• [^] # Re: Verbiage...

    Posté par . En réponse au journal Le Rationalisme. Évalué à 3. Dernière modification le 07 février 2025 à 22:29.

    Alors s'il faut argumenter...

    Heu... oui ? C’est le but dans une discussion ? Sinon pourquoi prendre la peine ?

    Il faut surtout être sérieux deux minutes.

    Mais encore ? J’ai fait le pitre quelque part ?

    Je te demande de me définir une distribution de probabilité sur des événements du type « Le Canada envahit les États-Unis » (le personnage de Blaine affirme que la magie du théorème de Solomonoff permettra de la déterminer) et vous me répondez en substance : considérant que l'univers est un automate à états finis alors on peut déterminer une telle distribution de probabilité, et en plus ça tombe bien on se retrouve dans le cas d'application du théorème. Vous pensez sérieusement que l'univers est un automate à état fini et que, par exemple, le travail des physiciens consistent à déterminer les lois qui régissent ses transitions ? Si c'est le cas, alors oui, il faut consulter. ;-)

    Bon, dernier essai. Et c’est bien parce que je suis d’extrêmement bonne humeur. Tout ce que je vais dire est écrit dans le texte. Je vais tout de même, en bon prince, faire l’effort de l’expliquer moi-même (de manière inférieure au texte originel).

    L’induction de Solomonoff ne vise pas à définir un agent (note: j’écris agent par réflexe, mais dans ce cadre c’est juste un observateur passif, pas un agent) omniscient et objectif capable d’observer, représenter et prédire l’évolution de l’univers entier. Le but est de modéliser "quelles inférences peut faire un agent à partir de ses observations ?"

    La distribution de probabilités en question est une distribution de probabilités sur les séquences des observations de l’observateur considéré. Donc quand tu dis "Je te demande de me définir une distribution de probabilité sur des événements du type « Le Canada envahit les États-Unis »", la réponse est que... personne dans ce contexte n’essaie de faire ça.

    Comme tu aimes les probabilités : les séquences de bits (0 et 1) calculables par un tel algorithme sont récursivement énumérables. On peut identifier une telle suite à un réel dans le segment [0; 1]. Si on considére la distribution de probabilité uniforme sur cette intervalle, quel est est la probabilité de tomber au hasard sur un nombre calculé par l'algorithme ? Pour de simple raison de cardinalité, cette probabilité est nulle. Certes l'ensemble est dense dans l'intervalle pour sa topologie usuelle, mais il pèse peanuts.

    Petit détail : on se limite aux séquences finies (pas d’observateur immortel), donc l’ensemble des séquences d’observation est dénombrable. De manière plus centrale, pourquoi diable prendrais tu la distribution uniforme ? Le but de l’induction de Solomonoff est de sortir une distribution de probabilités sur les séquences d’observations, à aucun moment tu n’as besoin de partir de la distribution uniforme.

    Je n’ai aucun doute que tu vas trouver de nouvelles "objections" qui sont abordées noir sur blanc dans le texte, donc : je m’engage en avance à ne pas répondre à un autre "gotcha" dont la réponse est trivialement dans le texte. Je ne répondrai que si je vois un réel effort d’essayer de comprendre.

    ce que je perçois chez Yudkowsky

    Ce que tu perçois sans le lire ? Les Kantiens ont-ils donc des pouvoirs d’extra-perception ?

    Tout ton exposé sur les liens entre Kant et la logique au 20e siècle est (sans aucun sarcasme !) intéressant, mais... je ne vois pas où tu veux en venir ? La seule chose que j’aurai à répondre à ça, c’est: si tu penses nous apprendre des choses, je te conseille de faire des recherches sur lesswrong, et tu verras que tous ces sujets ont été abordés un moment ou à un autre, mais merci pour la bonne intention, je suppose. Si tu penses m’apprendre des choses, encore merci pour l’intention, mais j’ai déjà un plan d’apprentissage, certaines des choses que tu cites sont déjà couvertes, d’autres déjà dans le plan, d’autres ne sont pas ma priorité.

    Ce qui, dans un autre sens, est d’autant plus rageant : plus je te lis, plus j’ai l’impression que si on discutait amicalement autour d’un verre au lieu de se lancer des noms d’oiseaux, plus on se rendrait compte qu’on est d’accord sur beaucoup de points (sauf peut être sur mes hétérodoxies personnelles, mais c’est le principe là dessus que personne ne soit d’accord avec moi).

    Reste à savoir si le Collège de France fait de la bonne science et de la bonne épistémologie.

    Pure projection. Je ne crois pas avoir avoir dit où que ce soit dans le journal ou dans les commentaires que le reste du monde était bon à jeter aux orties et à l’opprobre populaire. Les "piliers" que j’ai cités sont tous hors du mouvement et le précèdent ! Comment peut-on raisonnablement en déduire "mouvement sectaire qui méprise le reste du monde ?" J’ai même dit dans un autre commentaire « nos principes nous autorisent à manger à tous les râteliers (avec prudence) ».

    Je peux comprendre les réactions épidermiques après avoir écrit comme un pied dans le journal initial mais... je pense avoir assez clarifié depuis, non ?