Je n'ai jamais dit qu'on pouvait définir "l'intelligence" comme "relative à l'intelligence humaine".
Pas textuellement, mais tu écris cela:
l’apprentissage par un modèle de basse enrichit par l'imitation n'est complet (dans le cas de l'être humain ou de tout autre être vivant) que par l'apport des sens physiques et des affects liés à eux; est pour moi, primordiale.
Ça me semble donc revenir exactement au même. Tu écris qu'avoir des "sens" c'est différent d'avoir des capteurs, et que l'intelligence ne peut pas être complète s'il n'y a pas de sens. Je ne vois pas comment l'interpréter différemment d'une impossibilité logique pour une machine de développer une intelligence selon ta définition.
Le problème c'est qu'en temps qu'humain, imaginer une autre forme d'intelligence est très compliqué.
Mais non. 3 étapes, moins d'une minute:
1. Tu ouvres ChatGPT
2. Tu poses une question un peu créative non-triviale (du genre où chaque humain répondrait quelque chose de différent)
3. Tu lis.
Et voila, il n'y a rien à imaginer, tu peux constater que tu as eu une réponse intelligente. Une réponse issue d'une intelligence artificielle, avec ses qualités et ses défauts (style ampoulé, absence de faute d'orthographe, et probablement assez conformiste);
Si tu veux comparer, tu tapes la même question dans un terminal Linux, tu auras "command not found". Là, c'est pas intelligent, le terminal n'a pas compris que tu lui posais une question. Tu poses la même question à une poule, elle va répondre "cooot cot". Elle n'a pas compris la question, elle n'est pas intelligente. ChatGPT il a compris ta question en langage naturel et t'as apporté une réponse cohérente, alors qu'il est probable qu'il n'a jamais été entrainé à répondre à cette question. Ça coche toutes les cases de ce qu'on attend d'une "autre forme d'intelligence", et ne pas le reconnaitre c'est parce que tu bouges la cible tout le temps.
C'est parce que la cible de l'intelligence bouge constamment au fil de nos découvertes, ce qui est une bonne chose.
Bah je trouve que c'est n'importe quoi. Tu peux définir des niveaux à l'intelligence, par exemple tu dis que 1 c'est un ver de terre, 20 c'est un chimpanzé, 100 c'est un humain, et tu places les llm par rapport à ton échelle; ils seront peut-être à 70 ou 80 en fonction des questions, peut-être même que certains dépasseront 100 si 100 est le niveau moyen d'un humain, et voila. Tu dis "à partir de 80, ou de 100, ou de 120, alors j'appelle ça "intelligence". Mais quel est l'intérêt de jouer au jeu du "non, pas assez intelligent pour accepter de l'appeller intelligent" éternellement? Ça revient à dire "à 50 c'est intelligent", et quand une machine atteint 50, tu dis "ah non, c'est 70", puis dès que tu es à 70, c'est "ah non c'est 120", etc. Ça n'est pas l'intelligence qui est sans arrêt redéfinie, c'est les exigeances à partir desquelles certains accepteraient d'utiliser le terme "intelligent". Quitte à demander des sens physiques et pas des capteurs, comme ça tu es tranquille pour quelques années. S'il y a un intérêt autre que de jouer à "bof, c'est juste du buzz", j'aimerais bien le comprendre.
L'exemple que je prends toujours, c'est celui du jeu d'échecs. Au début du XXe siècle, jouer aux échecs était considéré comme une des activités d'abstraction les plus "nobles", une manière de prouver son intelligence pure (avec d'ailleurs des enjeux considérables pour les matches entre l'URSS et les USA lors de la guerre froide, chacun voulant prouver son "intelligence" supérieure). L'idée d'une machine capable de jouer aux échecs était alors une sorte d'idéal d'intelligence artificielle. Et paf, dans les années 1990, les machines capables de battre les meilleurs humains arrivent. Alors sans trembler des genoux, on balance l'argument de "ah c'est que du calcul en fait, ces machines ne sont pas intelligentes, on l'a d'ailleurs toujours dit", etc. Mais c'est faux, on ne l'a jamais dit avant, on a juste bougé la cible parce que pour une raison que je ne comprends pas, on ne veut pas admettre avoir franchi une étape dans le développement de l'IA. Mais en fait, la moindre machine capable d'exercer un travail intellectuel est par définition une sorte d'IA, donc je ne comprends pas où ça mène de le nier. Personne n'a jamais prétendu qu'un logiciel d'échecs réfléchissait comme un humain, ou qu'il était capable de composer un poème, mais personne n'a non plus jamais prétendu qu'une IA devait savoir tout faire (comme si un humain savait tout faire, d'ailleurs).
[^] # Re: Excellent, merci.
Posté par arnaudus . En réponse au lien France culture: Intelligence artificielle et imitation. Évalué à 5. Dernière modification le 11 avril 2025 à 16:54.
Pas textuellement, mais tu écris cela:
Ça me semble donc revenir exactement au même. Tu écris qu'avoir des "sens" c'est différent d'avoir des capteurs, et que l'intelligence ne peut pas être complète s'il n'y a pas de sens. Je ne vois pas comment l'interpréter différemment d'une impossibilité logique pour une machine de développer une intelligence selon ta définition.
Mais non. 3 étapes, moins d'une minute:
1. Tu ouvres ChatGPT
2. Tu poses une question un peu créative non-triviale (du genre où chaque humain répondrait quelque chose de différent)
3. Tu lis.
Et voila, il n'y a rien à imaginer, tu peux constater que tu as eu une réponse intelligente. Une réponse issue d'une intelligence artificielle, avec ses qualités et ses défauts (style ampoulé, absence de faute d'orthographe, et probablement assez conformiste);
Si tu veux comparer, tu tapes la même question dans un terminal Linux, tu auras "command not found". Là, c'est pas intelligent, le terminal n'a pas compris que tu lui posais une question. Tu poses la même question à une poule, elle va répondre "cooot cot". Elle n'a pas compris la question, elle n'est pas intelligente. ChatGPT il a compris ta question en langage naturel et t'as apporté une réponse cohérente, alors qu'il est probable qu'il n'a jamais été entrainé à répondre à cette question. Ça coche toutes les cases de ce qu'on attend d'une "autre forme d'intelligence", et ne pas le reconnaitre c'est parce que tu bouges la cible tout le temps.
Bah je trouve que c'est n'importe quoi. Tu peux définir des niveaux à l'intelligence, par exemple tu dis que 1 c'est un ver de terre, 20 c'est un chimpanzé, 100 c'est un humain, et tu places les llm par rapport à ton échelle; ils seront peut-être à 70 ou 80 en fonction des questions, peut-être même que certains dépasseront 100 si 100 est le niveau moyen d'un humain, et voila. Tu dis "à partir de 80, ou de 100, ou de 120, alors j'appelle ça "intelligence". Mais quel est l'intérêt de jouer au jeu du "non, pas assez intelligent pour accepter de l'appeller intelligent" éternellement? Ça revient à dire "à 50 c'est intelligent", et quand une machine atteint 50, tu dis "ah non, c'est 70", puis dès que tu es à 70, c'est "ah non c'est 120", etc. Ça n'est pas l'intelligence qui est sans arrêt redéfinie, c'est les exigeances à partir desquelles certains accepteraient d'utiliser le terme "intelligent". Quitte à demander des sens physiques et pas des capteurs, comme ça tu es tranquille pour quelques années. S'il y a un intérêt autre que de jouer à "bof, c'est juste du buzz", j'aimerais bien le comprendre.
L'exemple que je prends toujours, c'est celui du jeu d'échecs. Au début du XXe siècle, jouer aux échecs était considéré comme une des activités d'abstraction les plus "nobles", une manière de prouver son intelligence pure (avec d'ailleurs des enjeux considérables pour les matches entre l'URSS et les USA lors de la guerre froide, chacun voulant prouver son "intelligence" supérieure). L'idée d'une machine capable de jouer aux échecs était alors une sorte d'idéal d'intelligence artificielle. Et paf, dans les années 1990, les machines capables de battre les meilleurs humains arrivent. Alors sans trembler des genoux, on balance l'argument de "ah c'est que du calcul en fait, ces machines ne sont pas intelligentes, on l'a d'ailleurs toujours dit", etc. Mais c'est faux, on ne l'a jamais dit avant, on a juste bougé la cible parce que pour une raison que je ne comprends pas, on ne veut pas admettre avoir franchi une étape dans le développement de l'IA. Mais en fait, la moindre machine capable d'exercer un travail intellectuel est par définition une sorte d'IA, donc je ne comprends pas où ça mène de le nier. Personne n'a jamais prétendu qu'un logiciel d'échecs réfléchissait comme un humain, ou qu'il était capable de composer un poème, mais personne n'a non plus jamais prétendu qu'une IA devait savoir tout faire (comme si un humain savait tout faire, d'ailleurs).