Posté par Moonz .
En réponse au journal Le Rationalisme.
Évalué à 2.
Dernière modification le 03 février 2025 à 16:59.
cette mouvance me semble être assemblage d'idées abstraites monté par un groupe d'ingénieurs qui se sentent capacité de tenir un discours auto-qualifié de "philosophique".
Et je te rejoint largement là dessus. Je n’aime pas du tout utiliser le champ lexical de la philosophie. Il y a culturellement quelques échanges entre le monde académique de la philosophie et la communauté ukemiste, mais prétendre qu’ils ne font qu’un ou seraient en parfait accord serait un mensonge.
Mais quand le centre de du projet est d’aborder des questions qui sont en parallèle avec celles posées par l’épistémologie, je ne vois pas bien comment l’éviter.
Je pourrai ajouter le préfixe trans- devant. Trans-epistémologie. Ce pourrait être rigolo, mais je doute que ce soit très utile.
j'ai plutôt l'impression que tout ceci est une sorte de méthode de développement personnel de niche
C’est une manière totalement valide de voir les choses.
Croire pouvoir résumer ainsi la "quête" des "philosophes" sur plusieurs milliers d'années d'histoire de la pensée, c'est soit extrêmement naïf, soit volontairement biaisé. Surtout avec une proposition qui ne semble pas pouvoir coexister avec une bonne partie des définitions connues de la philosophie.
C’est plus un description anthropologique/sociologique/psychologique (comme la mention qui te parle le mieux) désignant un certain type de personnes qui écrivent beaucoup de mots sur des questions que la vaste majorité de la population trouve ennuyeuse.
C’est flou et volontairement flou. Tout comme les termes "geek" et "nerd" le sont ; l’intention est la même, de pointer vers un archétype (dont les contours sont, effectivement, flous).
Commencer à avancer que "ma méthode" est meilleure que celles que tout le monde utilise depuis toujours de manière aussi catégorique n'a qu'un seul effet : me donner envie de fuir très loin et très vite. Par ailleurs, le but avancé, "devenir tout ce que nous pouvons être", est aussi un marqueur assez fort des pratiques de développement personnel.
C’est une différence avec les philosophes académiques : nous nous autorisons les analogies poétiques, surtout dans les échanges informels.
La question est : meilleure par rapport à quoi ? La réponse est simple : meilleure comparée à la baseline qui ne prend pas en compte l’existence de biais cognitifs et ne met pas en place de contre-mesures.
J’ai du mal à imaginer la position contrefactuelle : apprendre à reconnaître et contrer les biais cognitifs n’apporte aucune amélioration sur la qualité de la réflexion ?
Ça paraît être sensé, une bonne méthode pour analyser sa propre compréhension des idées avec lesquelles on est en désaccord. Néanmoins, ça n'est qu'un exercice imaginaire : en réalité, il me semble à peu près impossible de réunir les conditions permettant de créer cette situation.
Ça s’est fait sur internet. Mais oui, le faire pour de vrai nécessite de le faire en communauté, pas chacun dans son coin.
j'ai l'impression qu'il s'agit principalement d'une méthode permettant, grâce à son imagination, de se sentir intelligent, neutre, et au dessus (ou à côté ? ou en dehors ?) des idéologies.
Non, vraiment, l’objectif tu l’as entièrement compris dans ton message précédent : "viser à avoir une bonne compréhension des idées avec lesquelles on est en désaccord".
L’objectif reste d’avoir une opinion et d’arriver à une conclusion.
Simplement, parfois l’opinion et la conclusion peuvent changer après cet exercice.
Tu cites un paquet d'autres personnes du mouvement rationaliste-ukemiste. J'ai du mal à m'y retrouver, et à voir par quel bout prendre la chose.
Scout Mindset me semble un excellent début. Scott Alexander Yes, we have noticed the Skulls pourrait répondre à certaines interrogations. Pour la suite, c’est plus compliqué.
Si le style de Yudkowsky t’insupporte (et, je te rassure, tu es loin d’être le seul, c’est une critique récurrente), il va falloir soit serrer les dents, soit abandonner l’idée de se plonger dans les détails. Il n’y a pas d’autre compilation que les Séquences et la version écourtée.
De quelqu’un d’extérieur, sur la partie plus technique, tu as Bayesian Epistemology et les deux premiers chapitres de Probability Theory : The Logic of Science — mais les deux font l’impasse sur le pilier "biais cognitifs". Sur la partie historique, cité dans mon journal, je pointerai principalement sur Rationalism before the Sequences (c’est publié sur LessWrong, mais ESR se considère comme extérieur au mouvement).
[^] # Re: J'ai rien compris au film
Posté par Moonz . En réponse au journal Le Rationalisme. Évalué à 2. Dernière modification le 03 février 2025 à 16:59.
Et je te rejoint largement là dessus. Je n’aime pas du tout utiliser le champ lexical de la philosophie. Il y a culturellement quelques échanges entre le monde académique de la philosophie et la communauté ukemiste, mais prétendre qu’ils ne font qu’un ou seraient en parfait accord serait un mensonge.
Mais quand le centre de du projet est d’aborder des questions qui sont en parallèle avec celles posées par l’épistémologie, je ne vois pas bien comment l’éviter.
Je pourrai ajouter le préfixe trans- devant. Trans-epistémologie. Ce pourrait être rigolo, mais je doute que ce soit très utile.
C’est une manière totalement valide de voir les choses.
C’est plus un description anthropologique/sociologique/psychologique (comme la mention qui te parle le mieux) désignant un certain type de personnes qui écrivent beaucoup de mots sur des questions que la vaste majorité de la population trouve ennuyeuse.
C’est flou et volontairement flou. Tout comme les termes "geek" et "nerd" le sont ; l’intention est la même, de pointer vers un archétype (dont les contours sont, effectivement, flous).
C’est une différence avec les philosophes académiques : nous nous autorisons les analogies poétiques, surtout dans les échanges informels.
La question est : meilleure par rapport à quoi ? La réponse est simple : meilleure comparée à la baseline qui ne prend pas en compte l’existence de biais cognitifs et ne met pas en place de contre-mesures.
J’ai du mal à imaginer la position contrefactuelle : apprendre à reconnaître et contrer les biais cognitifs n’apporte aucune amélioration sur la qualité de la réflexion ?
Ça s’est fait sur internet. Mais oui, le faire pour de vrai nécessite de le faire en communauté, pas chacun dans son coin.
Non, vraiment, l’objectif tu l’as entièrement compris dans ton message précédent : "viser à avoir une bonne compréhension des idées avec lesquelles on est en désaccord".
L’objectif reste d’avoir une opinion et d’arriver à une conclusion.
Simplement, parfois l’opinion et la conclusion peuvent changer après cet exercice.
Scout Mindset me semble un excellent début. Scott Alexander Yes, we have noticed the Skulls pourrait répondre à certaines interrogations. Pour la suite, c’est plus compliqué.
Si le style de Yudkowsky t’insupporte (et, je te rassure, tu es loin d’être le seul, c’est une critique récurrente), il va falloir soit serrer les dents, soit abandonner l’idée de se plonger dans les détails. Il n’y a pas d’autre compilation que les Séquences et la version écourtée.
De quelqu’un d’extérieur, sur la partie plus technique, tu as Bayesian Epistemology et les deux premiers chapitres de Probability Theory : The Logic of Science — mais les deux font l’impasse sur le pilier "biais cognitifs". Sur la partie historique, cité dans mon journal, je pointerai principalement sur Rationalism before the Sequences (c’est publié sur LessWrong, mais ESR se considère comme extérieur au mouvement).