• [^] # Re: Sommet pour l’action sur l'IA, réaction à chaud

    Posté par . En réponse au journal Sommet pour l’action sur l'IA, réaction à chaud. Évalué à 7.

    Disclaimer : je n'ai jamais rien lu sur la Culture. Mais concernant cette phrase :

    Tu noteras que la majorité des intrigues se passent justement dans SC/Contact, pas à l’intérieur de la Culture. L’auteur, pour écrire une histoire intéressante, se retrouve obligé d’en sortir. Ça devrait mettre la puce à l’oreille, non ?

    Alors non, ça me semble on ne peut plus normal. Une bonne histoire ne se passe jamais dans un monde où tout va bien. Tolkien n'a jamais caché que la Comté était pour lui une société idéale, rurale, raisonnablement conservatrice, pas trop industrialisée, bref, tout ce qu'il aimait. Eh bien la première chose que font ses personnages, c'est d'en partir (certes à regret), parce que sinon il n'y a pas d'histoire.

    Dans un autre registre, je n'ai jamais pu regarder de séries médicales, parce que les médecins y sont trop... mauvais. Dans les hôpitaux que je connais, les patients sont traités consciencieusement, par un personnel certes fatigué mais dévoué, et ils reçoivent des soins conformes à l'état de l'art. Et quand leur état se dégrade, c'est l'évolution naturelle de la maladie, pas la nullité du médecin. Eh ben, ça ferait de très mauvaises séries, alors on met des médecins médiocres (Dr House n'est bon que parce qu'il teste les diagnostics auxquels les confrères auraient dû penser), ou des apprentis (Hippocrate). Ou alors on ne centre pas la série sur l'exercice médical (Grey's Anatomy pourrait se situer dans un cabinet d'avocats ou à la NASA et se dérouler à peu près pareil, avec le même taux de conneries à la minute, d'ailleurs).

    Prends une des meilleures séries policières des dernières années, Engrenages. Le personnage principal, le commissaire Bertaud, est une flic épouvantable. Elle sort avec 3 de ses collègues dont 2 sous son autorité, elle est inutilement violente, elle tue même un suspect sans être en légitime défense. Ses subordonnés ne valent pas mieux : dans un épisode, l'un d'eux, pour se faire entendre lors d'une dispute, tire en l'air. Pas de bol, on est en intérieur, la balle traverse le plafond et tue un random pélo qui passait par là, c'est ballot. Un autre subordonné n'en peut plus et se barre à l'IGS et il a bien raison. Eh ben ça fait une série géniale. Mais dans la vraie vie, ça serait catastrophique et le juge Wagner a bien raison de mettre la commissaire Bertaud en examen.

    Bref, le fait qu'une histoire intéressante ne se déroule pas dans un monde parfait ne nous dit rien sur le monde. Ça nous en dit long, par contre, sur les contraintes qui s'imposent au narrateur.

    Ça, ce sont les sources. Le mouton que tu veux est dedans.