Le problème, c'est qu'en pratique (notamment pour le gouvernement français que tu prenais en exemple précédemment), le cloud Windows, c'est le cloud Azure. Il y a bien sûr d'autres fournisseurs, et ce ne sont pas ceux là qui posent problème, mais c'est malheureusement anecdotique.
Nos entreprises, et même notre gouvernement, dépendent en pratique très profondément du cloud Azure de Microsoft, même si les données sont généralement stockées en Europe, voire en France.
Sauf que l'administration US peut bel et bien obliger Microsoft à activer le "kill switch" de ces services qui tournent sur notre territoire, et on aura aucun moyen de les forcer à redémarrer.
C'est exactement ce qu'il s'est passé pour une banque néerlandaise (ATB), filiale d'un groupe russe. Suite aux sanctions décidées par les US dans le cadre de l'attaque contre l'Ukraine, les services devaient légalement être coupés par MS, ce qu'ils ont fait, privant 200k clients de tout accès à leurs comptes et à leur banque (la communication s'appuyant également sur les services de MS).
La justice néerlandaise a obligé MS à remettre les données aux mandataires de la banque, qui ont pu faire le nécessaire pour que les clients puissent aller voir ailleurs et que la faillite de la banque soit sans trop de conséquences. Mais nul doute que si les US n'avaient pas voulu de cette solution, la justice UE se serait vue bien embarrassée.
Actuellement, c'est tout l'enjeu des récentes réglementations européennes, notamment DORA, que de forcer les boites et administrations à envisager sérieusement un plan de contingence en cas de coupure des prestations liées à d'autres territoires. Mais on est très loin de pouvoir dormir tranquille si on rêve de pouvoir courroucer l'oncle Sam. Très, très loin.
[^] # Re: Nationalité du logiciel?
Posté par lesensei . En réponse au journal Il y a du chemin avant que nos dirigeants intègrent la notion de souveraineté à l'heure du numérique. Évalué à 8.
Le problème, c'est qu'en pratique (notamment pour le gouvernement français que tu prenais en exemple précédemment), le cloud Windows, c'est le cloud Azure. Il y a bien sûr d'autres fournisseurs, et ce ne sont pas ceux là qui posent problème, mais c'est malheureusement anecdotique.
Nos entreprises, et même notre gouvernement, dépendent en pratique très profondément du cloud Azure de Microsoft, même si les données sont généralement stockées en Europe, voire en France.
Sauf que l'administration US peut bel et bien obliger Microsoft à activer le "kill switch" de ces services qui tournent sur notre territoire, et on aura aucun moyen de les forcer à redémarrer.
C'est exactement ce qu'il s'est passé pour une banque néerlandaise (ATB), filiale d'un groupe russe. Suite aux sanctions décidées par les US dans le cadre de l'attaque contre l'Ukraine, les services devaient légalement être coupés par MS, ce qu'ils ont fait, privant 200k clients de tout accès à leurs comptes et à leur banque (la communication s'appuyant également sur les services de MS).
La justice néerlandaise a obligé MS à remettre les données aux mandataires de la banque, qui ont pu faire le nécessaire pour que les clients puissent aller voir ailleurs et que la faillite de la banque soit sans trop de conséquences. Mais nul doute que si les US n'avaient pas voulu de cette solution, la justice UE se serait vue bien embarrassée.
Actuellement, c'est tout l'enjeu des récentes réglementations européennes, notamment DORA, que de forcer les boites et administrations à envisager sérieusement un plan de contingence en cas de coupure des prestations liées à d'autres territoires. Mais on est très loin de pouvoir dormir tranquille si on rêve de pouvoir courroucer l'oncle Sam. Très, très loin.