Note que les 3% du PIB c'est pour la recherche totale (publique + privée). Quand tu regardes les statistiques au niveau Européen, la recherche publique en France est à peu près au niveau des autres pays (pas au-dessus, on est bien d'accord, 0.8% à 0.9% du PIB), c'est la recherche privée qui est en retard, malgré le CIR et les cadeaux fiscaux.
Depuis 25 ans elle démantèle lentement ses institutions de recherche.
Pas toutes, et c'est caricatural de parler de démantèlement. La France a plein de problèmes avec ses institutions de recherche publiques, à la fois pratiques et idéologiques. Elle n'arrive pas à financer ses universités, elle n'arrive pas à leur donner le rôle qu'elles devraient avoir par rapport aux écoles d'ingénieur, elle n'arrive pas à décider quoi faire avec les what millions d'universités dans les villes moyennes qui ne pourront jamais mener une recherche efficace, elle n'arrive pas à intégrer les docteurs à la place qui leur revient sur le marché du travail, elle n'arrive pas à donner une ligne claire au CNRS, elle n'arrive pas à gérer la masse salariale (les chercheurs coûtent trop cher mais sont trop mal payés), ni la pyramide des âges (avec les décalages des départs en retraite), ni les carrières complexes (impossible de recruter un fonctionnaire après 40 ans), elle n'arrive pas à gérer l'enfer bureaucratique qu'elle a elle-même crée, elle n'arrive pas à simplifier le mille-feuille administratif, son traitement des fraudes scientifiques est moyen-âgeux, il n'y a aucun traitement des conflits d'intérêt... Il y a plein de problèmes dans la recherche, mais globalement, les indicateurs ne sont pas mauvais. La productivité est correcte, la formation universitaire est de bon niveau, certaines institutions phares sont très visibles, certaines disciplines (maths, pĥysique) sont à la pointe, les conditions de travail pour les chercheurs sont assez attractives pour les étrangers, on sort assez efficacement de la culture du mandarinat (notamment par l'attribution directe des financements aux chercheurs sans passer par les directeurs de labo), il y a en France des équipements de pointe et des projets d'équipements de pointe (surtout pour les physiciens, qui raffolent de ces gros équipements qui coûtent des milliards et que les politiques aiment bien inaugurer)... Bien sûr, quand un secteur comme ça évolue, il y a des perdants, des unités qui disparaissent, des secteurs peu performants qui sont abandonnés ou restructurés, ou redirigés vers des occuppations plus visibles (recherche appliquée, enseignement...), puisqu'une réforme à budget stable (ou en légère décroissance) ne va pas bénéficier à tout le monde. Dans tous les cas, l'idée d'une recherche publique "démantelée" me semble mal refléter la situation générale; si tu fais de la phyisque des particules ou de l'algorithmique en IA dans un grand établissement, tu n'es pas du tout démantelé. Si tu fais des sciences sociales à l'université de Trifouillis les Oies, par contre, oui, là c'est sûr que tu es démantelé.
[^] # Re: L’imprégnation des esprits ?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Debout pour les sciences, nécessité de défendre l’intégrité scientifique et combattre désinformation. Évalué à 0.
Note que les 3% du PIB c'est pour la recherche totale (publique + privée). Quand tu regardes les statistiques au niveau Européen, la recherche publique en France est à peu près au niveau des autres pays (pas au-dessus, on est bien d'accord, 0.8% à 0.9% du PIB), c'est la recherche privée qui est en retard, malgré le CIR et les cadeaux fiscaux.
Pas toutes, et c'est caricatural de parler de démantèlement. La France a plein de problèmes avec ses institutions de recherche publiques, à la fois pratiques et idéologiques. Elle n'arrive pas à financer ses universités, elle n'arrive pas à leur donner le rôle qu'elles devraient avoir par rapport aux écoles d'ingénieur, elle n'arrive pas à décider quoi faire avec les what millions d'universités dans les villes moyennes qui ne pourront jamais mener une recherche efficace, elle n'arrive pas à intégrer les docteurs à la place qui leur revient sur le marché du travail, elle n'arrive pas à donner une ligne claire au CNRS, elle n'arrive pas à gérer la masse salariale (les chercheurs coûtent trop cher mais sont trop mal payés), ni la pyramide des âges (avec les décalages des départs en retraite), ni les carrières complexes (impossible de recruter un fonctionnaire après 40 ans), elle n'arrive pas à gérer l'enfer bureaucratique qu'elle a elle-même crée, elle n'arrive pas à simplifier le mille-feuille administratif, son traitement des fraudes scientifiques est moyen-âgeux, il n'y a aucun traitement des conflits d'intérêt... Il y a plein de problèmes dans la recherche, mais globalement, les indicateurs ne sont pas mauvais. La productivité est correcte, la formation universitaire est de bon niveau, certaines institutions phares sont très visibles, certaines disciplines (maths, pĥysique) sont à la pointe, les conditions de travail pour les chercheurs sont assez attractives pour les étrangers, on sort assez efficacement de la culture du mandarinat (notamment par l'attribution directe des financements aux chercheurs sans passer par les directeurs de labo), il y a en France des équipements de pointe et des projets d'équipements de pointe (surtout pour les physiciens, qui raffolent de ces gros équipements qui coûtent des milliards et que les politiques aiment bien inaugurer)... Bien sûr, quand un secteur comme ça évolue, il y a des perdants, des unités qui disparaissent, des secteurs peu performants qui sont abandonnés ou restructurés, ou redirigés vers des occuppations plus visibles (recherche appliquée, enseignement...), puisqu'une réforme à budget stable (ou en légère décroissance) ne va pas bénéficier à tout le monde. Dans tous les cas, l'idée d'une recherche publique "démantelée" me semble mal refléter la situation générale; si tu fais de la phyisque des particules ou de l'algorithmique en IA dans un grand établissement, tu n'es pas du tout démantelé. Si tu fais des sciences sociales à l'université de Trifouillis les Oies, par contre, oui, là c'est sûr que tu es démantelé.