Si on n'en a rien à faire de concept comme la justice, il n'est pas utile de promouvoir le logiciel libre.
Je pense que personne ne parle de justice, là. Il semble que les seules accusations qui ont eu des conséquences judiciaires sont les accusations de harcèlement liées à ses piètres qualités de manager quand il employait des gens à la fondation GNU.
Ici, on ne parle que d'image et de respectabilité. Quand tu organises un évènement, tu es libre d'inviter qui tu veux. Ces invitations servent à donner envie aux gens d'assister à l'évènement, tu souhaites donc inviter des personnalités que les gens ont envie de rencontrer et d'écouter, parce que tu veux que ton évènement ait du succès. Il y a forcément des compromis à faire, parce que les invités doivent avoir une certaine célébrité, et ils doivent attirer plus qu'ils ne repoussent. Là, il semble que l'évaluation par les organisateurs du ratio attraction/répulsion n'ait pas été très bonne, ils ont invité une personne qui, semble t-il, risquait de faire fuir les gens plus que de les encourager à venir. Il n'est donc pas déraisonnable de le "désinviter" (après, pour l'élégance du geste, il y a de quoi discuter, évidemment).
Le logiciel libre a parfois une sale réputation. Une partie de cette réputation (sur la fiabilité, les fonctionnalités, le "professionnalisme", etc) est en partie due à des campagnes de communication organisées par les vendeurs de logiciels propriétaires, mais une grosse partie est liée au fonctionnement de la communauté elle-même (au sens large). La culture "geek" qui peut sembler être la norme parmi les adeptes du LL est souvent considérée comme déviante par le monde extérieur: ça va de l'accueil des débutants (avec l'imposition de netiquettes complexes et techniques) jusqu'à des modes de communication qui contreviennent aux normes sociales élémentaires (coucou la kernel mailing list...), le tout baignant dans une culture mysogine, technophile, et/ou élitiste. De fait, les personnalités qui ont émergé de ce milieu, autant séduisantes qu'elles puissent paraitre en interne, sont facilement considérées comme clivantes ou caricaturales dès qu'on s'éloigne un tout petit peu du coeur de la communauté du LL. Les êtres humains sont complexes, et on peut tout à fait être redevable envers RMS et ce qu'il a fait à une époque pour la communauté, sans pour autant souhaiter lui donner la parole en public dans le cadre d'un évènement qu'on organise.
La liberté d'expression, il ne faut pas oublier que ça n'oblige personne à devoir donner la parole ou écouter qui que ce soit. RMS a pu bénéficier d'une liberté d'expression totale, il a pu donner son opinion non-sollicitée sur tout un tas de sujets sur lesquels il ne dispose d'aucune expertise (les compétences des femmes, le consentement des enfants dans les relations pédophiles, etc), et comme tu le précisais, il n'a pas été poursuivi en justice pour avoir donné ces opinions, ce qui illustre parfaitement ce qu'est la liberté d'expression.
Au passage, anecdote personnelle, j'ai assisté à une conf de RMS il y a une 20aine d'années; c'était très bien fait, bien préparé, et assez distrayant, avec des séances de bénédiction de portables sous Linux, etc, mais sur le fond c'était quand même pas très intéressant, et pour quelqu'un qui connaissait déja le logiciel libre, pas très profond et pas très original. Ça n'est donc pas totalement évident que ce que RMS aurait à raconter en 2025 soit donc indispensable à une communauté (on ne peut pas l'exclure, mais ça n'est pas évident).
[^] # Re: Devient?
Posté par arnaudus . En réponse au lien « The Keynote Will NOT Go Forward » — lien-signets : Richard Stallman devient persona non grata. Évalué à 10.
Je pense que personne ne parle de justice, là. Il semble que les seules accusations qui ont eu des conséquences judiciaires sont les accusations de harcèlement liées à ses piètres qualités de manager quand il employait des gens à la fondation GNU.
Ici, on ne parle que d'image et de respectabilité. Quand tu organises un évènement, tu es libre d'inviter qui tu veux. Ces invitations servent à donner envie aux gens d'assister à l'évènement, tu souhaites donc inviter des personnalités que les gens ont envie de rencontrer et d'écouter, parce que tu veux que ton évènement ait du succès. Il y a forcément des compromis à faire, parce que les invités doivent avoir une certaine célébrité, et ils doivent attirer plus qu'ils ne repoussent. Là, il semble que l'évaluation par les organisateurs du ratio attraction/répulsion n'ait pas été très bonne, ils ont invité une personne qui, semble t-il, risquait de faire fuir les gens plus que de les encourager à venir. Il n'est donc pas déraisonnable de le "désinviter" (après, pour l'élégance du geste, il y a de quoi discuter, évidemment).
Le logiciel libre a parfois une sale réputation. Une partie de cette réputation (sur la fiabilité, les fonctionnalités, le "professionnalisme", etc) est en partie due à des campagnes de communication organisées par les vendeurs de logiciels propriétaires, mais une grosse partie est liée au fonctionnement de la communauté elle-même (au sens large). La culture "geek" qui peut sembler être la norme parmi les adeptes du LL est souvent considérée comme déviante par le monde extérieur: ça va de l'accueil des débutants (avec l'imposition de netiquettes complexes et techniques) jusqu'à des modes de communication qui contreviennent aux normes sociales élémentaires (coucou la kernel mailing list...), le tout baignant dans une culture mysogine, technophile, et/ou élitiste. De fait, les personnalités qui ont émergé de ce milieu, autant séduisantes qu'elles puissent paraitre en interne, sont facilement considérées comme clivantes ou caricaturales dès qu'on s'éloigne un tout petit peu du coeur de la communauté du LL. Les êtres humains sont complexes, et on peut tout à fait être redevable envers RMS et ce qu'il a fait à une époque pour la communauté, sans pour autant souhaiter lui donner la parole en public dans le cadre d'un évènement qu'on organise.
La liberté d'expression, il ne faut pas oublier que ça n'oblige personne à devoir donner la parole ou écouter qui que ce soit. RMS a pu bénéficier d'une liberté d'expression totale, il a pu donner son opinion non-sollicitée sur tout un tas de sujets sur lesquels il ne dispose d'aucune expertise (les compétences des femmes, le consentement des enfants dans les relations pédophiles, etc), et comme tu le précisais, il n'a pas été poursuivi en justice pour avoir donné ces opinions, ce qui illustre parfaitement ce qu'est la liberté d'expression.
Au passage, anecdote personnelle, j'ai assisté à une conf de RMS il y a une 20aine d'années; c'était très bien fait, bien préparé, et assez distrayant, avec des séances de bénédiction de portables sous Linux, etc, mais sur le fond c'était quand même pas très intéressant, et pour quelqu'un qui connaissait déja le logiciel libre, pas très profond et pas très original. Ça n'est donc pas totalement évident que ce que RMS aurait à raconter en 2025 soit donc indispensable à une communauté (on ne peut pas l'exclure, mais ça n'est pas évident).