• [^] # Re: Imitation et intelligence

    Posté par . En réponse au journal IA : Imitation Artificielle. Évalué à 3. Dernière modification le 04 avril 2025 à 23:57.

    Pour le premier point : apprentissage imitation. Je suis d’accord. Quand on enseigne une technique, une méthode, on demande à l’élève d’imiter. Par exemple, pour apprendre à un élève à faire une addition on lui montre et lui demande de reproduire. Idem pour apprendre à écrire. Tout un tas de chose. Nous humains le faisons sciemment en ayant conscience de transmettre un savoir, les animaux le font eux, vraisemblablement sans en avoir conscience, sinon une conscience des plus primitive, mais le mécanisme est le même : l’enseignant montre, l’élève regarde, l’élève imite, l’enseignant évalue, et le cycle recommence en s’affinant et en s’élargissant de savoir de connaissances de plus en plus complexe.

    L’IA aussi doit accéder à des savoirs, des données, nécessairement humaines. Une IA dite générative ne crée rien ex-nihilo. Basiquement il s’agit de faire fonctionner le réseau qui est apparue dans l’IA lors d’un « apprentissage » (le terme « chargement de données » pourrait parfaitement convenir), non pas pour avoir les réponses à un autre jeu de données du même type, en entrée du réseau, données auxquelles l’IA n’a jamais accédé, pour que son réseau donne les réponses, les solutions pour ces nouvelles données, mais à l’inverse de fournir un jeu de réponses, de solution, en sortie, pour que le réseau ainsi « utilisé à l’envers » fournisse ce qui pourrait être des données d’entrée pour les données de sortie qu’on lui a fournies.

    Je ne sais pas si je suis très clair, c’est difficile d’expliquer en quelques mots, mais des tas de ressources sont disponibles concernant le « deep-learning », à mon sens le concept fondamental pour comprendre ce qu’est « l’IA ». Cet apprentissage n’est pas du tout la même chose que l’apprentissage que je décris plus haut. On ne peut pas dire que l’IA « imite » comme l’humain (ou la loutre par exemple) le fait. Mais en effet l’IA a nécessairement besoin d’accéder à des informations, en ce sens, je t’accorde que l’IA possède une forme d’apprentissage (et c’est pour ça que c’est le terme utilisé), donc premier point, oui l’IA « coche cette case », bien que ce ne soit pas comme nous le faisons nous, elle est capable d’apporter une connaissance nouvelle à partir de connaissances déjà existantes.

    Mais ça s’arrête là. Passons au troisième point (je reviendrai au deuxième ensuite) : l’imagination. Non une IA n’est pas doué d’imagination. Une IA n’a ni libre-arbitre, ni l’irrationalité qui caractérise l’esprit humain. L’IA ne rêve pas. Elle est au contraire purement et strictement rationnelle. À cette rationalité, nous, humain pouvons y adjoindre une dose d’aléa, mais c’est encore ici l’humain qui décide d’introduire de l’aléa. L’aléa n’est pas l’irrationalité et il est stupide d’imaginer que l’IA pourrait d’elle-même décider l’introduction de cet aléa. L’IA ne décide pas cela. L’unique forme de « décision » dont elle est capable c’est de de décider (discriminer est un terme plus adéquat je pense), quelle sont les données de sortie, les réponses, parmi celles qu’on lui aura fournies, qui sont en adéquation avec les données d’entrée, les questions (cas classique de la mise en œuvre du deep-learning). Ou encore, de générer des questions (ie: des données d’entrée) qui sont en adéquation quand on lui fournit des réponses (cas de l’IA générative). La case "imagination" n’est pas cochée, et ce n’est même pas un but à atteindre par celles et ceux qui conçoivent les IA. Ce n’est que pure fantasme de penser pouvoir faire naître de l’imagination au sein d’une IA, même pas de la science-fiction, seulement une croyance illusoire de quelqu’un ne comprenant pas ce qu’est la réalité de l’IA.

    Troisième point : logique et raisonnement. La logique et le raisonnement c’est le concepteur ou la conceptrice d’une IA qui la met en œuvre en concevant l’IA. L’IA, contrairement à une approche algorithmique, dont on peut dire que l’ordinateur reproduit le comportement quand il exécute un programme « imaginé » par un humain, une IA ne fait même pas cela. C’est une approche statistique, probabiliste qu’elle met en œuvre. Là encore, non, la case n’est pas cochée, l’IA ne repose pas sur la logique ou sur un raisonnement. Cette case, on peut dire éventuellement que c’est l’approche classique de l’utilisation d’un ordinateur qui est comparable, certainement pas l’IA.

    Pour finir je pense que tu oublis également un quatrième point : la volonté, l’envie, la faculté de faire un effort. Pourquoi nous humains apprenons nous, pourquoi acquière-t-on de nouvelle connaissance, assimilons des méthodes, nous donnons nous cette faculté de faire ce que nous faisons ? Et bien, pour le dire simplement : par instinct de survie, par envie d’être. Aucune IA ne peut faire ceci. Comme pour le point un, l’imagination, aucune recherche sur l’IA ne prétend « inculquer » cela à une IA. Cela n’a même pas de sens.

    Il lui manque l'expérience physique qui viendra avec les robots...

    Il existe déjà des capteurs artificiels qui permettent de capter ce que les capteurs naturels de l’humain ne pourront jamais capter, ou de capter des phénomènes physique avec une sensibilité et/ou une capacité bien plus grande que les capteurs dont nous sommes munis. À l’instar du calcul numérique il y a de nombreux cas où le robot, qu’on peut définir comme un ensemble de capteurs et d’actionneurs reliés par des signaux, surpasse de très loin l’humain et l’animal. Ce n’est cependant pas toujours le cas. La sensibilité aux variations de pression dans l’air que l’oreille humaine ou animale peut détecter (ie: capter), n’est pas encore reproduite, donc à fortiori dépassée par la technologie. Il en va de même pour, par exemple, les performances du sonar d’une chauve-souris en terme de rapidité de traitement de l’information (ie: de conversion du phénomène physique en signal) et de la précision (ie: de la sensibilité) que sont ces capteurs biologique. Ce n’est absolument pas aussi évident que tu semble le penser. Ceci étant, en terme d’actionneurs, en ce qui concerne la capacité, l’endurance, la résistance à des contraintes extérieures, les robots dépassent également les animaux, humain compris, dans une très grande partie des cas considérés. Rends-toi compte, un humain non assisté d’un dispositif artificiel adéquat ne peut plus rien faire du tout, et de manière définitive, s’il est placé dans un milieu dépourvu d’un mélange très précis de gaz particuliers ! Vu sous cet angle, l’humain est insignifiant comparé à un bête lave-vaisselle...

    Et il lui manque un concept de généralité qui permet a l'humain de savoir reconnaitre un chien sur une photo tout en comprenant la politique, la science et la physique.

    Plus précisément, une IA que l’on aura entraîné à cela, et disposant de ressources matérielles et énergétiques très faibles pourra « reconnaître » (déterminer est un meilleur terme), en quelques secondes s’il y a un chien sur plusieurs milliers de photo avec un taux d’erreur très faible. Par contre, il ne sera jamais en mesure de comprendre ni la politique, ni la science, ni quoi que ce soit. Une IA ne comprends strictement rien à rien. L’IA qui reconnaît les chiens sur les photos n’a pas la moindre idée de ce qu’est un chien.

    Je ne voudrais pas passer pour celui qui se refuse à imaginer que le futur pourrait voir apparaître des choses qui sont à l’heure actuelle difficilement voire pas du tout concevable. Je ne vois pas pourquoi, à l’instar du savant de l’antiquité qui s’il entrevoyait la possibilité de l’existence de l’atome, n’aurait à mon avis pas pu imaginer même une infime fraction de ce qu’est l’informatique moderne. Je pense pour ma part que si un jour des artefacts humains, c’est à dire des objets qui ne soient pas biologiques mais fabriqués par l’humain, des êtres de silicium et d’autres minéraux, métaux, ou autres, comme le sont nos ordinateurs actuels et ceux qu’on imagine pour le futur, héberge une intelligence comparable à l’intelligence humaine, une conscience, alors ce sera précisément l’intelligence humaine elle-même. Cela, àmha, ne saurait être autre chose, et si notre conscience doit perdurer dans un avenir lointain, alors ça ne peut être que sous cette forme, une forme « de vie », libérée de son lien existentiel avec notre planète, et même qui plus est, de l’atmosphère de cette dernière sous cette forme particulière que nous lui connaissons.

    Sache que j’éprouve un grand respect pour toi lecteur qui est arrivé au terme de ce texte, je sais la difficulté que cela peut représenter. Je ne vais d’ailleurs même pas faire preuve de la volonté nécessaire pour le relire moi-même. Tant pis pour les (削除) éventuelles (削除ここまで) erreurs et fautes qui (削除) pourraient (削除ここまで) (削除) peuvent (削除ここまで) s’y trouvent certainement.