• [^] # Re: Protéger les auteurs

    Posté par . En réponse au lien Non aux faux livres IA : l’appel des écrivains et éditeurs européens. Évalué à 3.

    Je suis assez destabilisé par tes définitions, j'ai l'impression que "original" a plusieurs sens et qu'on n'utilise pas le même.

    Quand je dis "ce livre est original", je pense que je fais référence au sens 2 du wiktionnaire (https://fr.wiktionary.org/wiki/original), :

    Qui est ou paraît inventé, imaginé sans aucun souvenir qui précède.

    Autrement dit, qui sort de l'ordinaire. Dans ce sens, la très grande majorité des livres ne sont pas "originaux", donc j'ai du mal à connecter ça au droit d'auteur. Je pense que le droit d'auteur fait référence au sens 1,

    Qui n’a pas été fait d’après un modèle et qui sert ou servira de modèle pour des copies ou des imitations.

    Mais franchement je ne vois pas ce qu'apporte la notion d'originalité, puisqu'une oeuvre de l'esprit est définie par l'expression de la personnalité de l'auteur. C'est d'ailleurs pour ça que des textes médiocres bénéficient de la protection du droit d'auteur, puisqu'on peut même aller jusqu'à avancer que la médiocrité reflète la personnalité de l'auteur.

    Il existe d'autres définitions d'"original", comme par exemple le synonyme de "farfelu", mais je ne pense pas que c'est ce dont il s'agit ici.

    Dans tous les cas, un LLM est tout à fait capable de produire quelque chose d'original, dans tous les sens du terme d'ailleurs. Un LLM n'imite pas les textes, il imite la manière dont les textes sont construits, ce qui fait qu'il peut tout à fait produire des associations d'idées ou des récits qui n'ont jamais été faits avant. Bien sûr, l'originalité peut venir du prompt, mais pas nécessairement, je viens de demander au chat de Mistral "raconte une courte histoire mettant en scène trois animaux de ton choix (sois original pour choisir les animaux)", et il commence avec "Il était une fois, dans une forêt enchantée, un trio d'amis insolites : un paresseux nommé Léo, un suricate appelé Zoé, et un caméléon prénommé Oscar.", ce qui ne semble pas moins original que ce qu'un humain aurait fait à la place. On ne parle pas du Nobel de littérature hein, mais jusqu'à preuve du contraire le droit d'auteur concerne toutes les productions et pas seulement les bonnes.

    La seule raison pour laquelle la production d'un LLM ne bénéficie pas de la protection de la propriété intellectuelle est que seuls les humains peuvent prétendre à des droits d'auteur (par exemple, les dessins de chimpanzés ne sont pas protégés). Mais ça serait totalement absurde de baser la non-protection sur la non-originalité des LLM, puisque ça ouvrirait nettement la possibilité de leur accorder des droits dès qu'un seuil d'originalité serait franchi, ce qui n'est qu'une question de temps.