• [^] # Re: ia = intelligence

    Posté par . En réponse au journal IA : Imitation Artificielle. Évalué à 4. Dernière modification le 11 avril 2025 à 23:48.

    Donc tu attribut de l’intelligence aux animaux, les animaux ne sont pas égaux aux humain en droit et tu ne veux pas attribuer de l’intelligence aux car ça demanderait à ce qu’ils aient le même droits que nous ?

    Non, je n'attribue pas de raison mais un entendement (intelligence) aux animaux. Néanmoins, la raison étant un entendement qui se prend lui-même pour objet (et non seulement ce qui lui est autre, comme pour les animaux qui déterminent des moyens pour arriver à leur fin, mais qui ne semble pas disposer d'un langage argumentatif), il me paraît normal d'attribuer de la raison à une machine que l'on qualifierai d'intelligente : si l'intelligence émerge d'une fonction calculable (un lambda-terme), elle peut bien se prendre elle-même comme argument. Et partant, pourquoi ne pas lui attribuer les propriétés de la raison telle qu'elle nous apparaît à nous mêmes ?

    Cela étant, ce n'est pas que je ne veux pas attribuer les mêmes droits aux machines, mais que ce sera une conséquence nécessaire si je leur reconnais de l'intelligence. Je n'ai pas proposé l'argumentaire suivant : je ne veux pas donner de droits aux machines, or si elle sont intelligentes alors elles auront les mêmes droits, donc elles ne sont pas intelligentes. Mais j'interrogeais les partisans des machines intelligentes, en leur posant cette question : puisque vous les considérer intelligentes, qu'en est-il de leurs droits ? Lorsque l'on pose dogmatiquement un principe (ce que fait le fonctionnalisme), il faut en assumer toutes les conséquences. ;-)

    Pour ma part, je ne leur attribue pas d'intelligence pour les raisons évoquées précédemment, donc la question ne me concerne pas vraiment.

    Donc oui ils manipulent de la sémantique.

    Si tu veux, tout comme un type checker manipule la sémantique du code qu'il type. Mais il ne la comprend pas, cela n'a pas de signification pour lui, c'est là toute la conclusion de Searle avec sa chambre chinoise. Ce que dénote les signes qu'il manipule syntaxiquement, bien que représentant des rapports sémantiques, se trouve en dehors des signes et il ne peut s'en faire aucune représentation.

    Mais là encore, c'est le langage que l'on utilise pour décrire le comportement de la machine qui prête à confusion. À strictement parler, la machine ne manipule aucun signe ni aucune sémantique, c'est nous, êtres humains, qui donnons cette interprétation aux états physiques de la machine. Mais la machine, elle même n'est consciente de rien, ni ne cherche à donner un sens à ce qu'elle fait, pas plus que la pascaline ne manipule des chiffres : ce sont des rouages mécaniques qui tournent, nous interprétons leurs positions comme dénotant un nombre et son mécanisme comme effectuant des calculs arithmétiques élémentaires. Pas plus que ton stylo ne manipule des signes et de la sémantique quand tu écris à la main.

    Je réitères donc ma question : quel phénomène as-tu observé que tu ne peux expliquer qu'en attribuant de l'intelligence aux machines ? Une discussion avec un agent conversationnel ne relève pas de ce genre de phénomène pour moi. Il ne faut pas prendre une condition suffisante pour une condition nécessaire. Lorsqu'Ysabeau tricote, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle fasse usage de son intelligence. Ce n'est pas pour autant que j'irais attribuer de l'intelligence aux métiers Jacquard ou leur version moderne qui tricote du textile. À ma connaissance, personne ne les a jamais ainsi qualifiés. Alors pourquoi avec un agent conversationnel ? Qu'est-ce qui le différencie d'un métier Jacquard ?

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.