Je ne comprends pas ton rapport avec la réalité. On peut avoir des convictions personnelles fortes, mais les convictions n'ont jamais changé la réalité. La réalité c'est que les LLM fonctionnent très bien, extrêmement bien, mieux que n'importe qui aurait pu le prédire il y a quelques années, et bien mieux que certaines prétendent ici. Certains LLM sont proposés par des entreprises américaines aux accointances douteuses avec un pouvoir douteux, mais c'est totalement absurde de généraliser, il y a des LLM européens, chinois, plus ou moins libres ou open data, c'est tout un bestaire, et il ne se réduit pas à ChatGPT.
L'existence des LLM pose tout un tas de questions sociétales et environnementales, et beaucoup sont destabilisés par les changements possibles. Ce sont des questions très raisonnables, mais je ne comprends pas comment on peut juste nier les perfs des LLM parce qu'on préfèrerait qu'ils n'existent pas. Et je dis ça alors que j'utilise beaucoup moins les LLM que mes collègues par exemple; la plupart d'entre eux n'ont ni les perfs ni le degré d'ouverture et de confidentialité pour que je leur fasse confiance; je n'ai par contre aucun doute sur l'importance qu'ils vont prendre sur la plupart des métiers.
Sur la recherche, j'imagine que tu m'as mal compris. Comme je connais très bien ce milieu, je voulais juste remettre en perspective l'idée que l'IA ne pouvait y jouer aucun rôle. C'est juste totalement faux, parce que le travail "créatif" dans la recherche représente une fraction très réduite du temps de travail des chercheurs, qui passent leur temps à chercher et intégrer des informations, à remplir des formulaires administratifs et des demandes de financement, et à gérer un environnement de travail complexe (réunions, comités, entretiens individuels, recrutement...); bref, c'est en majorité un travail assez similaire à un travail de cadre dans n'importe quelle structure, avec des spécificités (notamment les règles et l'organisation inefficaces de la fonction publique) qui ne favorisent pas leur productivité. Donc oui, je confirme, imaginer les chercheurs comme des gens à l'intelligence supérieure qui cogitent, c'est une vision fantasmée de la recherche; au quotidien, une grande partie de l'activité est beaucoup plus "standard" et je ne vois pas pourquoi elle ne bénéficierait pas de l'existence de ces logiciels performants.
[^] # Re: Pourquoi dire IA si on ne parle que des réseaux de neurones ?
Posté par arnaudus . En réponse à la dépêche Une intelligence artificielle libre est-elle possible ?. Évalué à 6.
Je ne comprends pas ton rapport avec la réalité. On peut avoir des convictions personnelles fortes, mais les convictions n'ont jamais changé la réalité. La réalité c'est que les LLM fonctionnent très bien, extrêmement bien, mieux que n'importe qui aurait pu le prédire il y a quelques années, et bien mieux que certaines prétendent ici. Certains LLM sont proposés par des entreprises américaines aux accointances douteuses avec un pouvoir douteux, mais c'est totalement absurde de généraliser, il y a des LLM européens, chinois, plus ou moins libres ou open data, c'est tout un bestaire, et il ne se réduit pas à ChatGPT.
L'existence des LLM pose tout un tas de questions sociétales et environnementales, et beaucoup sont destabilisés par les changements possibles. Ce sont des questions très raisonnables, mais je ne comprends pas comment on peut juste nier les perfs des LLM parce qu'on préfèrerait qu'ils n'existent pas. Et je dis ça alors que j'utilise beaucoup moins les LLM que mes collègues par exemple; la plupart d'entre eux n'ont ni les perfs ni le degré d'ouverture et de confidentialité pour que je leur fasse confiance; je n'ai par contre aucun doute sur l'importance qu'ils vont prendre sur la plupart des métiers.
Sur la recherche, j'imagine que tu m'as mal compris. Comme je connais très bien ce milieu, je voulais juste remettre en perspective l'idée que l'IA ne pouvait y jouer aucun rôle. C'est juste totalement faux, parce que le travail "créatif" dans la recherche représente une fraction très réduite du temps de travail des chercheurs, qui passent leur temps à chercher et intégrer des informations, à remplir des formulaires administratifs et des demandes de financement, et à gérer un environnement de travail complexe (réunions, comités, entretiens individuels, recrutement...); bref, c'est en majorité un travail assez similaire à un travail de cadre dans n'importe quelle structure, avec des spécificités (notamment les règles et l'organisation inefficaces de la fonction publique) qui ne favorisent pas leur productivité. Donc oui, je confirme, imaginer les chercheurs comme des gens à l'intelligence supérieure qui cogitent, c'est une vision fantasmée de la recherche; au quotidien, une grande partie de l'activité est beaucoup plus "standard" et je ne vois pas pourquoi elle ne bénéficierait pas de l'existence de ces logiciels performants.