• [^] # Re: "Est-ce que copier, c'est voler ?" la dernière émission de Rue des entrepreneurs

    Posté par . En réponse à la dépêche "Est-ce que copier, c'est voler ?" la dernière émission de Rue des entrepreneurs. Évalué à 2.

    J'ai l'impression que personne n'ose aller au fond du problème, alors que ça crève les yeux : l'argent n'est pas adapté aux objets immatériels. Les objets immatériels ne sont qu'une monnaie à une face : si leur valeur d'usage peut être immense, leur valeur d'échange est quasi-nulle, car elle correspond au prix du support (CD, DVD ou espace disque).

    La valeur d'échange est déterminée par la mise en correspondance d'une offre et d'une demande sur un marché. La demande des objets immatériels est forte, mais l'offre est maintenant quasi-infinie. Donc la valeur d'échange est quasi-nulle.

    En attendant de remplacer l'argent par autre chose, on peut estimer la valeur d'un objet immatériel par son coût en travail : par exemple, deux cent millions d'euros pour LINUX+KDE (http://www.linuxfrench.net/article.php?id_article=1319(...) ). Une fois ce prix payé, l'objet immatériel doit être disponible au prix de sa copie, car il a été amorti.

    Les industriels qui s'expriment sur le sujet n'ont à mon sens pas beaucoup de légitimité pour le faire : s'il y a bien eu un marché lorsque les objets immatériels étaient liés à un support onéreux, il s'agissait en fait d'un marché du support. L'industrie musicale était une industrie du microsillon, pas de la musique.

    PS : Je refuse de parler de « biens » immatériels, car ça suppose qu'un objet immatériel est une marchandise qui peut se vendre sur un marché, ce qui est faux à mon avis.