évalué à 0. Dernière modification le 23 juin 2025 à 14:06.

    année N-1, on a collecté X
    année N, on redistribue X

    Ah mais comment tu vais quand tu as moins d'actifs, que X diminue, et que tu ne peux redistribuer que 400€ par retraité?

    Ça n'est pas une nouveauté, le système par répartition n'est pas conçu pour gérer les variations démographiques. Quand tu as une quarantaine d'années avec des guerres, des crises, des modifications sociétales profondes, entre la génération qui part à la retraite et la génération qui entre sur le marché du travail, tu vas avoir des écarts très forts entre ce que tu as cotisé et ce que tu reçois, et c'est source de très fortes inégalités entre générations. J'imagine que l'héritage peut réduire les inégalités entre générations (mais du coup, c'est les inégalités à l'intérieur d'une génération qui vont être amplifiées). Je ne pense pas qu'il y ait de moyen d'éviter ça : si au temps t tu as A(t) actifs et R(t) retraités et que tu considères que X(t) >= k.R(t), avec k qui correspond à la retraite minimale, alors chaque actif va devoir cotiser au moins k.R(t)/A(t), tu n'as aucune marge de manoeuvre. Et si k.R(t)/A(t) est supérieur au PIB, bah le système s'écroule. Tu peux essayer d'encourager une politique nataliste (et ignorer les problèmes environnementaux avec un modèle basé sur une croissance économique infinie), tu peux zigouiller les vieux (ça pose des problèmes éthiques), tu peux essayer de mettre plus d'actifs au boulot, tu peux baisser les retraites, tu peux décaler l'âge de départ pour stabiliser le rapport R(t)/A(t). Financer la différence avec de la dette ne change rien puisque c'est un problème de quantité de richesses à distribuer (tu n'as pas fabriqué la richesse que tu es en train de distribuer).

    À mon avis, la méthode actuelle est assez débile, parce qu'on fixe X (disons qu'on fixe le taux de cotisation, ce qui revient à fixer x dans X(t) = x.A(t)), on fixe k (on ne veut pas diminuer le montant des retraites), et on est donc totalement dépendants du rapport du nombre de retraités sur le nombre d'actifs, c'est très passif. On pourrait avoir un système qui permettrait de verser moins de retraites et/ou de cotiser plus en fonction du rapport retraités / actifs, mais dans le premier cas les retraités sont dans la rue, et dans le deuxième cas les salariés sont dans la rue (et le Medef est dans les salles d'attente des ministères). C'est un choix de société.

    Dans un système par capitalisation, si on ignore les incertitudes des rendements, on a un système robuste aux variations démographiques : chacun touche en fonction de ce qu'il a cotisé dans le passé. Ça serait un peu équivalent à calculer les pensions en % des cotisations (et pas en % du salaire).