Mais ça aide quand même à ne pas moins se faire avoir.
À la limite, ça sert peut-être à argumenter sur les alternatives. Dans le style "Tu as présenté les choix A et B comme les deux solutions envisagées, mais je me demande s'il ne serait pas possible de ...".
Mais il ne faut pas tourner trop autour du pot, l'application principale de la connaissance des moisissures argumentatives c'est de les utiliser soi-même. Outre le fait que la plupart des gens apprécient de "gagner" une argumentation, dans la vie de tous les jours on est le plus souvent confrontés à des situations où on se fiche complètement d'avoir raison sur le fond ou non : quand on négocie le prix d'un canapé ou une augmentation, quand on essaye de décaler un RDV, quand on discute avec le type de la fourrière qui est sur le point de charger sa bagnole, ou quand on dit aux enfants qu'ils sont punis et que ça n'est pas négociable, la solidité des arguments n'est pas notre préoccupation principale...
j'ai vu une boîte quasi couler parce que le PDG persistait dans la mauvaise direction sous prétexte que trop de ressources avaient déjà été détournées pour ce projet bancal
Je pense que même le fait que les entreprises peuvent couler à cause de ce biais montre sa puissance... Normalement, quand du pognon est en jeu, les gens essayent d'être aussi rationnels que possible.
Je me demande quand même s'il n'y a pas des raisons biologiques profondes à notre aversion à l'abandon des coûts irrécupérables, mais ça ne me semble pas évident. Quel peut bien être l'intérêt de revenir au camp sans barbaque au milieu de la nuit parce qu'on a suivi la piste du cerf qui s'était taillé hors de portée par fierté plutôt que de rentrer avec des mûres et des champignons?
Après, je trouve que les coûts irrécupérables sont souvent intégrés dans l'évaluation des politiques, ce qui fait qu'il devient rationnel pour celui qui est évalué de les prendre en compte. Typiquement, une ligne du style "Projet A: investissement 1M,ドル CA 0€" sera systématiquement considérée comme une erreur, même si on a des projets B et C qui sont bénéficiaires à côté. Mon expérience, c'est que pour arrêter une logique de coûts irrécupérables en milieu professionnel, il faut changer les personnes, et "sacrifier" l'équipe qui a mis en place le projet, parce que jamais l'auto-sacrifice ne pourra être considéré comme une preuve de sagesse.
[^] # Re: Q’est-ce que l’Humanité ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Le Rationalisme. Évalué à 3.
À la limite, ça sert peut-être à argumenter sur les alternatives. Dans le style "Tu as présenté les choix A et B comme les deux solutions envisagées, mais je me demande s'il ne serait pas possible de ...".
Mais il ne faut pas tourner trop autour du pot, l'application principale de la connaissance des moisissures argumentatives c'est de les utiliser soi-même. Outre le fait que la plupart des gens apprécient de "gagner" une argumentation, dans la vie de tous les jours on est le plus souvent confrontés à des situations où on se fiche complètement d'avoir raison sur le fond ou non : quand on négocie le prix d'un canapé ou une augmentation, quand on essaye de décaler un RDV, quand on discute avec le type de la fourrière qui est sur le point de charger sa bagnole, ou quand on dit aux enfants qu'ils sont punis et que ça n'est pas négociable, la solidité des arguments n'est pas notre préoccupation principale...
Je pense que même le fait que les entreprises peuvent couler à cause de ce biais montre sa puissance... Normalement, quand du pognon est en jeu, les gens essayent d'être aussi rationnels que possible.
Je me demande quand même s'il n'y a pas des raisons biologiques profondes à notre aversion à l'abandon des coûts irrécupérables, mais ça ne me semble pas évident. Quel peut bien être l'intérêt de revenir au camp sans barbaque au milieu de la nuit parce qu'on a suivi la piste du cerf qui s'était taillé hors de portée par fierté plutôt que de rentrer avec des mûres et des champignons?
Après, je trouve que les coûts irrécupérables sont souvent intégrés dans l'évaluation des politiques, ce qui fait qu'il devient rationnel pour celui qui est évalué de les prendre en compte. Typiquement, une ligne du style "Projet A: investissement 1M,ドル CA 0€" sera systématiquement considérée comme une erreur, même si on a des projets B et C qui sont bénéficiaires à côté. Mon expérience, c'est que pour arrêter une logique de coûts irrécupérables en milieu professionnel, il faut changer les personnes, et "sacrifier" l'équipe qui a mis en place le projet, parce que jamais l'auto-sacrifice ne pourra être considéré comme une preuve de sagesse.