• [^] # Re: idéologie

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien La commission européenne veut *encore* casser le chiffrement de bout en bout des messageries. Évalué à 6.

    Et on pourrait aussi monter un raisonnement par l'absurde sur le droit à la vie privée et ce que ça donnerais si il était absolu, mais ça serait plus glauque. Par exemple et comme ça a été le cas pendant longtemps, considérer que les violences domestiques sont du domaine du privé serait quand même une catastrophe avec un droit de la vie privée absolu.

    Dans le cadre privé, tu peux (techniquement) insulter qui tu veux, tu peux faire des contrefaçons et du recel de contrefaçons, tu peux faire pousser des plantes illégales, tu peux (toujours techniquement) commettre des violences familiales, etc. C'est hors de portée (techniquement) de la justice. Jusqu'à ce que quelqu'un parle, témoigne, une découverte fortuite par les forces de l'ordre, une perquisition pour une autre raison, une exposition publique reliée (communication en public, diffusion de contrefaçons, mise en vente de plantes illégales, etc.), etc.

    Une dystopie serait une surveillance 24/7 de tout le monde supprimant le domaine privé (pas de vie privée, de secret des communications de secret bancaire, de secret médical, etc.)

    A priori on veut notamment garder des communications privées : l'échelle peut donc aller de "privée réservée au participants" à "visible par tous ceux sur le chemin". Actuellement la règle est grosso-modo "privée autant que voulu par les correspondants - ils communiquent en clair ou en chiffrement bout en bout - dans la limite des exceptions sécuritaires).

    Par exemple le L32-3 du Code français des postes et télécom https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034312035 définit le secret des correspondances, à qui il s'applique, ce qui est secret (y compris ce qui est en clair, l'identité des correspondants par exemple). Et les interceptions / écoutes judiciaires ou administratives ( https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071154/LEGISCTA000029563661?query=interceptions+l%C3%A9gales&searchField=ALL&tab_selection=code&anchor=LEGISCTA000029563661#LEGISCTA000029563661 ,
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Interceptions_obligatoires_l%C3%A9gales , https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2515 , etc.) viennent en opposition. Dans les cas d'interception, les intermédiaires techniques doivent fournir un accès à l'échange tel qu'ils le voient passer, en retirant donc leurs propres couches de sécurité éventuelles. Mais l'échange peut avoir été chiffré/codé par les participants eux-mêmes, qu'il soit texte, audio, vidéo ou données. Rien n'oblige jusqu'ici à parler en clair, dans la langue du pays, sans sous-entendu, sans métaphore et en rappelant le contexte pré-existant.

    Le moyen de l'interception est souvent le transporteur de la communication (obligation d'opérateur télécom par exemple) mais ça pourrait être le fournisseur d'un des équipements de communication (penser logiciel et matériel de son smartphone par exemple), une sonorisation du lieu d'un participant (micro-espion, Alexa/Siri/...), un autre intermédiaire technique (l'IA traductrice ou preneuse de notes par exemple). Ce qui amène la question d'attaquer l'équipement de communication lui même par les services, pour les écoutes légalement. Ce qui amène la question : faut-il prévoir / affaiblir initialement l'équipement ou laisser les services se démerder pour trouver une faille (et quelles conséquences s'ils se ratent en essayant, genre briquer l'équipement ou perte de données).

    On arbitre donc entre ce qu'on veut faire, ce qu'on peut techniquement faire à coup sûr (interceptions téléphoniques avec un réseau conçu pour ça) ou qu'on peut essayer techniquement de faire (cybersécurité offensive, intrusion au domicile) ou ce qu'on contraint les gens à faire (a priori ou a posteriori). Et la contrainte que les méchants ne respectent pas les lois.